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CONFÉRENCE DE L’Ir RUTAMUCERO DIOMÈDE À TORONTO.

Ce Samedi 14 juin 2008 s’est tenue dans les enceintes du centre communautaire de South Common, à Toronto, une conférence sur le Burundi animée par l’Ir Diomède Rutamucero, Président du Mouvement PA-Puissance d Autodéfense- Amasekanya.

La conférence n’a débutée par une introduction d’un des organisateurs durant laquelle a été présentée une brève biographie du conférencier.
Par après, le conférencier. a expose sa vue sur le génocide contre les Tutsi au Burundi et a démontré qu’il est toujours en cours d’exécution jusqu'à cette date. Il a commencé en citant la conclusion du rapport d’enquête des Nations Unies no S/1996/682 qui estime qu’il existe un nombre suffisant de preuves pour établir que des actes de génocide ont été perpétré au Burundi contre la minorité Tutsi le 21 octobre 1993, concluant qu’une compétence internationale devait s’exercer a l’égard de ces actes.

Le conférencier a ensuite fait part à son audience des conclusions d’une autre étude exécutée par l’ONG Avocats Sans Frontières ( ASF-Belgique) et menée par un consultant international, Renaud Galand qui soutient la nécessité d’une action judiciaire contre les concepteurs du génocide. Cette étude expose également les irrégularités du décret présidentiel no 100/02 du 03 janvier 2006 signé par l’actuel président de la République du Burundi, Nkurunziza Pierre qui considérant les commanditaires du génocide de 1993 comme des prisonniers politiques, leur accorde ainsi l’immunité provisoire tel que stipulé par la loi no 1/022 du 21 novembre 2003 qui garantit l’immunité provisoire aux leaders politiques rentrant d’exil pour la période de transition.

En vertu de ce décret s’ensuivra la libération de 3409 prisonniers dont 92.4% sont des Hutus qui ont massacré des milliers de Tutsi et qui étaient poursuivis ou condamnes pour Attentat et Complot Tendant a Porter le Massacre, et le Pillage (ACTPMP), principale qualification retenue par les magistrats Burundais pour qualifier les actes commis pendant la crise de 1993. La même étude affirme que le décret en question viole le principe constitutionnel de la séparation des pouvoirs puisque les prisonniers élargis étaient déjà condamnés par une autre juridiction. L’étude soulignera également le caractère provisoire de l’immunité accordée aux prisonniers rappelant que, théoriquement la poursuite judiciaire n’est pas terminée.

Un bon moment fut passe à exposer le rôle du parti au pouvoir CNDD-FDD dans le génocide contre les Tutsi perpétré après 1993, démontrant que ce plan d’action n’a toujours pas été abandonne. Cela s’affirme par les mesures discriminatoires prises à l’endroit des victimes Tutsi de 1993, les souffrances qu’endurent les rescapes dans les camps de déplacés, les menaces de leurs bourreaux, l’exclusion des Tutsi dans les institutions de l’État et leur diabolisation par Nkurunziza Pierre. L’animateur a par après énuméré les principaux lieux des massacres commis par le CNDD-Fdd accompagnes des bilans des victimes respectifs.

Une brève historique des génocides des Tutsi enclenchés en 1965, 1972 et 1988 fut narrée ainsi que les moyens utilises pour la manipulation de la masse populaire hutu visant à les inciter à commettre les tueries, tels que les tracts en Kirundi, le recrutement massif, les cartes, les symboles, les méthodes de massacre identique, une confusion politique à la tête de l’État, les soirées d’appât et autres, utilises en 1972. Le conférencier n’a pas manqué de mentionner que plus de détails sont donnés dans ses deux ouvrages, « Contre l’extermination d’un peuple : le front non-violent contre le génocide des Tutsi au Burundi, au Rwanda et au Congo », Éditions Kiyago, 2004 ainsi que « La démocratie du nombre, arme pour le génocide contre les Tutsi au Burundi (1956-2006) », Éditions Intore, 2007 qui, jusqu'à présent est enfermé à l’imprimerie par les autorités en place au Burundi car constituant une preuve très gênante à l’égard des génocidaires.

Le rôle des puissances occidentales et anciennes puissances coloniales dans les génocides des Tutsi commis au Burundi sera ensuite évoqué. Le conférencier précise que celles-ci ont essayé de mettre en application les idéologies de génocide, d’exclusion et de racisme qui étaient combattues chez eux en finançant à coups de millions de dollars des actions qui favorisaient une partie de la population au détriment d’une autre comme ce sera le cas dans les élections et l’élaboration de la constitution ethnique en 2005. Ces mêmes puissances s’obstinent jusqu'à cette date à nier l’existence du génocide contre les Tutsi et persistent à affirmer, au même titre que l’Union Africaine, que tout va bien au Burundi.

Le conférencier conclut en recommandant des voies à adopter pour arrêter l’extermination totale des Tutsi au Burundi. La première serait de reconnaître que le plan génocide anti-tutsi est une réalité au Burundi, en s’appuyant sur le rapport des Nations Unies no S/1996/682 qui reconnaît que des actes de génocide contre les Tutsi ont été commis par le Frodebu. La deuxième voie à emprunter est de juger et sanctionner tous ceux qui ont organise et exécuté le génocide contre les Tutsi du Burundi.


