Actualité du 21 mai (SurviT-Banguka)
Burundi-sécurité
Quand le FNL promet la paix que refuse le CNDD-FDD.
Bujumbura le 21 mai 08 (SurviT-Banguka)
La situation reste inédite au Burundi. Alors que les leaders du mouvement
rebelle FNL-Palipehutu affirment avoir donné l’ordre aux combattants
d’arrêter les attaques pour donner la chance à la paix,
voilà que le parti présidentiel promet la poursuite de la guerre
pour traquer les ennemis de tous poils. Et les ennemis en question ne sont
plus que des combattants rebelles mais tout le monde, sauf les militants
qui croient encore à la toute-puissance du parti présidentiel.
Témoin de l’approche de nouvelles échéances électorales,
conscient que la conjoncture joue contre lui en raison des multiples dérapages
(pillage de l’économie, violation des droits humains, tortures
et massacres à grande échelles des opposants) dont il est invariablement
comptable, ce parti semble être complètement déboussolé.
Car le gros de l’électorat hutu qui l’avait plébiscité en
2005 se dit publiquement déçu et meurtri plus que jamais. Au
lieu de lui apporter la paix et le pain comme il le clamait pendant la campagne,
le CNDD-FDD a affamé et tué le peuple burundais davantage.
Aujourd’hui, ce parti ou ce qui commence à en rester est aux
abois.
Car le mouvement rebelle, responsable désigné de tous
les maux (meurtres, vols à main armée, viols), est aujourd’hui
sur la table des négociations et promet un cessez-le-feu, sur terrain.
Mais comme chacun sait, c’est la confusion et le désordre qui
arrange le parti qui est aux affaires. C’est ainsi qu’il va la
créer. Chacun retient don son souffle à Bujumbura. Car la clique
de généraux qui tient en bride le pays rivalise d’imaginations
pour relancer et pérenniser le chaos dans le pays. Elle cherche de
nouveaux comploteurs. Pour montrer au monde et à la nation que les
ennemis de la paix se multiplient. Quitte à jouer les prolongations
et reculer, autant que possible le rendez-vous électoral. Selon certains
observateurs, les généraux pourraient diaboliser certains leaders
de la Communauté Tutsis, arguant qu’ils sont à l’origine
des vagues de grèves qui paralysent le pays.
La suite du montage est
connue. Arrestations tortures et meurtres pour faire diversion. Même
si elle a été contrée par l’armée, la récente
incursion de la police dans les locaux de la radio nationale s’inscrirait
dans ce cadre, pour arrêter les journalistes en grève afin de
les faire parler sous torture. D’autres considèrent que le CNDD-FDD
pourraient jouer doublement du côté des 3000 combattants présumés
dissidents de Rwasa et sur ses propres miliciens( démobilisés,
policiers, militaires qui lui restent soumis comme au temps de la rébellion)
pour intensifier assassinats ciblés, vols viols et autres embuscades.
Dans le but de pérenniser le chaos dans le pays et de se maintenir
au pouvoir, faute de reconduction via les urnes.
Burundi-Université.
Université du Burundi : les étudiants tiennent à élire
leurs représentants.
Bujumbura le 21 mai 08 (SurviT-Banguka)
Un véritable langage de sourds semble être définitivement
installé entre l’autorité rectorale et les étudiants.
Et au lieu de jouer les arbitres, le ministre de tutelle met de l’huile
sur le feu, en appuyant, les yeux fermés, la position du recteur Gaston
Hakiza. Saïdi Kibeya, ministre de l’Education Nationale et de
la Recherche Scientifique vient de leur intimer l’ordre de mettre rapidement
fin, et sans conditions, à leur mouvement de grève. Sans quoi
il promet de sévir à la manière qu’on sait déjà.
Mais les étudiants ont aussi décidé de durcir le ton,
affirmant que la reprise des cours sera conditionnée par la reconnaissance,
par l’autorité rectorale, de leurs droits à se choisir
des représentants. Mais ils garantissent aussi que ces représentants
seront élus dans un cadre purement démocratique. Voilà pourquoi
le récent appel de Saïdi Kibeya, n’a pas eu plus d’effet
qu’un coup d’épée dans l’eau. Les étudiants
lui ont rétorqué, illico, qu’ils n’entendent pas
regagner les auditoires sans qu’ils aient désigné leurs
représentants. Et pour prouver au ministre et à l’autorité rectorale
que leur mode de désignation aura tous les attributs d’une élection
démocratique, ils proposent que les organisations de la société civile,
en l’occurrence les Bashingantahe, se joignent aux médias pour
témoigner de la transparence qui auront entouré le scrutin.
Mais le recteur nourrit toujours la rumeur selon laquelle les étudiants
hutus, surtout ceux qui sont affiliés au parti présidentiel,
seraient persécutés et exclus de tous les cadres de dialogues.
L’impasse demeure toujours, mais ces étudiants se disent toujours
disposés à dialoguer avec les autorités, car c’est
la seule voie qui puisse permettre aux deux parties d’assainir la situation.
Au lieu de recourir à la force via les forces de l’ordre. Reste
que le collège des assistants vient aussi de demander à chacune
des deux parties de privilégier le dialogue pour mettre fin à cette
nième grève qui vient paralyser les activités à l’Université du
Burundi.
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