Actualité du 22 janvier 08 (SurviT-Banguka)
Burundi-politique
Le président Nkurunziza moralise ses troupes
Bujumbura le 22 janvier 08 (SurviT-Banguka)
Après un intense bain de foule dans tout le Nord du Burundi, pour
profiter de ses vacances, le président burundais Pierre Nkurunziza évite
la confusion qui sévit à l'est et met plutôt le cap sur
le Sud. Officiellement pour y planter ses fruits fétiches (les avocats)
et mobiliser la population pour la remettre au travail. Sauf qu'en marge
de l'événement, il prend soin de se ménager un temps
pour causer, loin des micros et autres caméras indiscrets, avec les
responsables des Corps de défense et de Sécurité. Ce
genre de causerie à huis clos a bien eu lieu ce mardi à Kayogoro,
province Makamba, mais rien n'a pu filtrer au sujet de la teneur de leur
entretien. Qu'à cela ne tienne. Le secret n'est plus que de polichinelle
car depuis que Pierre Nkurunziza sait qu'il ne peut plus convaincre pour
mériter la confiance dans deux ans, il essaie de préparer le
chaos et le meilleur moyen d'y arriver et de distraire les sapeurs-pompiers
que sont naturellement les militaires et les autres policiers.
Burundi-sécurité
La batterie de mesures de sécurité laisse l'UPRONA
insatisfait.
Bujumbura le 22 janvier 08 (SurviT-Banguka)
L'optimisme béat du ministre de la Sécurité Publique
quant au retour progressif de la sécurité dans le pays, contraste
avec le pessimisme des autres acteurs politiques comme les leaders de l'UPRONA
et du FRODEBU, du MRCC et du CNDD. Dans un point de presse organisé ce
21 janvier pour faire le point sur la situation sécuritaire dans le
pays, le ministre Alain Guillaume Bunyoni a en effet souligné que
la sécurité va en s'améliorant et que des mesures ont été prises
pour faire barrage aux fauteurs de troubles éventuels.
C'est notamment
le renforcement du dispositif de Sécurité sur les axes qui
joignent Bujumbura à l'intérieur du pays et l'exclusion des
policiers, tous grades confondus, qui ont déjà été pris
en flagrants délits. Mais aux yeux des autres acteurs politiques,
toutes ces décisions ne seraient que des mesurettes plutôt timorées
qui laissent intact la question burundaise.
"Nous pensons qu'il ne suffit
pas de chasser les policiers défaillants, mais il importe aussi de
créer un climat qui ne favorise pas cette défaillance caractérisée,
notamment en négociant avec le mouvement rebelle FNL, car tous les
criminels se plaisent à mettre sa casquette pour se dédouaner",
explique Aloïs Rubuka, président du parti UPRONA. Frédéric
Bamvuginyumvira, vice-président du FRODEBU, estime, quant à lui,
que la priorité reste de sécuriser la population. "Il
est urgent de sévir pour ramener la sécurité dans la
population et on n'y arrivera que quand le pouvoir aura pris le courage de
tuer un criminel pris en flagrant délit, sans autre forme de procès
comme on l'a fait pour les gangsters dits Gatalina, dans les années
80" a-t-il déclaré ce 22 janvier.
Mini crise à Ruyigi: Kamana attise la haine et Bagaza alerte
l'opinion.
Bujumbura le 22 janvier 08 (SurviT-Banguka)
La méfiance est à son comble entre l'administration et la
population au centre provinciale de Ruyigi: au lendemain de l'emprisonnement
de cinq autres Tutsis accusés d'avoir organisé une attaque
contre le domicile du gouverneur de la province Moise Bucumi vendredi dernier,
la tension est vive et au lieu de contenir l'incendie, le ministre burundais
de l'Intérieur Venant Kamana (natif de la province) a plutôt
mis de l'huile sur le feu, évoquant une duplicité des Tutsis
habitant Ruyigi mais provenant des autres provinces.
"Ce sont de gens
qui, dès que la situation s'aggrave au niveau de la sécurité,
prennent le large ou retournent simplement chez eux, je pense qu'ils ne doivent
pas jouer avec la sécurité du gouverneur car s'il avait été tué dans
l'attaque, rien n'exclut que les gens se seraient tués comme ce fut
le cas avec la mort du président de Ndadaye", explique-t-il.
Cependant, le ministre Kamana n'a pas été convainquant car
la population est restée sur sa soif et ses inquiétudes restent
totales.
Pendant ce temps, le parti PARENA dont un des responsables en province
Ruyigi a été arrêté a sorti un communiqué de
presse où il appelle le gouverneur à ne pas semer la méfiance
et la discrimination sur base régionale ou ethnique. Selon Zénon
Nimubona, porte-parole de ce parti, le gouverneur profite de l'assassinat
d'une française pour se débarrasser de tous ceux qui ne partagent
pas ses idées politiques, en particulier les Tutsis venus d'ailleurs. Le quid de Moise Bucumi, gouverneur de Ruyigi.
Bujumbura le 22 janvier 08 (SurviT-Banguka)
Plus hutisant que Moise Bucumi gouverneur de la province de Ruyigi, on meurt.
Selon des témoignages glanés auprès de ceux qui le connaissent,
ce militant (de la dernière heure) du CNDD-FDD ne s'est jamais départi
de sa casquette du combattant pur et dur du FNL. Depuis qu'il est à la
tête de cette province situé sur l'axe privilégié des
combattants FNL, Moise Bucumi n'a cessé de semer haine et suspicion
entre les Hutus et les Tutsis au chef-lieu de la province Ruyigi. Sa dernière
trouvaille pour les bouter hors de sa circonscription consiste à opposer
les natifs de la province aux autres (majoritairement Tutsis), venus de toutes
les autres provinces du pays (Gitega, Cankuzo, Muramvya, Buruni, etc.).
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