Actualité du 19 mai 09 (SurviT-Banguka)
Rwanda-génocide
Un génocidaire burundais accroché par la justice rwandaise.
Bujumbura le 19 mai 09 (SurviT-Banguka)
A l’instar de nombreux autres hutus qui avaient élu domicile
au Rwanda jusqu’au moment du terrible génocide anti-tutsis
de 1994, Albert Nahimana, commerçant, avait activement participé à l’élimination
systématique de tous ses voisins tutsis avant de regagner le Burundi,
unique havre de paix des autres génocidaires de son calibre. Mais
la justice rwandaise ne l’a quitté d’une semelle. Pour
preuve, il vient d’écoper d’une peine de détention à perpétuité.
La peine est symbolique, bien que le sacré génocidaire soit
toujours en cavale et partant condamné à contumace.
Généralement
connu sous le sobriquet de Gikongoro, ledit criminel était fiché depuis
des lustres au rang des « tueurs de renom », notoirement reconnu
coupable d’association de malfaiteurs, de complicité d’assassinat
de plusieurs personnes à Nyakabanda (un quartier de Kigali), de
détention
illégale et distribution d’armes à feu,de mise en place
et tenue d’un barrage routier, de violation de domiciles et pillages,
etc. Autant dire un monstre. Mais comme nous l’avons déjà dit,
ce monstre prend ses aises au Burundi, terre naturelle des autres monstres.
Selon Augustin Nkusi, porte-parole du parquet général du
Rwanda, Kigali a déjà remis à Bujumbura une liste
de 696 suspects de génocide vivant allègrement au Burundi.
Comme Nahimana, la plupart étaient des réfugiés au
Rwanda pendant le génocide. Ils ont par ailleurs été mis
en cause par de nombreux témoignages devant le Tribunal pénal
international pour le Rwanda (TPIR) basé à Arusha, en Tanzanie.
Un certain Lazare Kabaya, un autre tueur renommé, vient aussi d’être
arrêté aux Etats-Unis. Le Rwanda a, illico, fait part de son
intention de demander son extradition.
Burundi-sécurité
Une délégation onusienne évite le Burundi de
justesse
Bujumbura le 19 mai 09 (SurviT-Banguka)
Une délégation du
Conseil de Sécurité de l’ONU est en visite dans la région
des Grands Lacs pour apprécier les efforts consentis pour ramener
la paix dans cette région tumultueuse, théâtre de génocide
et de tous les autres crimes y afférents. Lors de son séjour
au Rwanda, l’ambassadeur John Sawyers qui est à la tête
de cette délégation a officiellement félicité le
général Paul Kagame, président de la République
rwandaise pour son souci manifeste de contribuer à ramener la paix
dans à l’est du Congo. Il l’a aussi invité à aller
de l’avant et mener à bien le processus de réconciliation
entrepris avec la RDC pour mettre fin aux violences qui affectent la région.
De son côté, le général Kagame a qualifié le
dialogue avec son voisin de "prioritaire" pour son gouvernement.
Les quinze membres du Conseil devraient se rendre ensuite à Kinshasa
pour donner le même message d’encouragement au président
Kabila. Ils s’envoleront ensuite pour Freetown au Libéria. Le
Burundi qui mettait déjà les petits plats dans les grands pour
accueillir cette équipe de diplomates. Mais l’étape a été soigneusement
gommée, même si le pays est toujours dans l’œil du
cyclone. Officiellement, le pays s’achemine vers de nouvelles échéances électorales
qui devraient démarrer en mars 2010 et en juin prochain, il devrait
aussi ouvrir un autre important chantier lié aux consultations nationales
pour se fixer sur les mécanismes de justice transitionnelle convenables,
aux yeux des Burundais eux-mêmes, afin de tourner définitivement
la longue et sombre page du génocide pour ne pas le nommer. Mais tous
ces projets restent entourés d’une nuée d’incertitudes.
L’Etat qui devrait tout coordonner organise un terrorisme inédit,
embastille les opposants politiques, tue impunément et tétanise
les rares juges encore enclins à dire le droit. Les Nations Unies
suivent à la loupe chacune de ses exactions. C’est ainsi que
le Conseil de sécurité passe plutôt à côté.
Burundi-santé
Les médiateurs jettent l’éponge et les infirmiers menacent
de tout arrêter
Bujumbura le 19 mai 09 (SurviT-Banguka)
Les deux médiateurs entre
le gouvernement burundais et les professionnels de la santé, en
l’occurrence l’ancien président burundais Sylvestre
Ntibantunganya et le leader de la société civile Jean Marie
Vianney Kavumbagu viennent de rendre officiellement le rapport de la synthèse
des négociations entre les deux parties. Il s’agit d’un
document épais de plusieurs centaines de pages reprenant en détails
les difficultés rencontrées dans la médiations ainsi
les différentes recommandations faites à l’endroit
de chacune des parties. Le gouvernement a brillé par son absence
même au moment de la remise officielle dudit rapport. Il affinerait
sa stratégie de répression, fut-ce dans le sang, des médecins
désormais accusés de torpiller les efforts du gouvernement
pour assurer la gratuité des soins aux enfants de moins de cinq
ans et aux mères qui accouchent.
Il exige la reprise intégrale
du travail et sans aucune condition. Les médecins radicalisent leur
position. « Le combat ne fait que continuer et nous allons nous entendre
sur de nouvelles stratégies pour amener le gouvernement à réhabiliter
notre métier qui est aujourd’hui sous-estimé »,
déclare Pierre Claver Hajayandi, président du syndicat des
médecins SYMEBU. Même si le médiateur a rendu son rapport,
le blocage reste total. Et les infirmiers viennent de déclarer que
si le gouvernement ne fait pas tout pour ramener les médecins au
travail, ils se verront obligés de tout arrêter. « Nous
sommes dans l’incapacité de continuer à travailler
seuls sans la supervision des médecins, c’est eux qui sont
habilités à faire la consultation, prescrivent des médicaments
et qui font des opérations chirurgicales », fait remarquer
le représentant du syndicat des infirmiers.
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