Petit arrêt sur l’apostrophe
du Conseil National de la Communication.
Après des mois de léthargie dans un univers médiatique
qu’elle ne maîtrise pas, Vestine Nahimana, présidente
du Conseil National de Communication, est finalement sortie de ses gonds,
le week-end dernier. Mais là encore, c’était malheureusement
pour ne rien dire. Sinon que pour fustiger les agences en ligne dont le ton
n’est pas assez laudatif vis-à-vis des multiples dérapages
et de l’orgie meurtrière du pouvoir CNDD-FDD. Et visiblement,
Vestine Nahimana n’a pas parlé de son initiative. Car elle était
si mal dans sa peau qu’elle était épouvantablement en
panne d’imagination. Manquant cruellement d’exemples pour illustrer
ses propos volontiers comminatoires.
Mais comme prévu, le site web www.tutsi.org a été cité comme
un anti-modèle pour les professionnels des médias burundais.
Ses écrits sont au vitriol. Il est ouvertement tutsisant, donc dangereusement
divisionniste. Merci pour le coup de pub. Car depuis lors, le site est sur
toutes les lèvres, depuis les différentes salles de rédaction
jusqu’au bistrot le plus reculé du pays. Mais à l’instar
des poètes de la négritude, www.tutsi.org saisit cette pierre
que lui lance Vestine Nahimana pour revendiquer ouvertement sa cause. Car
il s’agit d’un site résolument engagé pour la défense
des intérêts de la communauté tutsie du Burundi. Cela
paraît osé.
Mais c’est éminemment légitime et conjoncturellement
opportun. Car la réalité crève les yeux et le monde
doit le savoir : en 1993, des centaines de milliers de Tutsis ont été sauvagement
massacrés, victimes d’un génocide planifié et
exécuté par un cocktail d’organisations hutues, aujourd’hui
commués en partis politiques fréquentables. Au lieu d’être
traduits en justice, les auteurs de ce crime innommable ont été pris
pour de vaillants guerriers et catapultés, comme des héros,
au sommet de l’état. Pour libérer les seconds couteaux,
passablement arrêtés. Des rebelles redresseurs de torts. C’est
du roman noir. Mais c’est désormais chose faite au Burundi.
Et les rescapés tutsis s’attendent aujourd’hui à un épouvantable
remake en préparation. Pire encore, le pouvoir hutu met insidieusement
en place une politique d’exclusion politico-économique des membres
de la communauté tutsie. Si bien que si l’on n’y prend
pas garde, ils se retrouveront, bientôt, massivement mis au ban de
toute la société. Et Vestine Nahimana ne souffre pas qu’on
en pipe mot. Pour rentrer dans les rangs et être plus professionnel.
La question des ethnies est pourtant bien abordée dans l’Accord
d’Arusha, référence indiscutable de la loi fondamentale
(constitution) dans le pays. Un compromis sur les quotas dans les institutions
ou au niveau des corps de défense et de sécurité a été scellé.
Il est donc opportun d’alerter le monde sur le réel péril
qui menace les Tutsis.
Et pour éclairer la lanterne de Vestine et ses mentors, l’association
SurviT-Banguka, propriétaire du site indexé, n’avance
pas sous cagoule. A l’œuvre depuis plus de quatre ans, elle entend
organiser et structurer la communauté tutsie, pour l’amener à revendiquer
solidairement ses droits, dans un pays qui tend à les leur refuser
obstinément. Dommage que Vestine en soit offusquée. Alors que
c’est dans l’air du temps. Comme le clame haut et fort le chef
de guerre Agathon Rwasa, en revendiquant ouvertement qu’il milite en
faveur de l’épanouissement de l’ethnie Hutue.
Voici donc, pour la bonne gouverne de Vestine et ses maîtres de l’ombre,
les objectifs de cette association qui cartonne déjà: Lutter
contre l’idéologie du génocide et ses conséquences
dans toutes leurs manifestations aussi bien au Burundi que dans la région
des Grands Lacs et dans le monde. Organiser, assister et aider les rescapés
du génocide afin qu’ils recouvrent leur dignité et leurs
biens matériels spoliés, par la mise en place de bureaux de
conseil et autres formes d’assistance.
Œuvrer pour la protection
de l’intégrité physique ainsi que la défense des
intérêts politiques et économiques des membres de la
Communauté Tutsi. Initier et soutenir toute action visant à promouvoir
la solidarité entre les membres de la Communauté Tutsi.
Créer
et organiser aussi bien au Burundi qu’au sein de la diaspora Tutsi
des centres d’analyse et de réflexion sur les meilleures mode
de gestion politique et sociale du Burundi qui tiennent compte du respect
de l’intégrité physique de chaque membre de la communauté ethnique
et de l’épanouissement politique, moral, social et économique
de chaque individu sans discrimination. Promouvoir et encadrer les actions
tendant au développement économique, social et culturel de
la diaspora Tutsi. Apporter sa contribution à la recherche de la paix
intercommunautaire au Burundi. Soutenir toute pensée et tout discours
qui prône la sécurité pour tous, la démocratie,
qui respecte et rassure toutes les communautés ethniques burundaises,
la réconciliation et le développement intégral et durable
du Burundi.
A bon entendeur….
SurviT-Banguka
La rédaction
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