Actualité du 22 avril 09 (SurviT-Banguka)
Burundi-génocide
AC-génocide rappelle le devoir de mémoire.
Bujumbura le 22 avril 09 (SurviT-Banguka)
Comme ils le font chaque 21 du mois depuis plusieurs années, les
militants et autres sympathisants de l’association anti-génocide « AC-génocide » sont
revenus à la charge ce mardi pour rappeler au monde et aux Burundais
que le génocide reste le plus grave des crimes contre l’humanité.
Ils ont aussi réaffirmé qu’il existe d’autres crimes
de guerre qui, comme le génocide, sont inamnistiables et imprescriptibles. « C’est
vrai et chaque fois que le génocide s’abat sur un peuple, tous
ces crimes sont difficilement évités et la confusion s’installe
dans les esprits et les cœurs tout comme une concurrence atroce dans
la mémoire des victimes, c’est ainsi que depuis le mois d’avril
1972, notre pays fait les frais de cette confusion inhumaine et hautement
dangereuses », fait remarquer le professeur Venant Bamboneyeho, président
de cette association.
Pour les centaines de milliers de militants et autres
sympathisants de cette association, le rappel du « plus jamais ça », édition
avril 2009 est marqué du sceau de la solidarité renouvelée
avec les amis du Rwanda voisin, éprouvés également depuis
quinze ans par le même mal absolu, mais qui font preuve d’un
courage exemplaire dans leur noble combat contre le négationnisme,
le confusionnisme et le révisionnisme. A Bujumbura, comme pour leurs
précédents rituels mensuels, les militants se sont retrouvés
au Carrefour de la JRR en commune urbaine de Ngagara. Ils ont eu une pensée
toute spéciale pour les victimes et les rescapés du drame d’avril
1997 au petit séminaire de Buta. Situé au sud du pays, dans
le diocèse catholique de Bururi, le petit séminaire de Buta
a été en effet brutalement réveillé, le matin
du 30 avril 1997, par un horrible vacarme de bombes et de crépitements
d’armes automatiques. Les génocidaires hutus que la communauté internationale
a déjà, curieusement excusés, y ont, du coup tué de
sang froid 40 jeunes séminaristes.
Burundi-sécurité.
Les combattants FNL promettent le pire.
Bujumbura le 22 avril 09
Au lendemain du désarmement et de la démobilisation de leur
leader Agathon Rwasa, les combattants FNL qui n’intègrent pas
les corps de défense et de sécurité sont sommés
de regagner leurs collines après un bref séjours au centre
de démobilisation de Gitega. Ils sont plus de 10.000 à se préparer à ce
passage obligé. Pour les heureux élus, le processus d’intégration à la
police et à l’armée a débuté ce 21 avril.
Les recalés broient du noir. Leur amertume est d’autant plus
grande que leur pécule de démobilisation (100$) leur sera versé ultérieurement.
A travers son zélé serviteur, le général Silas
Ntigurirwa, les fonds qui leur étaient initialement destinés
ont été siphonnés par le parti présidentiel.
En guise de remerciement, le parti l’a mis à l’abri de
toute poursuite en l’aidant à réintégrer l’armée,
après avoir vidé les caisses de la structure en charge de démobilisation
des anciens combattants.
Pour être relancé, le programme attendra
que la Banque Mondiale remette la main à la poche. Seulement voilà,
au moment de leur retour à la vie « normale civile »,
les milliers de combattants FNL ont ouvertement menacé de jouer aux
terroristes pour se procurer coûte que coûte de l’argent
cash, espèces sonantes et trébuchantes, afin de ne pas se laisser
mourir de faim alors qu’ils ont appris à tuer. « Nous
partons sans rien après mais nous n’allons pas nous laisser
mourir de faim, demain, sachez que le Burundi sera comme l’Irak ou
d’autres pays où règne la terreur absolue, nous tendrons
des embuscades aux passants et nous restons convaincus que l’argent à récolter
dépasse de loin les 100$ qu’on nous promet pour plus tard »,
déclare aux médias locaux un candidat à la démobilisation.
Cette menace est balayée d’un revers de la main par le général
Evariste Ndayishimiye, un des leaders rebelles du CNDD-FDD qui représente
le gouvernement du Burundi dans le MCVS. « La guerre est officiellement
terminée, c’est ainsi que ceux qui vont tenter de prolonger
l’insécurité seront pris comme des bandits armés
et traités comme tel, nous les combattrons jusqu’à la
dernière énergie », tranquillise-t-il.
Mais sur terrain,
avant même que les recalés des FNL n’entrent officiellement
dans la danse, l’insécurité gagne du terrain. Même
les coins restés sereins au plus fort de la crise sont aujourd’hui
atteints de plein fouet. En zone Vyuya de la commune Mugamba, une mère
et ses cinq enfants ont été tués la nuit du 20 avril,
cruellement déchiquetés par une grenade lancée la nuit
par un inconnu. La police affirme être débordée par le
niveau de criminalité.
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