Actualité du 24 mai (SurviT-Banguka)
Burundi-réconciliation
Les consultations nationales seront biaisées à coup sûr
Bujumbura le 24 mai 09 (SurviT-Banguka)
Festus Ntanyungu, président du comité de pilotage du processus
de consultations nationales en vue d’aboutir sur les mécanismes
de justice transitionnelle convenables aux Burundais, déclare que
les Burundais vont finalement se vider et déballer tout le non-dit
qui entoure les massacres cycliques et violents à forte tendance génocidaire,
qui émaillent l’histoire du pays depuis plusieurs décennies.
Tout se saura dans le cadre de la commission Vérité/Réconciliation.
Mais selon des informations concordantes, ce processus est piloté de
bout en bout par des hutus dont la responsabilité dans le génocide
en question n’est plus à démontrer.
Ainsi, tout semble
indiquer que les Burundais sauront tout, sauf la vérité. Car
le pouvoir est bien décidé à lui tordre le coup et aboutir
sur des résultats qui l’arrangent. Les génocidaires hutus
peuvent rester tranquilles. Le procès verbal des prochaines consultations
est connu d’avance. Selon des sources bien informées, c’est
l’ambassadeur Procès Bigirmana qui est chargé de rédiger
le rapport de ces consultations. Pour terroriser les victimes en les empêchant
de désigner du doigt les bourreaux qui ne sont que trop connus, le
pouvoir CNDD-FDD fait tout pour démanteler les centres de déplacés
et les obliger à regagner leurs collines d’origine. Ce programme
serait à accélérer pour que les consultations démarrent
après leur retour.
C’est connus de tous les déplacés
mais curieusement, obnubilés par le gain immédiat et personnel,
les acteurs politiques tutsis ne s’en offusquent pas outre mesure. « On
nous fait rentrer de force et sur la colline nous y trouvons ceux qui ont
tué les membres de nos familles ; ils menacent de nous tuer nous aussi
se ventant d’avoir été libérés malgré les
crimes qu’ils avaient commis et c’est absurde par ce que ces
criminels sont aussi nos responsables c’est difficile pour un rescapé d’avoir
une audience chez un criminel qu’il avait publiquement accusé hier »,
s’indigne les rescapés de Karuzi.
Burundi-sécurité.
La commune de Kayogoro en deuil.
Bujumbura le 24 mai 09 (SurviT-Banguka)
L’élève du collège communal de Kayogoro, froidement
mitraillé par les policiers sur ordre de l’administrateur communal,
a été enterré le 23 mai 09. Nombreux sont les habitants
de la commune Kayogoro et ses environs qui ont assisté à l’enterrement
de Philippe Ndayizeye, scout et élève de la 7ème année
au collège communal de Kayogoro. Ils se disaient indignés par
l’attitude de l’administrateur communal qui a osé lâcher
ses policiers pour massacrer sans sommation d’innocents élèves
qui procédaient au rituel de totemisation de nouveaux membres du mouvement
d’action catholique « scout ». Ils avaient pourtant demandé la
permission au même administrateur, un mois plus tôt.
Que ce soit
les organisations de la société civile, que ce soit les simples
citoyens, le vœu ardent qui est largement exprimé est de voir
les auteurs de cette fusillade sévèrement punis. La population
a été également indignée de remarquer qu’aucune
autorité administrative n’avait daigné assister à l’enterrement
du mitraillé de Kayogoro. Le comble du cynisme est que l’administrateur
communal et le policier chef de poste à la commune Kayogoro qui avait
donné l’ordre aux massacreurs de faire feu sur les innocents
s’étaient rendus à Kigoma, en Tanzanie, pour assister à un
banal match de football.
Seule la ministre burundaise du Commerce, Mme Euphrasie
Bigirimana, s’était personnellement déplacée à Kayogoro
pour assister à l’enterrement de cet enfant. « Je ne suis
pas venue au nom du gouvernement mais j’ai été atterrée
d’apprendre que les agents de l’ordre ont froidement tiré dans
le tas des élèves sans défense et comme j’étais
scout dans ma tendre jeunesse je me suis dit qu’il fallait assister à cet
enterrement », a-t-elle déclaré. Controverse autour des armes distribuées par le service de
renseignement
Bujumbura le 24 mai 09 (SurviT-Banguka)
C’est officiel. La police présidentielle a massivement distribué des
armes parmi les populations civiles dans le but d’exacerber les violences
dans le pays. Ce secret qui n’est plus que de polichinelle est encore
dévoilé par la population, témoin de cette dangereuse
distribution. En commune Buganda de la province Cibitoke, une large distribution
de Kalachnikovs a été faite par Samuel Gahungu, chef de secteur. « Il
m’a vendu un fusil kalachnikov pour 100.000 francs burundais tout en
me disant qu’il en avait déjà vendu huit, le lendemain
il est venu me demander de lui chercher d’autres clients et quand je
lui ai montré des combattants du FNL-Palipehutu, il m’a dit
que c’était imprudent de leur donner ces armes ; trois mois
après, il est venu me demander de lui remettre le fusils car la documentation
qui les lui avait donnés les réclame », témoigne
André Barandereka, paysan de Buganda. Comme lui, de nombreux autres
paysans affirment détenir des armes qui ont été données
par la police présidentielle dans le but inavoué de faire disparaître
les opposants politiques. Aujourd’hui, ils demandent ouvertement au
gouvernement de tout faire pour récupérer ces armes.
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