Actualité du 18 janv. 08 janvier (SurviT-Banguka)
Burundi-sécurité
Des boucs émissaires dans les massacres de Muyinga
Bujumbura le 18 janvier 08 (SurviT-Banguka)
Depuis Kigoma (Tanzanie), sa nouvelle terre d'exil, le colonel Vital Bangirinama,
présumé artisan principal du carnage de Muyinga, charge sans
réserve Germain Niyoyankana et Samuel Gahiro, respectivement ministre
de la Défense et Chef 'Etat-major général de l'armée,
comme étant les véritables commanditaires de ces massacres.
Le criminel en fuite reconnaît qu'il a fait exécuter les dizaines
de présumés militants du mouvement rebelle FNL, mais il souligne
qu'il a agi sur un ordre hiérarchique de ses supérieurs militaires.
C'est pourquoi je n'ai jamais été sanctionné et même
les différents mandats d'arrêts étaient bloqués
par ces hauts responsables militaires.
Mais ses révélations
faites au lendemain de son évasion, facilitée sans doute par
le général Godefroid Niyombare (FDD), chef d'état-major
général adjoint et unique autorité au sommet de ce Corps
aujourd'hui (les deux accusés Tutsis sont en mission à l'étranger)ne
sont as convaincantes. Selon certaines informations, le cerveau de ce drame
reste le général Adolphe Nhimirimana, patron de la Documentation
national, serait personnellement auteur de cette stratégie qui incrimine
d'innocents officiers supérieurs Tutsis pour mieux les discréditer
aux yeux de l'opinion
Burundi-politique
Travaux communautaires: la fermeté du 1er vice- président
versus le flou du président.
Bujumbura le 18 janvier 08 (SurviT-Banguka)
Rien n'est plus controversé que les travaux forcés, dits néanmoins
communautaires, organisés manu militari chaque samedi du mois depuis
plus de deux ans. Toutes les forces vives de la nation ne cessent de déplorer
leur caractère absurde et obligatoire. Certaines organisations de
la société civile vont jusqu'à les qualifier de travaux
forcés. Ces travaux de samedi sont forcés et contraires à la
loi en ce sens qu'ils ne sont régis par aucune loi.
Fidèle à son
habitude de légiférer verbalement, le président de la
république les a en effet institués sans aucun décret
y relatif, alors que l'ancien président Melchior Ndadaye avait bien
sorti une loi qui consacre la journée de samedi comme chômée
et payée. Face à cet insoutenable paradoxe, le nouveau vice-président
de la république Yves Sahinguvu a refusé de jouer à la
complaisance et a ouvertement critiqué la manière dont ces
travaux sont organisés sous la menace policière. Il s'engage à les
réorganiser en impliquant de gré la population au lieu de les
lui imposer.
"Nous pensons que ces travaux qui ne datent pas du reste
d'aujourd'hui, doivent être mieux organisés en associant la
population qui déciderait souverainement de leur régularité,
sans que cela soit systématiquement fait toutes les semaines",
explique le Dr Yves Sahinguvu, premier vice-président de la république.
Mais le président persiste et signe: ces travaux doivent être
scrupuleusement respectés par tout un chacun et chaque samedi, dit-il
en se vantant d'avoir planté 30.000 avocatiers dans les provinces
de Ngozi, Kayanza et Gitega, pendant ses dernières vacances. Face à ce
désaccord radical entre le président et son adjoint, Venant
Kamana (un Tutsi qui ne troquerait sa carte CNDD-FDD pour rien au monde),
ministre de l'Intérieur, tangue et fait une déclaration totalement
intelligible": C'est vrai que les travaux de samedi peuvent être
réorganisés mais vous voyez qu'on ne peut pas rester bras croisés
les samedis, nous pensons sortir une loi là-dessus", dit-il,
visiblement embarrassé.
Burundi-police
Du remue-ménage au sein de la Police.
Bujumbura le 18 janvier 08 (SurviT-Banguka)
C'est aussi l'effet du ras-le-bol du premier vice-président de la
république (chargé en l'occurrence des questions de sécurité),
par rapport aux dérapages et autres bavures policières. Les
responsables de la Police viennent de procéder à une purge
interne en débarrassant de ce Corps de sécurité ses éléments
participent plutôt à la déstabilisation du pays en se
livrant aux viols, vols à main armée et autres assassinats
sélectif. Plus de vingt officiers quarante sous-officiers et plusieurs
autres policiers du rang des hommes de troupes ont donc été récemment
exclus de la Police.
Selon Alain Guillaume Bunyoni (un des trois généraux
du sérail CNDD-FDD), ministre burundais de la Sécurité Publique,
ces exclus n'auront pas droit au pécule de démobilisation et
sont plutôt mis à la disposition de la justice pour payer de
leur crime. Et malgré les ravages des policiers ou autres militaires,
le ministre Bunyoni reste confiant, par rapport au niveau d'amélioration
de la sécurité dans le pays. "D'accord, les cas de dérapage
sont encore observés ça et là, mais nous avons l'avantage
de les porter à la connaissance de l'opinion et de poursuivre les
délinquants, alors que sous d'autres régimes, les gens mourraient
massivement sans que l'opinion en ait écho, c'était pire",
fait-il remarquer avec une forte dose de propagande.
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