Actualité du 26 mai 08 (SurviT-Banguka)
Burundi-politique
Message à la nation : Pierre Nkurunziza tourne autour du
pot
Bujumbura le 26 mai 2008 (SurviT-Banguka)
C’est absurde. Alors que son pays brûle depuis plusieurs jours,
que les institutions sont paralysées depuis des lustres, que les caisses
de l’Etat sont terriblement vides, le président burundais Pierre
Nkurunziza s’est adressé à la nation, jeudi dernier,
pour ne rien dire.
La société civile et la quasi-totalité des
acteurs politiques ont été surpris de l’entendre proférer
des menaces à l’endroit des syndicalistes qui multiplient les
mouvements de grèves, sur instigation des politiciens véreux
qui ne voient que du noir dans toutes ses brillantes actions politiques. « Je
me réjouis du fait que je sois le seul président hutu, élu,
qui soit resté au pouvoir et en vie pendant près de trois ans
et vous voyez que mon pays se remet de plusieurs années de guerre
et de mauvaise gouvernance, nous volons au secours des autres pays pour participer
aux forces de maintien de la paix, notamment au Soudan, en Somalie, en Côte
d’Ivoire et bientôt au Tchad », illustre-t-il presque en
fondant en larmes.
Pour rester près du peuple auquel il doit encore
son élection en 2010, le président burundais dresse de tels
faux bilans depuis les communes de l’intérieur du pays. Il était à Kayanza
lors de son dernier message à la nation. Un message aussi improvisé que
centré sur l’accessoire. Mais son discours intéresse
davantage par ses omissions qui prouvent à suffisance que la situation
sociopolitique et sécuritaire qui prévaut dans le pays est
le cadet de ses soucis. Chaque Burundais sait pertinemment que le pays est
en guerre, les nuits sont ponctuées de violentes explosions de bombes
et de grenades, crépitements d’armes automatiques, mais Pierre
Nkurunziza n’a fait aucune allusion à cette guerre qui a déjà jeté des
milliers de personnes hors de leurs ménages, notamment dans Bujumbura
rural, Bubanza et Cibitoke qui viennent d’être ravalées
en phase IV de sécurité par les Nations Unies.
L’assemblée
nationale est paralysée depuis plusieurs mois. La session de juin
s’ouvre dans quelques jours. Mais les activités resteront désespérément
bloquée. Et Nkurunziza n’en a rien dit. L’Université du
Burundi est fermée, mais Nkurunziza n’en a rien dit. Le gouvernement
négocie avec le FNL à San Safari Club, mais le président
n’en a rien dit. Sauf pour rappeler la mise à prix de la tête
de tout présumé fauteur de trouble dénoncé. Un
million de francs burundais pour chaque dénonciation. Ce qui ouvre
une brèche aux règlements de compte.
Burundi-éducation.
Mise à terre de l’Université du Burundi.
Bujumbura le 26 mai 2008 (SurviT-Banguka)
Le soulagement est total dans les milieux du parti présidentiel.
L’Université du Burundi que l’on a toujours présentée
comme le plus grand centre de déplacés tutsis et d’autres
hutus à la solde des partis de l’opposition est finalement fermée.
Saïdi Kibeya, ministre burundais de l’Education et de la Recherche
Scientifique a décidé de mettre la clé sous le paillasson.
Près de dix mille étudiants qui logeaient dans les différents
campus de Bujumbura ont été sommés de vider les lieux.
Sous la menace de nombreux policiers qui s’étaient déployés
dans la matinée du 24 mai. Ils promettent tous de retourner dans leurs
villages pour enseigner à la population qu’elle s’est
fatalement trompée en plébiscitant massivement le parti CNDD-FDD.
Un parti qui ne peut lui offrir rien d’autre que la mort et la destruction.
Qui se fout de l’éducation de la jeunesse. Alors que c’est
cela le moteur du développement dans tous les pays. « Le pays
est cruellement mené par une clique d’ex rebelles incultes qui
se foutent de l’éducation de la jeunesse, même l’année
académique vient d’être déclarée blanche à l’Institut
National de Santé Publique et rappelez-vous qu’une centaine
d’étudiants ont été arrêtés et croupissent
dans les cachots de Bujumbura sans que personne ne connaisse pourquoi »,
s’indigne un étudiant.
Burundi-sécurité.
Le FNL déclare le cessez-le-feu, l’armée reste
sceptique.
Bujumbura le 26 mai 2008 (SurviT-Banguka)
Le mouvement rebelle FNL-Palipehutu a déclaré officiellement
l’arrêt des hostilités. L’annonce a été faite à travers
un communiqué de presse sorti le 23 mai dernier. Pasteur Habimana,
porte-parole de cette rébellion, a expliqué, à travers
les médias locaux que les combattants de son mouvement avaient bien
déposé les armes, en attendant la fin des négociations
avec le gouvernement, dans le cadre du Mécanisme Conjoint de Vérification
et de Suivi de la mise en application du cessez-le-feu. Mais l’armée
burundaise ne baisse pas la garde pour autant.
Selon le colonel Adolphe Manirakiza,
porte-parole de l’armée, cette rébellion ne respecte
pas la parole donnée. C’est pour cela qu’ils vont la juger
sur les actes et envisager la décision à prendre en fonction
de l’évolution de la situation sécuritaire sur terrain.
Entre temps, les affrontements se poursuivent dans les différentes
communes de Bujumbura rural, Bubanza, Cibitoke et Kayanza.
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