Le conférencier répétera à plusieurs reprises durant son exposé que la justice est nécessaire et que les crimes graves doivent être jugés et les commanditaires sanctionnés. La troisième et dernière voie proposée par l’animateur est de favoriser la coexistence pacifique entre les Hutu, Tutsi, les Twa et les autres au Burundi qui peuvent partager d’une manière équitable les misères et les richesses du Burundi en tenant en compte les compétences de chacun tout en jouissant des mêmes droits. Pour cela, toutes les communautés ethniques devraient être représentées dans les différentes institutions à des niveaux tels que leurs intérêts vitaux soient toujours défendus.

Cet exposé fut suivi par une session d’échanges. Au cours de cette session, plusieurs questions furent adressées au conférencier. La première fut de savoir pourquoi le rapport des Nations Unies mentionné auparavant a été suspendu. L’animateur répondit que ce rapport de plus de 72 pages publié en 1996 a été étouffé par les soutenants de Pierre Buyoya tout au long de son régime. Il exhorte toutes les victimes du génocide à réclamer la mise en exécution du rapport. La question qui suivit fut de savoir pourquoi l’animateur semble s’acharner contre le régime actuel et le parti au pouvoir, le CNDD-FDD et non contre les pouvoirs précédents.

A cela, l’animateur mentionna qu’il a déjà été arrêté 21 fois au cours de son existence, dont 19 fois pendant les régimes Buyoya à cause des dénonciations à l’encontre des responsables du génocide contre les Tutsi et que les régimes de P. Buyoya sont bien dénoncés dans ses deux livres. Il déplore aussi le fait que la communauté Tutsi n’est pas représentée dans les institutions de l Etat. En plus de cela, il rappelle qu’un des accords clé des négociations d’ Arusha n’est pas respectée a savoir la représentation dans toutes les organes de l’État basée sur un quota de 60% politico ethnique hutu et 40% politico ethnique Tutsi. Un des participants à la conférence ajoutât que l’acharnement contre Nkurunziza Pierre et son gouvernement est dû au fait qu’il est l’instigateur des récents crimes et humiliations que subissent les Tutsi et condamne le silence des membres de la diaspora Burundaise face à tous les événements se déroulant au Burundi.

Un autre participant à la conférence a saisi l’occasion pour exprimer son désaccord face à la conviction du conférencier comme quoi les Tutsi membres des partis politiques Hutu ne défendent pas les intérêts des Tutsi. Le conférencier répondit qu’en lumière des multiples massacres commis par les membres des partis politiques Frodebu et CNDD-FDD et le Palipehutu-Fnl envers les membres de la communauté tutsi. Il ne saurait comprendre ni les Tutsi ni les Hutu qui adhérent dans ces groupes génocidaires. Il révéla qu’il ne peut pas participer dans les institutions de l Etat dirigées par ceux qui ont commis et commettent le génocide contre les Tutsi.

A la question de savoir pourquoi le mouvement que dirige le conférencier, PA-Amasekanya ne s’érige pas en partie politique, le conférencier avouât qu’il ne croit pas beaucoup aux actions des partis politiques et que l’essentiel pour lui est que ses idées soient soutenues par beaucoup de gens et que le génocide contre les Tutsi soit combattu. Par ailleurs, a-t-il mentionné, en dehors des partis politiques, la société civile doit jouer un rôle déterminant. Un autre participant clama que les Hutu comme les Tutsi ont tous été victimes du racisme ethnique et que ces derniers devraient eux aussi reconnaître les torts infligés au Hutu au cours de l’histoire.

Questionné sur son opinion la dessus, le conférencier précisa d’abord qu’au Burundi on ne parle pas de racisme puisque les Burundais partagent tous la même race mais appartiennent à différentes ethnies et que le programme de génocide contre les Tutsi a emporté aussi des Hutu et qu’il ne prétend pas résoudre tous les dossiers de l’histoire, le dossier de génocide contre les Tutsi étant le plus important. Ne recherchant ni la vengeance contre les génocidaires ni se mettre à la hauteur des institutions et avoua volontiers qu’ il est a l’extrême quand il s’agit de lutter contre le génocide, le conférencier affirme que sa seule volonté serait d’arrêter le plan d’extinction des Tutsi qui est en place et qu’il n’a pas à s’excuser de rien puisqu’il n’a jamais tué personne.

Un des membres de l’auditoire voulut également savoir l’opinion du conférencier sur le génocide ainsi que la mauvaise gouvernance qui, selon lui sont deux aspects qui se manifestent au sein du régime actuel ainsi que la dissociation entre les deux. Selon l’animateur, bonne gouvernance et justice vont de pair. Il faudrait d’abord la justice pour que s’ensuive une bonne gouvernance au sein des institutions Burundaises. La dernière question fut de savoir si l’animateur reconnaît Ndadaye Melchior comme un héros national, propos que le conférencier infirme, reconnaissant Ndadaye Melchior comme un des concepteurs du génocide contre les Tutsi de 1993 et c est d ailleurs pour cela qu’ il a été par ses complices comme héros national. Des commentaires furent brièvement ajoutés par le modérateur de la conférence.


La conférence s’acheva par une séance de dédicaces des livres du conférencier, qui étaient disponibles pour vente. Ils ont été tous vendus et mêmes quelques participants ont paye en avance pour les livres qui leur seront envoyés, dès le retour de l auteur a Montréal.

Fait à Toronto, le 15 juin 2008
A.Manirakiza
Rapporteur




 

 

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