Actualité du 24 avril 08 (SurviT-Banguka)
Burundi-Assemblée Nationale
Encore un pas en arrière.
Bujumbura le 24 avril 08 (SurviT-Banguka)
Alors que certains poussaient déjà un ouf de soulagement face à la
perspective de sortie de crise à l’Assemblée Nationale,
voilà que la situation redevient, contre toute attente, anormalement
désespérée. L’honorable Pie Ntavyohanyuma, président
de l’Assemblée Nationale, a reporté pour jeudi la réunion
en plénière qu’il avait convoquée ce mercredi
pour amender le règlement d’ordre intérieur, passage
obligé pour mettre fin à la paralysie des activités
qui date déjà de trois mois.
Soit le temps de toute une session
car les vacances parlementaires démarrent le premier mai prochain.
Au niveau des différents groupes de députés, c’est
la confusion totale. Ceux du FRODEBU s’attendaient à une reprise
des activités pour mettre en exécution les engagements du CNDD-FDD.
Mais si la réunion a été reportée sans aucune
explication, d’aucuns y voient encore l’éternelle main
de Jérémie Ngendakumana, le président du parti présidentiel
qui, à côté de la clique des quatre autres généraux
de cet ex-mouvement rebelle, fait des sa volonté un véritable
ordre que Pie Ntavyohanyuma doit mettre en exécution sans se faire
prier deux fois.
« Nous ignorons encore pourquoi le compromis d’hier
n’a pas été communiqué aux députés
en séance plénière alors que les négociations
sont clôturées, mais nous estimons que le problème se
trouve encore une fois dans les rangs du CNDD-FDD où certains responsables
influents du parti auraient refusé le compromis », fait remarquer
l’honorable Pierre Claver Nahimana, président de l’ex
groupe parlementaire FRODEBU. Selon des sources proches du palais des Congrès
de Kigobe, l’honorable Irène Inankuyo, un premier vice-président
du CNDD-FDD élu dans la confusion générale le 5 février
dernier, a refusé de céder la place à un député de
l’ethnie tutsi, afin que le FRODEBU puisse placer au Bureau de l’Assemblée
Nationale Pierre Claver Nahimana, en remplacement de Didace Kiganahe (tutsi).
Afin de respecter l’équilibre ethnique comme le recommande la
Constitution.
Burundi-Sécurité.
Le FNL intensifie ses attaques
Bujumbura le 24 avril 08 (SurviT-Banguka)
Le FNL recharge ses batteries et embrase davantage la ville de Bujumbura.
Comme pour réagir aux élucubrations de la «Tripartite
Plus» (Rwanda, Burundi, Congo Démocratique et l’Ouganda
dans le rôle d’observateur) qui, dans sa déclaration publiée
la soirée du mardi 22 avril, menace de prendre des sanctions à l’encontre
du mouvement rebelle FNL s’il ne rejoint pas sans conditions le camp
de la paix et cesse immédiatement toutes les attaques sur Bujumbura
et ses environs.
A peine le ministre burundais de la Défense et des
Anciens Combattants finissait sa lecture d’une déclaration circonstancielle
qu’une pluie de bombes et autres requêtes version Katioucha s’abattait
sur la ville. Plusieurs obus ont été largués dans différents
endroits de la ville. Et l’un d’entre eux est tombé sur
le bâtiment de la Nonciature apostolique (représentation du
Saint Siège au Burundi). L’armée reconnaît que
le bâtiment du Nonce a été endommagé.
"La
nuit dernière, les rebelles ont tiré, durant toute une heure,
une dizaine d’obus sur la ville. Ils étaient sur les montagnes
qui surplombent la capitale…malheureusement, un des obus est tombé sur
le bâtiment de la nonciature apostolique où il a occasionné d’importants
dégâts matériels », explique le colonel Adolphe
Manirakiza, porte-parole de la FDN. D’autres obus sont par ailleurs
tombés sur le Campus Universitaire de Kiriri, et dans d’autres
quartiers de la ville comme Jabe. On ne déplore heureusement aucune
perte humaine. Plaidoyer pour une sécurité collective dans la région
des Grands Lacs.
Bujumbura le 24 avril 08 (SurviT-Banguka)
Les chefs d’états-majors des armées des pays membres
de la Tripartite Plus (Rwanda, Burundi, Congo Démocratique et l’Ouganda)
se sont dit les quatre vérités, le 22 avril dernier, à Bujumbura.
Dans le cadre d’une réunion ordinaire organisée pour
plancher sur les stratégies de ramener et de maintenir la sécurité dans
cette zone historiquement infestée par une kyrielle de rébellion
aux mobiles dangereusement génocidaires.
Avant de se séparer
ces responsables militaires se sont unanimement convenus d’entretenir
une conscience d’une sécurité collective au niveau de
la sous région. Le ministre burundais de la Défense nationale
et des Anciens combattants, le lieutenant général Germain Niyoyankana
a déploré dans son mot de clôture que cette rencontre
avait coïncidé avec la reprise des attaques du Palipehutu-FNL
sur la capitale Bujumbura, ses alentours et ailleurs dans le pays.
Il en
a profité pour tendre officiellement la main à ce mouvement
pour « un retour inconditionnel » à la table des négociations
pour la mise en application des accords déjà signés
entre le gouvernement et ce mouvement armé.
Cependant, pour le ministre
burundais de la Défense nationale et des Anciens combattants, ces
attaques, qualifiées de meurtrières, constituent une « arrogance
envers la communauté internationale et un affront aux initiatives
des pays de la sous région ». Reste que la grande conclusion
de cette rencontre est que les participants ont mis sur pied « les
jalons d’une stratégie efficace » pour garantir une paix
durable dans la sous région.
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