Actualité du 20 avril 09(SurviT-Banguka)
Burundi-sécurité.
Le président de la république reste sourd aux souffrances
de son peuple.
Bujumbura le 20 avril 09(SurviT-Banguka)
C’est le comble du cynisme : au moment où les Burundais se
font quotidiennement hacher par une horde de démobilisés mêlés
d’autres éléments de la police présidentielle
(service national de renseignement), le président burundais s’attelle à l’accessoire
et refuse obstinément d’écouter les incessants appels
de la société civile, des organisations internationales et
d’autres ambassades basées à Bujumbura.
Rien ne semble émouvoir
le président burundais. Ni la lettre ouverte que les organisations
de la société civile lui ont adressée le 16 avril
pour l’inviter à faire barrage à la machine qui tue
et à s’adresser à la
nation, histoire de rassurer son peuple au lendemain du lynchage macabre
de Monsieur Ernest Manirumva, vice-président de l’observatoire
anticorruption et malversations économiques. Ni la déclaration,
au sujet du même assassinat ignoble, de Human Rights Watch. Ni l’indignation
d’Akich Okola, Expert Indépendant des Nations Unies pour les
droits de l’homme au Burundi. Ni le double coup de gueule de l’Union
Européenne et des Etats-Unis.
Le chef rebelle refuse toujours de
quitter ses vieux treillis de maquisard et de méticuleux poseur
de mines. Pourtant, son pays est en deuil perpétuel depuis qu’il
est sous son contrôle. Pour noyer le poisson, il entretien son verger.
Dans deux semaines, le chef de l’Etat promet d’ailleurs de
clôturer
en fanfare sa vaste campagne de plantation d’arbres fruitiers dans
le pays. Il ne va pas chômer pour autant car il va entamer aussitôt
un autre chantier : la construction d’écoles de tous ordres.
C’est un président qui aime en effet remuer la terre, aux
côtés
du peuple, de l’électeur en somme. Il est impunément
en campagne. Il vient de passer tout le week-end au nord du pays. Ministres,
gouverneurs et autres ménestrels l’ont rejoint dans la commune
de Bugabira pour une autre sortie d’agrément. C’est
sidérant.
Burundi-sécurité
Véritable camouflet pour les ex FAB.
Bujumbura le 20 avril 09(SurviT-Banguka) Le sénat burundais vient de valider/refuser certaines nominations
aux postes d’ambassadeurs, de gouverneurs de provinces et d’autres
responsables militaires. Certains candidats ont été refusés
par la chambre haute du parlement. C’est notamment celle de l’ancien
ministre de la communication Ramadhan Kalenga, doublement victime du flou
qui entoure sa nationalité et ses maladresses manifestes au moment
de la vente controversée du jet présidentiel (Falcon 50), « nous
aurions même pu le donner gratuitement » avait-il insolemment
lancé à in public fait de nombreux diplomates.
Aujourd’hui,
Ramadhan Kalenga écume de rage envers les sénateurs qui viennent
de lui barrer la route. Son infortune est partagée par bien d’autres
candidats recalés pour des raisons plutôt discutables. Le
général
major Juvénal Niyoyunguruza, un brillant officier qui n’a
rien ménagé pour défendre les couleurs nationales à l’intérieur
comme à l’extérieur du pays ne sera même pas
l’adjoint
de l’ancien rebelle Godefroid Niyombare qui, à la manière
du rebelle type, s’est paradoxalement illustré sous le registre
du génocide, du carnage et de la destruction.
Le général
Niyombare est désormais le patron de l’armée burundaise.
Et pour n’avoir pas su défendre jusqu’au sacrifice l’ancien
président de la république Melchior Ndadaye, tué dans
la nuit du 20 au 21 octobre 1993 dans un camp qui était sous son
contrôle
(1er bataillon des parachutistes), le général tutsi à démérité. « Mais
c’est injuste car il n’y a aucun dossier en rapport avec la
mort de Ndadaye qui est à sa charge », s’est indigné le
ministre burundais de la défense, le lieutenant général
Germain Niyoyankana. Burundi-sécurité
Agathon Rwasa sur les traces de Pierre Nkurunziza. Bujumbura le 20 avril 09(SurviT-Banguka)
Le lieutenant général Agathon Rwasa, leader des FNL a troqué son
treillis militaire contre le costume cravate d’un homme politique
qu’il
entend devenir désormais. Il a été en effet désarmé (fusils
kalachnikov, pistolet, lance-roquette et plusieurs munitions). Il entend
ainsi suivre les traces de Pierre Nkurunziza, le leader du CNDD-FDD qui
a quitté le maquis pour être catapulté au sommet de
l’état.
Comme cela a été fait pour les leaders FDD, la médiation
et la communauté internationale ont passé un coup d’éponge
sur le génocide et tous les autres crimes de guerre et contre l’humanité qui
sont notoirement à charge des leaders du FNL à commencer
par Agathon Rwasa. Ses 3500 combattants vont intégrer les corps
de défense
et de sécurité (1100 à la police et 2400 à l’armée).
Les dix mille autres seront démobilisés et réintégreront
leurs familles. Mais qu’ils soient réintégrés
aux corps de défense et de sécurité ou qu’ils
rentrent chez eux, tous ces éléments restent avant tout des
rebelles imprégnés de l’idéologie génocidaire.
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