Burundi – Sécurité
Actualité du 24 avril 09 ‘SurviT-Banguka)
Burundi-sécurité
Le pays reste une terre de violences.
Bujumbura le 24 avril 09 (SurviT-Banguka)
Le tableau sécuritaire vire de plus en plus au rouge au Burundi.
Selon le rapport de l’ONG internationale « Small arms survey »,
la Commission de désarmement de la population civile et de lutte contre
la prolifération des armes légères et de petit calibre
(CDCPA) et la ligue des droits de l’homme Iteka, en dépit du
discours officiel, le Burundi reste avant tout une terre de violences où les
gens meurent quotidiennement comme de simples mouches, sans que les auteurs
des massacres soient inquiétés. Ces organisations viennent
en effet de réaliser, grâce au soutien du PNUD, de la Suisse
et du Royaume Uni, une étude sur l’analyse de la violence armée
au Burundi. L’analyse porte essentiellement sur l’année
2008. Le rapport indique que pendant cette période, la violence armée
a fait plus de 1.000 morts et près de 1.300 blessés, soit un
taux d’homicide par arme assez élevé de 12,3 pour 100.000
habitants. « L’insécurité est une autre guerre »,
dit le même rapport.
Au chapitre des conclusions, on indique que les
jeunes hommes sont les principales victimes de la violence armée,
les femmes étant davantage touchées par les violences sexuelles
qui atteignent aussi des proportions inquiétantes. L’on estime
en effet que 15% des viols sont commis sous la menace d’une arme. Les
conséquences de cette violence sont aggravées par la difficulté d’accéder
aux soins et par les coûts médicaux et juridiques qu’elle
entraîne. S’agissant des auteurs de ces violences, le document
indique qu’il s’agit des hommes de moins de 30 ans, un profil
classique que l’on trouve dans la plupart des pays. Lors de l’enquête
menée auprès des ménages, les bandits ont été identifiés
comme première source d’insécurité, suivis des
rebelles, des policiers et des anciens combattants. Les frontières
de ces catégories sont relativement mouvantes dans la mesure où certains
bandits armés utilisent des uniformes militaires ou policiers pour
tromper leurs victimes sur leur identité. Les provinces qui sont plus
touchées sont Bujumbura-Mairie, Bubanza, Bujumbura rural.
Et contrairement
aux autres pays africains, la violence armée a lieu principalement
la nuit et à l’intérieur des habitations des victimes.
En 2008, les armes à feu ont été utilisées dans
60% des actes de violence armée. Mais une des particularités
du Burundi réside dans le fait que 22% des actes de violence armée
ont été commis au moyen de grenades. Sur le plan méthodologique,
le rapport repose sur une enquête menée auprès de 1.500
ménages dans six provinces. Les auteurs analysent l’évolution
des perceptions à l’égard de la sécurité depuis
2005, année correspondant au début du pouvoir CNDD-FDD Burundi -partis politiques
Le MSD reste dans le collimateur du pouvoir
Bujumbura le 24 avril 09 (SurviT-Banguka)
Le « deux poids deux mesures » crève les yeux : l’ancien
mouvement rebelle FNL a été récemment agréé comme
parti politique. Il a été mis un trait sur les décennies
de crimes horribles commis et ouvertement revendiqués par cette organisation.
La paix n’a pas de prix, susurrait-on à Bujumbura au moment
de l’auréole des FNL. Curieusement, au même moment, le
ministère de l’intérieur opposait un niet catégorique
au Mouvement pour la Solidarité et la Démocratie, MSD, arguant
qu’il y a un membre fondateur qui se plaint d’y jouer le figurant
alors qu’il occupe officiellement le poste de Secrétaire Général. « Nous
avons appris qu’il y a un problème interne auquel les initiateurs
de cette organisation doivent d’abord trouver une solution, nous avons
reçu une lettre officielle d’un membre lésé et
nous sommes entrain d’analyser le dossier », déclarait
Aimé Nkurunziza, chef de cabinet au ministère de l’Intérieur.
Le malaise de Déo Hakizimana, secrétaire général
du MSD ne serait qu’un prétexte pour écarter le futur
parti. Mais aux yeux de nombreux observateurs, il est absurde que le ministère
de l’Intérieur puisse s’immiscer dans la gestion d’une
organisation non encore agréée. «C’est comme si
le ministère prenait la décision d’aller remettre de
l’ordre dans une organisation rebelle, telle que le CNDD-FDD à l’époque
du maquis, les putschs y étaient légion mais le ministère
n’en disait rien », explique un acteur politique sous le sceau
de l’anonymat. En guise de réaction par rapport à ces
absurdités, Maître François Nyamoya, porte-parole de
ce mouvement, indique que le ministère de l’Intérieur
a été incapable de lui transmettre les « prétendues » correspondances
de M. Déogratias Hakizimana pour protester contre son limogeage, d’où,
a-t-il dit, « nous concluons au MSD que la correspondance n’existe
pas et même si elle existait, elle serait irrecevable par le ministère
de l’Intérieur parce que le MSD n’a pas encore d’existence
juridique dans la mesure où le mouvement n’est pas agréé comme
parti politique », déclare-t-il. Pour rappel, depuis l’introduction
du dossier MSD au ministère de l’Intérieur, il y a de
cela une année, des alibis ont été invoqués à plusieurs
reprises en vue de bloquer son agrément du MSD.
|