Actualité du 24 juin 09 (SurviT-Banguka)
Burundi –sécurité
Des engins de mort enfouis dans un ménage
Bujumbura le 24 juin 09 (SurviT-Banguka)
On ne le dira jamais assez, les Burundais sont assis sur une poudrière.
D’une part parce que le parti présidentiel a décidément
pris l’option de la politique de la terre brûlée en
armant massivement les démobilisés pour les lâcher,
le moment venu, sur les opposants de tous poils ; mais d’autre part,
parce que la galaxie d’anciens mouvements rebelles (dont le CNDD-FDD)
qui sont aux commandes aujourd’hui n’ont jamais réellement
désarmé leurs
combattants. Au lieu de le rendre à l’armée, ils ont
plutôt pris soin de cacher tous leurs arsenal dans des endroits supposés
sûrs, afin de se jeter dessus à la première occasion.
Ce trop-plein d’engins de mort enfouis sous terre vaille que vaille
commence à se laisser déterrer, au grand étonnement
de la population qui croyait que le pire est derrière. En zone Mubone
de la commune Mutimbuzi, une centaine de bombes de type « mortier
60» ont été déterrées
dans un ménage suite à la dénonciation des voisins
(dont des démobilisés) qui étaient au courant de cette
cache dangereuse. Comme toujours, la police s’est saisie de l’affaire
mais l’on ne se fait plus d’illusion sur les résultats
de ces investigations. La seule idée qui laisse penser à d’autres éventuelles
macabres découvertes est que les démobilisés, seuls
témoins privilégiés de ces nombreuses caches, sont
eux-mêmes
divisés, selon leur appartenance politique. Ceux qui ne sont pas
inféodés
au CNDD-FDD sont prêts à tout déballer pour contribuer à déminer
le terrain avant les élections.
Burundi-élections
La CENI manque cruellement de moyens
Bujumbura le 24 juin 09 (SurviT-Banguka)
Mise sur pied en mars dernier, la Commission Nationale Electorale Indépendante
(CENI) n’est toujours pas outillée pour organiser des élections
transparentes, démocratiques, libres et indépendantes au Burundi.
Au cours d’une réunion qu’il a organisée à l’intention
des leaders des partis politiques agréés, le 23 juin à Bujumbura,
l’ambassadeur Pierre Claver Ndayicariye, président de cet organe,
a déploré une fois de plus le manque de volonté du gouvernement
de lui doter rapidement les moyens pouvant lui permettre d’honorer
ses engagements. « Certains partis politiques sont déjà en
pleine campagne électorale, nous le voyons mais nous ne pouvons pas
les en empêcher car nous attendons des textes qui régissent
les futurs élections…à vous les acteurs politiques de
vous accorder, avec le ministère de l’Intérieur, sur
ce qu’il faut changer ou garder au niveau du code électorale,
de la loi communale, etc.….
Si vous ne le faites pas nous allons organiser
des élections en tablant sur les textes qui ont servi en 2005 et
je dois vous dire que nous avons déjà préparé une
simulation de calendrier électoral qui va être automatiquement
appliqué si rien n’est fait d’ici la fin de ce mois
de juin, nous estimons que le futur président de la République
devra prêter serment le 26 août 2010 », fait remarquer
le président de la CENI. Au moment de sa dernière sortie
médiatique
depuis la commune de Gasorwe en province de Muyinga, le président
de la république avait indiqué que le gouvernement a déjà donné à la
CENI plus de 300 millions de francs burundais. « Nous leur demandons
d’évaluer le coût de leurs besoins ce n’est pas
l’argent qui manque » disait le Président Pierre Nkurunziza. « Nous
n’avons que 104 millions de Fbu sur notre compte, c’est largement
insuffisant », rétorque Pierre Claver Ndayicariye.
Rwanda-génocide.
Le Tribunal pénal prononce son verdict pour un ministre génocidaire.
Bujumbura le 24 juin 09 (SurviT-Banguka)
Le 22 juin dernier, Le Tribunal Pénal International pour le Rwanda
(TPIR) a condamné M Calixte Kalimanzira, ex ministre de l’Intérieur, à 30
ans de réclusion. Classé parmi les organisateurs du génocide
de 1994, il est principalement accusé d'avoir trompé des milliers
de tutsis en leur conseillant d'aller se cacher sur une colline Kabuye, où ils
se sont fait directement massacrer. Basé à Arusha, le TPIR
a donc jugé ce proche allié du président et du Premier
ministre rwandais au moment des massacres, coupable de génocide et
de complicité de génocide. "Oui, c'est 30 ans", a
déclaré aux médias Bocar Sy, porte-parole du TPIR.
Agé de 54 ans, Kalimanzira a été arrêté en
2005. Il a été inculpé la même année par
le TPIR pour avoir encouragé des milliers de civils tutsis à se
réfugier sur les hauteurs d’une des collines de la commune de
Ndora, avec la promesse de les y protéger et de les nourrir. Or, ces
milliers de personnes, une fois arrivées là-bas, ont été massacrées,
en présence du ministre. Sa condamnation porte à 38 le nombre
de verdicts rendus par le TPIR concernant le génocide, qui avait fait
plus d’un million de
morts au sein de la minorité tutsie. Six d'entre eux ont été des
acquittements.
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