Actualité du 21 avril 09 (SurviT-Banguka)
Burundi-élections
Les médias veulent s’engager une fois de plus.
Bujumbura le 21 avril 09 (SurviT-Banguka)
Obsédé par la noire intention de truquer les résultats
des prochaines élections qu’il ne saurait gagner en toute liberté et
transparence, le parti CNDD-FDD a déjà ouvertement menacé les
médias privés de les fermer à deux tours si, d’aventure,
ils tentaient encore de faire le monitoring en temps réel de ces élections.
L’idée de rééditer l’action de la fameuse
synergie des médias est donc exclue à ses yeux. C’est
quasi officiel, les journalistes indépendants à la langue pendante
seront fusillés ou contraints à l’exil. Seuls radios
et autres organes de presse du CNDD-FDD (Rema FM, Umuco FM, Star FM, etc.)
tiendront les militants informés sur tout à chaque instant.
Mais même les médias y tiennent dur comme fer, à leurs
risques et périls. Une galaxie d’organisations internationales
décide fermement de les y aider. Certaines viennent d’exprimer
ouvertement leur envie d’appuyer les médias burundais dans le
cadre d’une synergie pour les amener à suivre à la loupe
tout le processus électoral. C’est notamment Search For Common
Ground (Etats-Unis d’Amérique), 11.11.11 (Belgique), la Benevolencija
(Espagne), Institut Panos Paris et la Chaire Unesco. D’autres promettent
d’attraper le train en marche. Pour lancer le débat, ces organisations
viennent d’inviter les responsables des médias à joindre
leurs représentants à Bujumbura afin de plancher aux modalités
d’initier une synergie des médias en vue de couvrir tout le
processus. C’est en réalité une idée qui nous
hante depuis le mois de novembre 2008, nous nous sommes mis ensemble pour
réfléchir sur les stratégies efficaces à établir
en vue d’une bonne couverture médiatique du processus électoral
de 2010.
C’est ainsi que ces organisations ont fait ensemble une proposition
de plan d’action qui vise l’harmonisation des activités
entre les différents acteurs internationaux vers les partenaires locaux
oeuvrant dans le domaine des médias (la presse audiovisuelle, la presse écrite,
en ligne et les organisations des professionnelles des médias)…notre
préoccupation majeure est d’être plus cohérentes
et efficaces en mettant les efforts ensembles, pour éviter de surcharger
les partenaires locaux qui seront déjà très sollicités
pour la couverture des élections de 2010 », déclare un
responsable d’une de ces organisations.
Burundi-sécurité
L’aversion ethnique fait des ravages au nord.
Bujumbura le 21 avril 09 (SurviT-Banguka)
Hutus et tutsis sont encore au bord de la confrontation au nord du Burundi
en particulier dans la province de Kirundo. Depuis quelques temps, les hutus
y tuent méthodiquement et malignement des tutsis, soit à la
grenade, au tir embusqué de la kalachnikov ou simplement à coups
d’autres armes blanches. Officiellement, ces morts sont rapidement
mis au compte de la sorcellerie, de vagues règlements de compte ou
des conflits fonciers. Mais d’aucun y voient la continuation sournoise
du génocide en cours depuis plus d’une décennie. C’est
désormais une réalité qui crève les yeux : les
hutus et les tutsis sont plus que jamais à couteaux tirés.
Même le président de la République Pierre Nkurunziza
reconnaît que la région est véritablement à bord
de l’implosion.
En visite dans la commune de Bugabira (une des communes
de cette province qui cristallise l’aversion ethnique), le week-end
dernier, Pierre Nkurunziza, chef de file des génocidaires, a quand
même reconnu que le vase va déborder. C’est ainsi qu’il
a recommandé à la population de Bugabira à se défaire
des démons de la division. « Il est insensé d’entendre
que la population de la commune Bugabira souffre encore des divisions ethniques
au moment où ailleurs dans le pays, les antagonismes ethniques n’ont
plus de place…vous êtes les premiers à combattre l’idéologie
de la haine ethnique…nous sommes venus vous dire plus jamais ça »,
a lancé sans beaucoup de conviction cet ancien chef rebelle condamné à mort
pour les meurtrières mines antichars qu’il a personnellement
posées dans les rues de Bujumbura au plus fort du génocide.
Dans notre pays, « être hutu ou tutsi ne signifie rien. Vous êtes
d’abord burundais avant toute chose » poursuit-il. Peu avant
ce discours dans un mémorable bain de foule, le président avait
adressé ces mêmes ces conseils aux gouverneurs de provinces
et aux administrateurs communaux. Le chef de l’Etat leur a recommandé de
rester vigilants. « Il ne faudrait donner aucune chance, minime soit-elle,
aux fauteurs de troubles ». La réussite des élections
de l’année 2010 dépendra de votre rigueur dans la gestion
de vos entités respectives. Néanmoins, a-t-il rappelé, « en
tant qu’administratifs, je vous recommande de rester au-dessus de la
mêlée afin de gérer l’administration dans la transparence
possible ».
Mais une lecture critique de son discours montre que le
chef de l’Etat est pertinemment conscient du feu génocidaire
qui couve dans le pays et il est de ceux qui, la nuit venue, souffle sur
les braises. C’est ainsi qu’il prend soin de faire un appel du
pied à l’intention des responsables administratifs pour être
au dessus de la mêlée. Ce qui est une façon euphémique
de désigner le jeu de massacres au quel se donnent impunément
la ligue des jeunes du parti présidentiel (CNDD-FDD) et la galaxie
de miliciens à la solde du même parti. C’est affreux et
le président est au courant.
|