Actualité du 23 mai (SurviT-Banguka)
Burundi-génocide
Lutte contre le génocide : Venant Bamboneyeho exhorte à la
persévérance.
Bujumbura le 23 mai 08 (SurviT-Banguka)
Encore un mot sur le 21 mai. Date anniversaire, chaque mois, de la décimation
des centaines des milliers de Tutsis du Burundi et d’autres Hutus mal
acquis à l’idéologie génocidaire. Comme prévu,
les militants et sympathisants de l’association AC-Génocide
Cirimoso se sont rencontrés le soir du 21 mai au Carrefour de la JRR
pour parler génocide, impunité et menace de relance de ce
crime des crimes au Burundi.
A cette occasion, le professeur Venant
Bamboneyeho, président de cette association, a vivement remercié les
militants qui tiennent encore à la victoire du droit et de la morale
sur le mensonge et la banalisation du crime. «Vous avez su résister
aux multiples tentations et à la conjoncture qui ne vous accorde aucune
place au soleil et je vous dis que malgré les railleries de ceux qui
vous prennent pour des insensés ou des attardés, la vérité finira
par éclater au grand jour, même ceux qui ont pris la fausse
route d’Arusha commencent aujourd’hui à se rendre compte
qu’ils ont eu ridiculement tort, en dépit des biens amassés,
dans la foulée des négociations, les accords ne sont plus que
du papier bientôt oublié, mais le génocide est plus que
jamais d’actualité, et tous les Tutsis se savent bien dans la
ligne de mire ; à commencer par ceux-là même qui vous
prenaient hier encore pour les y voient rien », fait observer le sage
Venant Bamboneyeho, devant quelques centaines de Tutsis et Hutus déterminés à ne
pas se laisser distraire par les pourparlers inter rebelles. Ils sont unanimes à reconnaître
que rien de bon ne devrait venir des débats de San Safari Club.
Car
ils opposent les éléments d’une même partie, en
l’occurrence celle des criminels. «Les criminels d’hier
négocient avec ceux qui le revendiquent encore pour trouver un compromis,
mais je dois vous dire que c’est du bluff car les véritables
négociations n’ont pas encore commencé », poursuit
Venant Bamboneyeho.
Burundi-politique,
Décidément, rien ne va plus au Burundi.
Bujumbura le 23 mai 08 (SurviT-Banguka)
Le président burundais Pierre Nkurunziza a donné l’ordre à ses
militaires/policiers de se méfier de l’avancée des négociations
entre la rébellion des FNL et son gouvernement et d’accentuer
la traque de la population pour faire régner la terreur dans tout
le pays. Afin que son parti soi le seul maître du terrain, et qu’il
ait droit de vie et de mort sur la population.
Le pays est ainsi en plein état
d’exception qui ne dit pas son nom. Selon les observateurs, même
si d’aventure, le FNL et le gouvernement aboutissaient au moindre compromis,
il ne serait pas validé, dans la mesure où l’Assemblée
Nationale est quasi inopérante depuis près de deux ans. A dix
jours de l’ouverture de la session de juin, l’honorable Pie Ntavyohanyuma,
président de cette institution, avoue que toutes ses démarches
pour mettre fin à la crise ont échoué.
Et Pierre Nkurunziza
s’en lave les mains, arguant que tout est bloqué au niveau de
la constitution qui recommande un quorum des 2/3 exigible à l’Assemblée
nationale pour se réunir et pour voter, ainsi que la parité ethnique
au sein des Forces de défense et de sécurité. Oubliant
que ce sont des acquis des accords d’Arusha. Qui doivent être
respectés. Mais des informations concordantes soulignent qu’il
est décidé de mettre en veilleuse ces accords. Le danger d’implosion
est plus qu’évident.
Car rien ne va plus dans le pays. Sur le
plan politique, il apparaît toujours des signes sérieux de menaces
de l’unité et de l’intégrité sociales de
la Nation : Dysfonctionnement des institutions, en particulier le Parlement,
incompétence avérée de l’autorité du pays à remettre
l’Assemblée Nationale sur le pas, tendance manifeste du pouvoir
en place à violer les acquis des Accords d’Arusha, refus aux
Partis politiques autres que le Parti au pouvoir de fonctionner normalement
en interdisant leurs réunions, etc. Le chapitre sécuritaire
se résume par des assassinats, des arrestations arbitraires, des emprisonnements
et des jugements abusifs ou sommaires, à l’endroit des citoyens
innocents et des militants des autres partis. Sous de fallacieux prétextes,
comme l’appartenance présumée au Palipehutu-FNL.
Burundi-processus de paix
Négociations de paix : le gouvernement se satisfait déjà des
avancées enregistrées.
Bujumbura le 23 mai 08 (SurviT-Banguka)
Les délégués du gouvernement burundais dans les travaux
du MCVS se réjouissent déjà des avancées des
négociations. Bien que la population déplore toujours l’intensification
de la guerre dans tout le secteur fief de la rébellion des FNL. Selon
le général de brigade Lazare Nduwayo, représentant du
gouvernement dans ces travaux, les négociateurs ont trouvé un
compromis sur le mandat des équipes mixtes de liaison (EML).
Ces groupes
seront en effet, considérés comme des appendices du MCVS. Des équipes
restreintes, dont la mission sera de se positionner sur les couloirs où passeront
les combattants du Palipehutu-FNL pour se rendre aux zones de rassemblement.
Bien plus, ces équipes seront mises à contribution pendant
les opérations de démobilisation. Le général
Nduwayo révèle en outre que la Facilitation a déjà soumis
aux deux équipes du MCVS un document portant sur le plan des opérations
conjointes pour le rassemblement, le désarmement, la vérification
du statut de combattant et la démobilisation des combattants du Palipehutu-FNL.
La partie gouvernementale, explique-t-il, a déjà apprêté les
contributions à verser dans ce document. « Mais le Palipehutu-FNL
a requis la journée de mercredi pour pouvoir le parcourir dans son
entièreté avant qu’il ne soit analysé en plénière
le jeudi 22 mai », bémolise le général de brigade.
Reste qu’à la question de savoir si les Burundais peuvent espérer
bientôt une cessation des hostilités, le même général
estime que cette question relève directement des prérogatives
du directoire politique et non du MCVS. Il reconnaît, toutefois, que
la cessation des hostilités devrait être une urgence, dans la
mesure où il serait aberrant de « négocier » dans
un environnement de guerre.
|