Actualité du 19 février 08
(SurviT-Banguka)
Burundi-politique
Pierre Nkurunziza en guerre contre les Burundais.
Bujumbura le 19 février 08 (SurviT-Banguka)
C’est de bonne guerre dans le camp du parti présidentiel au
Burundi. Les médias privés et autres hommes politiques de l’opposition
qui en savent beaucoup et en disent trop sur les inégalables dérapages
du pouvoir devront la fermer ou disparaître. La menace avait été déjà formulée
de façon feutrée par Jérémie Ngendakumana, président
du CNDD-FDD, au cours d’un point de presse organisée la semaine
dernière.
Profitant d’un banal lancement d’un cadre dit
pompeusement de dialogue entre partenaires politiques, le président
burundais Pierre Nkurunziza lui a emboîté le pas en rééditant
ces menaces de façon plus limpides et incisive . Les journalistes
doivent rentrer dans les rangs, autant que les autres hommes politiques qui
jouent les oiseaux de mauvais augure. La menace se précise donc et à bon
entendeur salut !
Sauf que les mêmes médias privés jurent
de garder la cap et de garder toujours l’œil rivé sur les
multiples dérapages du parti qui précipite le Burundi au fond
du précipice depuis plus de deux ans. Car comme le fait remarquer
un diplomate sous signe d’anonymat, le Burundi va droit dans le mur
et ses fossoyeurs ne sont autres que l’Etat-major du CNDD-FDD.
Des
sources dignes de foi indiquent que ce parti a officiellement demandé à ses
militants zélés qui sont éparpillés dans les
différents services de piller les deniers publics autant que faire
se peut, afin que le parti ne soit pas à court d’argent au moment
de la campagne électorale qu’il a déjà officieusement
entamée. Et il y met déjà tout le paquet pour l’emporter
au forceps, à défaut d’une victoire politique et démocratique.
C’est ainsi que les trois généraux pivot du CNDD-FDD
ont décidé de réarmer les démobilisés
FDD et autres nouvelles recrues, jusqu’au fin fond du village le plus
reculé du Burundi, afin de liquider tous ceux qui refuseraient de
chanter les hauts-faits des FDD depuis qu’ils sont aux affaires. Quarante
fusils kalachnikov ont été distribués sur chacune des
3000 collines de recensement et les miliciens n’attendraient qu’un
simple signal conventionnel pour passer au carnage annoncé.
Burundi-sécurité
L’UPRONA aile Gasutwa s’inquiète d’un désarmement à deux
vitesses.
Bujumbura le 19 février 08 (SurviT-Banguka)
Présidée par Bonaventure Gasutwa, l’une des tendances
du parti UPRONA/ version Charles Mukasi se dit indigné de la manière
dont le désarment des civiles est entrain de se dérouler au
Burundi. «C’est un désarmement d’une seule partie
de la population, en l’occurrence les Tutsis, car c’est inconcevable
que les policiers s’acharnent exclusivement sur les quartiers tutsis
et leur prennent tous leurs moyens de se défendre pour les distribuer
aux miliciens hutus qui n’ont d’autre mission que de liquider
les tutsis et dans la foulée, toutes les autres voix discordantes»,
explique Bonaventure Gasutwa.
Les militants de cette aile de l’UPRONA
soulignent par ailleurs que ce désarmement reste symbolique dès
qu’il s’agit d’un ménage des hutus. «Ils n’ont
trouvé presque aucune arme dans les quartiers repaires des miliciens
comme Kamenge et Kinama, simplement parce que les habitants sont avertis
peu avant l’expédition, car seuls les chefs policiers hutus
décident en réalité des quartiers à désarmer, à la
toute dernière minute», poursuit Bonaventure Gasutwa.
Burundi-malversations.
Le pillage des fonds publics va son train
Bujumbura le 19 février 08 (SurviT-Banguka)
Annoncé le 15 février par Donatien Bwabo, le porte-parole
du ministère burundais de l’Economie, des Finances et de la
Coopération pour le Développement, le détournement de
plusieurs millions de francs burundais opérés au niveau du
bureau de la Douane Kanyaru Haut (province Kayanza) semble être révélateur
de l’existence d’un réseau organisé de pillage
de l’économie nationale, avec la bénédiction des
autorités qui roulent indubitablement pour le parti présidentiel
CNDD-FDD.
Du Falcon 50 au dossier Interpétrol en passant par de nombreux
autres coups non encore révélé au grand public, l’économie
du pays est siphonnée à vue d’œil. Le receveur des
frais de douanes à Kayanza a pris le large, alors que ce poste encaissait
plus de 40 millions de francs burundais par jour. Mais c’est un cadre
tutsi, un certain Ildefonse Bizimana (alias Abdallah), directeur de la comptabilité nationale
qui paie pour lui.
Il a été mis à l’écrou
dès son arrivée le 16 février dernier. Bien qu’il
avait logiquement expliqué qu’entre lui et le directeur de la
comptabilité publique, il y avait plusieurs échelons. « Le
directeur des douanes contrôle directement ce receveur et moi je ne
recevais que des rapports de versement qu’il avait soigneusement cosigné,
je ne pouvais donc pas m’imaginer que le versement n’avait pas
eu lieu», s’indigne le contrôleur des douanes.
|