L’agence Netpress a mordu à l’appât
du pouvoir hutu.
C’est vachement curieux comme pirouette pour une agence comme Netpress.
Après de nombreuses années de journalisme décidément
engagé, la voilà qui disjoncte en versant volontairement dans
un amalgame aussi hallucinant que déboussolant. Ses lecteurs inconditionnels
n’en reviennent pas.
Car elle vogue depuis peu à rebrousse-poil
en caressant la corde régionale pour mieux fragiliser la Communauté tutsie,
déjà éprouvée par un plan de génocide
et d’exclusion multiforme, diaboliquement concocté par les organisations
ou partis politiques hutus, aux commandes aujourd’hui.
En recoupant
ses papiers, même le lecteur moyen peut aisément remarquer,
entre les lignes, que cette agence roule ouvertement pour le CNDD-FDD. C’est
aussi ce qui lui a valu récemment des félicitations de la présidente
du Conseil National de Communication, alors que la brave dame est d’une
indigence maladive dans le domaine. Mais SurviT-Banguka demande à la
communauté tutsie de ne pas se laisser distraire par ses écrits.
La lutte pour le droit à la Vie de tous les Burundais continue, n’en
déplaise à ce vendus de la dernière heure. Depuis que
le CNDD-FDD est aux affaires, l’agence Netpress tire, en effet, à boulets
rouges sur les leaders tutsis qui se subliment pour attirer l’attention
du monde sur la menace qui pèse sur les tutsis au Burundi. Toutes
les remarquables sorties internationale de l’ingénieur Diomède
Rutamucero, président de l’association antigénocide PA-Amasekanya,
ont été, par exemple, réduites à de simples pérégrinations
d’un attardé.
Dans l’un de ses papiers du 9 juin dernier,
parlant des péripéties en cours à l’Assemblée
Nationale, Netpress chute, par exemple, comme suit : « Sur un tout
autre chapitre, les Burundais vivant au Canada, à travers une station
locale, se plaignent qu’un de leur compatriote, Diomède Rutamucero,
continue à tenir un langage erroné, se croyant toujours président
de PA-Amasekanya. Pour eux, même l’ancien rebelle, au départ
intraitable, Agathon Rwasa, a dû jeter l’éponge et rentrer
pour qu’il y ait enfin la paix au Burundi. En termes clairs, d’après
eux, ils n’ont pas apprécié la visite du conférencier
Rutamucero ». Du coq-à-l’âne. Banni dans tout papier
journalistique qui se veut professionnel.
Mais c’est bien sûr
pour les besoins de la cause car l’agence est résolument décidée
de saper tout projet tendant à dénoncer le génocide
perpétré contre les Tutsis. C’est ainsi qu’elle
vient de trouver quelque circonstance atténuante aux hutus qui cafouillent
et mentent, en soulignant que cette tare leur a été léguée
par des Tutsis, notamment ceux de Bururi. Mis à part les aveugles
volontaires comme le patron de cette agence Jean Claude Kavumbagu, jeune
frère d’un homme d’une qualité exceptionnelle (Jean
Marie Vianney Kavumbagu, ex président de la ligue Iteka), les Burundais
sont pertinemment convaincus que la question de régions n’est
plus que périphérique pour la communauté tutsie.
Car
le péril commun reste, fondamentalement, lié au génocide
(élimination physique), une véritable épée de
Damoclès qui pèse sur tout Tutsi du Burundi, quelle que soit
sa position géographique. Davantage. Même les miraculés, éventuels
rescapés, n’ont pas droit au répit. Ils sont voués à l’exclusion
politique, économique et sociale. Une chosification systématique
de tous les membres de cette communauté. Sauf qu’elle a la mémoire
courte et la vue basse, Netpress devrait se rappeler certains incidents atypiques
mais fondamentalement parlant : Des enseignantes humiliées et concomitamment
violées par une coalitions élèves/parents, des cadres
tutsis assassinés de façon sélective, partout dans le
pays, des employés tutsis et autres mandataires politiques chassés
de leurs postes, des centaines de tutsis expropriés illégalement,
des militaires tutsi massivement démobilisés, des opérateurs économiques
déclarés persona non grata auprès des banques commerciales…que
faut-il dire encore à Jean Claude Kavumbagu ? Lui rappeler que des
tutsis ont été torturés à mort pour un vrai faux
putsch ?
Que des élèves indigents ont été mis à la
porte de leur école rien que pour leur ethnie à Bugendana?
Que des orphelinats de Gitega et Karuzi ont fermé la porte au nez
de pauvres déshérités tutsis ? C’est triste !
Mais il faut faire avec.
Car, souvenez-vous, même le leader des Interahamwe était
tutsi. Sauf que le virage de Netpress déçoit aussi les Tutsis
de la Diaspora qui avaient pourtant contribué à son lancement.
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