Actualité du 24 juin (SurviT-Banguka)
Burundi-partis politiques: Le CNDD-FDD n’est pas encore agréé.
Bujumbura le 24 juin 08 (SurviT-Banguka)
C’est le comble du paradoxe. Le CNDD-FDD, un parti qui a plongé tout
le Burundi au fond du précipice, n’a pas encore été agréé.
La révélation est faite par l’honorable Léonce
Ngendakumana, président du parti Sahwanya-Frodebu, dans le cadre d’un
débat radio sur les tracasseries administratives imposées aux
partis politiques naissants, en l’occurrence le mouvement pour la sécurité et
la démocratie (MSD), de l’ancien journaliste Alexis Sinduhije.
Les promoteurs de ce parti butent constamment sur le refus catégorique
du ministre de l’Intérieur Venant Kamana. Il demande que le
mot sécurité soit préalablement gommé, car c’est
du domaine réservé de l’Etat. Mais pour Alexis Sinduhije,
la sécurité se veut plutôt globale : alimentaire, sanitaire,
physique, etc. Et tout citoyen est interpellé pour y contribuer. Par
ailleurs, ajoute-t-il, le parti CNDD-FDD a été agréé alors
que la partie « FDD » signifie Force pour la Défense de
la Démocratie, plus belliqueux que son projet de société,
on meurt. Bien plus, le même parti l’a prouvé, sur terrain,
en se dotant de nombreux miliciens (démobilisés, jeunes hutus,
etc.) qui font la loi aujourd’hui et qui, demain, seront certainement
mis à contribution pour mater les opposants. Dans le but de s’assurer
des voix pendant les prochaines élections.
Un autre panéliste,
en l’occurrence Léonce Ngendakumana du FRODEBU, va plus loin
en rappelant que le ministre de l’Intérieur n’a jamais
agréé le parti présidentiel. « C’est curieux
mais c’est comme ça, même si ce parti refuse d’agréer
les autres aujourd’hui, il n’y a aucun texte qui matérialise
son agrément, nous l’avons accepté comme tel pour avoir
la paix, parce qu’il menaçait de reprendre les massacres des
innocents, c’est ainsi qu’il devait accorder les mêmes
facilités à l’autre rébellion des FNL ou tout
au moins faciliter l’agrément de ces partis naissants »,
explique-t-il.
Burundi-ministère de la Défense: De
forts relents de corruption
Bujumbura le 24 juin 08 (SurviT-Banguka)
L’Observatoire de Lutte contre la Corruption et les Malversations
Economiques a du flair. Il se passe quelque chose de louche au ministère
burundais de la Défense et des Anciens Combattants. Un marché bien
irrégulier vient d’être conclu, au grand dam du contribuable
qui, bon an mal an, paie quand même son dû. Plus de 300.000 dollars.
C’est le montant approximatif, correspondant au manque à gagner.
Selon Gabriel Rufyiri, président de cette organisation, ce deal controversé consiste à l’achat
de 30.000 tenues militaires à raison de 25$ l’unité.
Un marché lancé dare-dare pour ne pas rater le prochain rendez-vous
du premier juillet (commémoration de l’indépendance).
Mais le diable est dans les détails.
« En réalité,
ce qui révolte est que le marché se veut être plus clair
que celui de l’année dernière alors qu’à cette époque,
le prix d’une tenue était estimé à 15$ en tenant
compte des frais des différents commissionnaires, or cette année,
on a préféré gommer les commissions, malgré cela,
le prix reste artificiellement gonflé, c’est du vol et les coupables
doivent en répondre », explique Gabriel Rufyiri.
Burundi-élections: Contestation des listes
bloquées.
Bujumbura le 24 juin 08 (SurviT-Banguka)
Depuis quelques mois, le gouvernement burundais organise des débats
sur la décentralisation. Car, dit-on, pour être efficace, le
pouvoir doit se rapprocher de la population et les dirigeants, élus
dans un contexte démocratique, doivent rendre compte aux électeurs,
du résultat de leur boulot.
C’est cela le message dans toutes
les communes du pays. Et cela plaît à la population. Mais pour
jouer franc jeu, la même population demande le droit de désigner
ses guides, notamment les élus locaux, non pas sur base des listes
bloquées comme ce fut le cas en 2005, mais sur présentations
de candidatures indépendantes. Car ils sont, tous, déçus
aujourd’hui. Et la déception est mêlée d’une
certaine frustration liée au fait que ces élus qui cafouillent
n’ont pas de compte à rendre à leurs électeurs.
Ils se croient simplement redevables envers ceux qui, par amitié ou
complicité ou affinité ethnique, les ont glissés sur
la liste des candidats. En province de Muramvya (centre ouest), les participants
cachent mal leur raz le bol. Ils indiquent que la reprise de la formule des
listes bloquées risquerait de constituer une entrave à la décentralisation.
« La
manière dont les organes élus au niveau communal ont été mis
en place à travers la formule de listes bloquées, met un frein à l’obligation
de rendre compte aux collectivités locales censées être
les bénéficiaires de la politique de décentralisation »,
fait remarquer un des participants, avant d’ajouter qu’à la
faveur des manœuvres clientélistes, des incompétents se
sont glissés dans la constitution des listes bloquées des candidats
aux conseillers communaux en 2005. C’est pour cela que ces élus
ont tendance à mépriser l’électorat potentiel.
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