Actualité du 21 janvier (Tutsi.org)
Burundi-sécurité
La méfiance est totale au centre de Ruyigi.
Bujumbura le 21 janvier 08 (SurviT-Banguka)
C’est irréversible. Les hutus et les tutsis sont à couteaux
tirés au centre provincial de Ruyigi. Et Moise Bucumi, gouverneur
hutu du CNDD-FDD qui contrôle cette circonscription ne rate aucune
occasion pour mettre de l’huile sur le feu. Non content d’avoir
mis l’assassinat de la Française Agnès Bury (de l’ONG
Action Contre la Faim) au dos de Batutsis du quartier Sanzu, ce gouverneur
leur a aussi imputé le mitraillage de son domicile le 18 janvier dernier.
Atterré par cette accusation gratuite et précipitée,
Elie Ngendahayo (tutsi), administrateur de la commune Ruyigi, déclare
par médias locaux interposés, que le gouverneur a fait montre
d’irresponsabilité.
Cela lui a tout de suite valu un emprisonnement
en même temps que quatre autres personnes dont le substitut du procureur
de la république en province de Ruyigi, un magistrat du tribunal de
résidence à Ruyigi, un agent de l’ONG ACTION AID et un
autre policier en cavale. Selon des témoignages concordants, toutes
ces arrestations sont une entreprise du seul gouverneur de Ruyigi qui aurait
aussi organisé un simulacre d’attaque sur son domicile pour
continuer à se débarrasser des Batutsis gênants. Car
les mandats d’arrêt sont sur du papier fax et ne sont même
pas signés.
Dans la foulée, tous les Batutsis du centre de
Ruyigi ont été systématiquement fouillés pour
vérifier s’ils ne détiennent pas toujours des armes.
Pendant ce temps, les enquêtes pour trouver le meurtrier d’Agnès
Bury piétinent toujours. Mais les 11 tutsis présumés
impliqués dans sa mort sont détenus à la prison centrale
de Gitega, sans prouver cependant sa responsabilité.
Burundi-logement
Acquisition de parcelles : Les gros poissons du CNDD-FDD se servent dans
Bujumbura rural
Bujumbura le 21 janvier 08 (SurviT-Banguka)
A l’heure où les Burundais se meurent, éprouvés
par la faim, la maladie et les intempestifs assauts des combattants FNL et
autres ex-FDD ironiquement commués en agents sécurité,
les autorités politiques ou militaires majoritairement issues du CNDD-FDD
n’ont d’autres préoccupations que de satisfaire leurs
inassouvissables appétits de touts ordres. Les caisses de l’état
sont vides depuis des lustres et aujourd’hui, ils se ruent sur les
terres, oubliant que le pays appartient dans son essence à tous les
Burundais. L’outrecuidance de cette envie de tout prendre tout de suite
les a même poussés à dépasser les limites en s’attaquant
aux terres qui sont du ressort de la province de Bujumbura rural.
En dehors
de toute législation en la matière, la belle colline Sororezo
(commune de Kanyosha rural) qui surplombe la ville de Bujumbura vient d’être
morcelée en quelques parcelles (vingt ares chacune) que se partagent
sans scrupules une vingtaines de grosses légumes du parti présidentiel.
Les bénéficiaires sont en l’occurrence, Gervais Rufyikiri
(président sénat), Pie Ntavyohanyuma (président assemblée
nationale), Alain Guillaume Bunyoni (ministre de la sécurité publique),
Godefroid Niyombare (chef d’état-major général
adjoint), Denise Sindokotse (député, présidente des
Abakenyererarugamba ou femmes du CNDD-FDD), Zénon Ndaruvukanye (gouverneur
de Bujumbura rural), etc. Comme cette colline appartient, sur le plan administratif,
dans la province de Bujumbura rural, le conseil communal de Kanyosha rural
se dit choqué par ce banditisme d’Etat. Mais rien ne semble
pouvoir les arrêter car la viabilisation est déjà en
cours. AC-Génocide en est à son 140ème jour.
Bujumbura le 21 janvier 08 (SurviT-Banguka)
L'association antigénocide Action Contre le Génocide au Burundi
organise ce 21 janvier un cadre sacré d'échanges et de réflexion
pour combattre ce fléau de génocide, réhabiliter les
victimes et châtier les auteurs comme cela se fait partout ailleurs.
Selon le professeur Venant Bamboneyeho, les militants ne doivent pas être
découragés par le fait que les bourreaux ont voix au chapitre
au grand dam des victimes qui croupissent toujours dans une misère
sans nom. "Tôt ou tard, nous finirons par prouver que la raison
résiste au temps et les auteurs d'un génocide qui a été vérifié et
accepté par la communauté internationale seront traduits en
justice, c'est certain, même si cela peut prendre encore des mois et
des mois", explique-t-il. Au cours de ce mois de janvier , les militants
de cette association promettent de collecter des aides pour venir en aide
aux victimes du génocide de 1993.
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