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Le Burundi coulé par la dérive mafieuse du CNDD-FDD.

Eprouvés par plus d’une décennie de génocide et de divers autres crimes contre l’humanité, les Burundais croyaient pouvoir tourner définitivement ces pages noires avec le plébiscite, au forceps, des as du crime en août 2005. Car comme le dit si bien la sagesse populaire rundi, uhana umurozi amubitsa umwana (celui qui veut échapper aux noirs desseins d’un sorcier, notoirement connu, lui confie la garde de son enfant).

Hélas, il est des sorciers qui défient allègrement ce stratagème. Et les Burundais l’apprendront à leurs dépens, eux qui déchantent, en remarquant que l’ex mouvement rebelle CNDD-FDD sur lequel ils avaient jeté leur dévolu au cours des dernières élections, n’a changé d’un iota. Car au lieu de pacifier le pays et de le remettre sur les rails du développement économique, le parti a plutôt poursuivi son travail de sape et de destruction, en consolidant son système hyper mafieux qui a anémié l’économie burundaise ou ce qui en restait et endeuille encore plus le pays, en envoyant froidement et systématiquement à la mort ses fils/filles. Seul le mot corruption, dans toutes ses acceptions au propre comme au figuré, résume en effet les vingt mois de gestion du pays sous la houlette du CNDD-FDD.

Les ténors de cette organisation usent des caisses de l’Etat comme les leurs et les pillent sans vergogne en dépit du concert de protestations des associations de la société civile et des bailleurs de fonds traditionnels. Le Falcon 50 était un jet totalement présidentiel. C’est ainsi que le président Pierre Nkurunziza a fait fi des règles qui régissent les Marchés Publics en le vendant à vil prix, pour empocher incognito le différentiel de 5 millions de dollars.

La filière carburant brasse aussi des milliards. Pour mieux les drainer en la contrôlant, le parti présidentielle y a investi via Gabriel Ntisezerana, deuxième vice-président de la république et, néanmoins, propriétaire de plusieurs stations. Dans la foulée, il a coulé Interpétrole, son principal concurrent, pour avoir des coudées franches. La plus grande banque commerciale du pays (BCB) a été confiée à un apprenti gestionnaire issu du CNDD-FDD, pour couvrir toutes ses magouilles. D’où les ridicules tentatives d’éjecter le professeur Prime Nyamoya, l’Administrateur Directeur général de cette banque qui surfait sur les vagues du succès. Parallèlement, le parti a fait main basse sur le sucre ou encore le café et le thé. Mais non content d’avoir tout sucé jusqu’à la lie, il développe aujourd’hui un véritable banditisme d’Etat en organisant un gang de voleurs qui tuent et dépouillent les citoyens victimes, de jour comme de nuit ; semant psychose et terreur dans tout le pays.

La même confusion se généralise au niveau des droits de l’homme. Plus que muselées, les voix discordantes sont éteintes : des leaders de la communauté tutsi dont l’ancien vice –président Alphonse Marie Kadege -et ses compagnons d’infortune: Déo Niyonzima, l’ancien président Domitien Ndayizeye, etc. -ont été torturés à mort et l’un de leur bourreau (Maregarege) vient de confirmer qu’il exécutait les ordres de ses supérieurs…suivez mon regard. Des journalistes ont été séquestrés et mis à l’écrou pour les forcer à la boucler. Et en province de Muyinga, des centaines de présumés militants du mouvement rebelle FNL ont été happés par une main mystérieuse que personne ne veut identifier.

Dominique Surwavuba, leur bourreau avéré, vient de réintégrer son poste de patron de la Documentation à Muyinga. Comme pour tirer un trait et passer définitivement l’éponge sur ce carnage. Dans le lexique moderne en usage à l’échelle mondiale, ces gaffes en cascade portent un nom : mauvaise gouvernance politique et économique. Et en réponse à une telle barbarie, la communauté internationale a mis en quarantaine le Burundi en gelant son aide multi ou bilatérale pour éviter qu’elle ne finisse dans les poches de ces gangsters, au grand dam du reste de la population. Voilà pourquoi la déception se lit sur tous les visages au Burundi. Mais le peuple est tout aussi déçu par le silence, qui frise la complicité, observé chez les autres leaders politiques.

Qu’ils soient anciens chefs d’Etat, anciens premiers ministres, anciens membres du gouvernement ou d’autres leaders de partis politiques, rares sont ceux qui osent prendre leur courage à deux mains pour dénoncer cette dérive mafieuse du CNDD-FDD. Un peu comme si chacun se disait dans son for intérieur, quoi qu’il arrive, je mourrais le dernier, comme aime ironiser l’homme de la rue au sujet de ces personnalités. Mais peu avant le dernier remaniement, les partis FRODEBU et UPRONA avaient pourtant souligné que rien ne serait plus comme avant.Car ils s’étaient bien accordés avec le CNDD-FDD sur une bonne gestion démocratique du pays. C’est à se demander s’ils n’ont pas simplement négocié des postes pour se taire ou laisser faire.

Le Dr Yves Sahinguvu, premier vice-président dépêché par l’UPRONA pour relayer l’autre Docteur assiste, impuissant, à la déréliction de l’état burundais et au pourrissement de la situation sur le plan sécuritaire. C’est aussi à se demander si, comme prévu, on peut envisager d’autres élections en 2010. Dans l’hypothèse d’un scénario catastrophe, chacun peut s’imaginer ce qu’il en restera du pays et du peuple si la mafia installée au pouvoir continue à multiplier les forfaits dans une totale indifférence ou complicité des autres acteurs politiques.

La Rédaction.






 

 

 

 

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