Actualité du 24 mars 08 (SurviT-Banguka)
Burundi-politique
Inquiétant dysfonctionnement institutionnel
Bujumbura le 24 mars 08 (SurviT-Banguka)
La crise qui secoue l’Assemblée Nationale devient de plus en
plus inquiétante au Burundi. Cette institution sans bureau est en
effet totalement paralysée, incapable de voter la moindre loi. Son
président Pie Ntavyohanyuma est, quant à lui, incapable de
s’affranchir de l’emprise de Jérémie Ngendakumana,
président de son parti, qui lui dicte des directives. La confusion
est totale.
Dans une déclaration rendue publique le 22 mars dernier,
l’association des anciens parlementaires invite le président
de la république à sortir de son silence maladive pour redresser
la situation. «Le président doit user de ses pouvoirs constitutionnels
pour résoudre cette crise qui mine l’assemblée nationale,
sinon, toutes les institutions vont chavirer», explique l’honorable
Evariste Ngendakumana, président du Cercle Consultatif des Anciens
Parlementaires (Cecapa).
Si rien n’est fait, les corps de défense
et de sécurité peuvent s’engouffrer dans la brèche
qui leur est ouverte pour renverser les institutions. Bien plus, le mouvement
FNL qui mène toujours une guerre sans merci contre la population civile
peut profiter de la confusion pour multiplier les attaques, afin de prendre
le pouvoir par la force du canon. «Si le leader rebelle Agathon Rwasa
refuse de reprendre les négociations sans que l’Assemblée
Nationale lui ait voté l’immunité, c’est qu’il
est pertinemment convaincu que cette dernière est aujourd’hui
incapable de se réunir en Congrès pour voter cette immunité,
il demande l’impossible en connaissance de cause», fait observer
l’honorable Evariste.
Mais au chapitre des réactions possibles,
d’aucuns estiment que la population peut aussi déclancher un
vaste mouvement de révolte pour écourter le mandat du parti
présidentiel, incapable de gérer le pays et de ramener la sécurité.
Mais ce serait aussi mettre de l’huile sur le feu, car les miliciens
de ce parti se rueraient automatiquement sur les manifestants pour les réduire
en cendres. Parlement de la EAC : refus de la liste burundaise.
Bujumbura le 24 mars 08 (SurviT-Banguka
Les neuf députés burundais, désignés dare-dare
pour aller siéger dans le cadre de la East African Legislative Assembly
devront attendre encore avant d’empocher la cagnotte de 5000$(par mois)
d’honoraires. Le CNDD-FDD a eu beau dépêcher une délégation
en Tanzanie pour convaincre le président de cette institution régionale,
le niet est catégorique. Et la liste burundaise est refusée.
L’honorable Jean Minani (FRODEBU) qui faisait partie de la délégation
du CNDD-FDD est rentré bredouille. Les partis FRODEBU et UPRONA qui
avaient contesté leur approbation au forcing saluent ce refus.
Et
Aloys Rubuka, président- candidat du parti UPRONA, caresse encore
l’espoir d’intégrer finalement cette prestigieuse institution,
au détriment du candidat Frédéric Ngenzebuhoro, à qui
le major Pierre Buyoya avait pourtant jeté son dévolu. Dix
députés sur quinze élus de l’UPRONA s’étaient
rebellés contre l’état-major de leur parti en soutenant
la candidature de Ngenzebuhoro. C’est ainsi qu’ils ont été suspendus
du parti.
Burundi-sécurité.
La main criminelle frappe encore à Gitega.
Bujumbura le 24 mars 08 (SurviT-Banguka
Cela fait plus d’un mois que des assassins non identifiés ont
froidement abattu deux cadres tutsis en plein centre ville de Gitega. Comme à ses
habitudes, la police a démarré et terminé ses enquêtes
sans mettre la main sur les criminels.
Quelques jours après, les mêmes
tueurs ont surgi dans un bistrot et ont ouvert le feu sur un groupe de tutsis.
Une enquête a été ouverte. Puis rien. Les tueurs hantent
toujours la même ville, et les tutsis restent dans leur ligne de mire.
Ils ont signé un autre double homicide en abattant sauvagement deux
autres fonctionnaires tutsis, la nuit du 22 mars, en pleine ville de Gitega.
La psychose est à son comble au niveau de la population qui se sait
visée par de mystérieux tueurs. Et l’inquiétude
est d’autant plus grande que ces assassinats se commettent chaque fois
aux environs d’une position des policiers. Ce qui laisse penser à une
certaine complicité de leur part. Les réfugiés s’accrochent à l’exil
Bujumbura le 24 mars 08 (SurviT-Banguka
Malgré la promesse d’une assistance financière de la
part de plusieurs organismes onusiens, en dépit des encouragements
du gouvernement hutu, plus de 100.000 burundais réfugiés en
Tanzanie depuis 1972 refusent de rentrer dans leur pays et préfèrent
plutôt demander la nationalité tanzanienne.
Seuls 20% d’entre
eux ont décidé de rentrer. Les autres se disent inquiets de
la recrudescence des violences au Burundi et de l’impossibilité de
retrouver les propriétés foncières de leurs familles.
Mais certains observateurs estiment que ces réfugiés hutus
sont bien au courant de l’évolution de la situation au Burundi.
A l’approche de nouvelles échéances électorales,
ils seraient ainsi bien informés sur la nouvelle guerre que le très
impopulaire CNDD-FDD s’apprête à déclancher dans
le pays pour liquider ses nombreux opposants et, dans la foulée, parachever
le génocide antitutsi qui a été déclanché en
1993. C’est ainsi qu’ils préfèrent attendre pour
rentrer après cette tempête.
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