Actualité du 18 juin 09 (SurviT-Banguka)
Burundi-police
Les gaffes s’accumulent à vue d’œil
Bujumbura le 18 juin 09 SurviT-Banguka)
Pierre Chanel Ntarabaganyi, porte-parole de la police nationale du Burundi,
est finalement dans ses petits souliers. Il avoue désormais son incapacité de
continuer à jouer, sans se couvrir de ridicule, son rôle d’avocat
du diable. Au lendemain d’un nième crime signé de la
main d’un policier, au vu et au su de la population, il a affirmé ce
jeudi 18 juin qu’une bonne frange de policiers sont de notoires fauteurs
de troubles et que le gouvernement devrait tout faire pour les embastiller
afin de sécuriser le pays. Le niveau de criminalité grimpe
en flèche dans la quasi-totalité des provinces du Burundi et
les policiers y sont souvent pour beaucoup. C’est grâce aux flagrants
délits que Pierre Channel Ntarabaganyi a fini par reconnaître
leur implication sans évoquer le slogan d’enquêtes. Leur
dernière victime s’appelle Mme Concilie Ndabaniwe.
Le 16 juin
dernier, un policier en uniforme s’est embusqué sur son chemin
de retour de service et lui a asséné plusieurs coups de couteaux
avant de lui arracher son sac à main et de se barrer à bord
d’une moto immatriculée n° 08BB4554. C’était
en plein quartier (huppé) de Kinindo et la population qui assistait
en live à cette agression a volé au secours de la victime.
La dame a été directement acheminée à l’hôpital
et le criminel a été saisi, mais sans le sac. Mystère.
Après son identification, les policiers sont tombés des nues
: c’était un agent de la police qui, comme sa proie du jour,
travaille à la direction générale de la police. De l’avis
de Mme Concilie, victime et secrétaire dans le même service,
le policier cherchait son sac pour y soustraire les clés de son bureau,
afin de faire disparaître les papiers compromettants, concernant notamment
les salaires fictifs des policiers.
Ce dossier fait toujours couler encre
et salive à Bujumbura. Selon certaines informations, le vice-président
de l’Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques,
Ernest Manirumva, aurait été tué parce qu’il enquêtait
précisément sur ce dossier et sur une histoire de nouvelles
plaques d’immatriculation pour véhicules et autres motos. Le
policier est sous interrogatoire. Il répond au prénom de Daniel
et travaillait comme chauffeur à la présidence de la république,
avant de rejoindre la direction générale de la police. Il semble
jouir d’une forte complicité, c’est ainsi qu’il
ose regretter ouvertement d’avoir raté son coup puisque les
jours de Mme Concilie ne sont pas en danger, sauf que d’autres policiers
de ce même gang peuvent l’achever d’un moment à l’autre.
Burundi malversations
Le pouvoir encouragerait à piller
Bujumbura le 18 juin 09 SurviT-Banguka)
Selon certaines indiscrétions glanées auprès des militants
du parti présidentiel (CNDD-FDD) déjà déçus
par le gâchis ambiant qui tient lieu de bilan de ce parti en fin de
règne, le président de la république Pierre Nkurunziza
aurait invité les militants à redoubler d’ardeur pour
trouver les fonds de campagne. Le nerf de la guerre reste l’argent.
Dans une des réunions qu’il organise régulièrement à leur
intention, il leur aurait en effet fait un appel du pied pour piller sans
vergogne les fonds de l’état, dans le but de renflouer les caisses
du parti encore sous le coup des fuites occasionnées par le départ
de l’ancien président du parti Hussein Rajabu. Les militants
sont forcés à contribuer mensuellement et les retraits se font à la
source, pour ceux qui prestent dans le public ou le privé.
Nombreux
sont ceux qui le font malgré eux et la grogne et perceptible. Mais
le chef leur demande d’aller plus loin et de se servir dans les caisses
ou d’user d’autres stratagèmes. C’est ainsi qu’il
s’observe de nombreux dossiers de malversations impliquant des cadres
et agents publics. En province de Kayaznza, des marchandises importées
entrent dans le pays sans frais de douanes parce que les importateurs paient
directement au directeur de douane, Ezéchiel Nibigira, qui verse une
bonne partie dans la cassette du parti. Gabriel Rufyiri, président
de l’association de lutte anti malversations économiques et
corruption, détient de nombreuses preuves de cette bizarre complicité. « Il
a personnellement laissé entre gratuitement 18.000 tonnes de sucre
en provenance de la Thaïlande, avec de faux certificats d’origine
qui montraient que la cargaison venait d’un pays membre du COMESA,
c’est une honte et nous devons nous battre pour arrêter ce vol
organisé », s’indigne-t-il.
|