Actualité du 26 mai 09 (SurviT-Banguka)
Burundi-sécurité
Le gouverneur de Muyinga suspend les activités des jeunes « inkona » pour
y voir plus clair.
Bujumbura le 26 mai 09 (SurviT-Banguka)
Le terrain était depuis plusieurs mois occupé uniquement par
les jeunes du parti CNDD-FDD, qu’ils soient de la ligue des jeunes « Imbonerakure » ou
un melting-pot de policiers, démobilisés et autres jeunes non
identifiés. Armés de gourdins cloutés et autres outils
d’assaut simulé, ces jeunes s’adonnaient régulièrement
aux activités paramilitaires assez inquiétantes et proféraient
des menaces envers les Autres, en l’occurrence les non militants du
parti qui est aux commandes. L’administration et la police était
largement complaisantes et fermaient obstinément les yeux devant l’anarchie
montante et ambiante.
Depuis le mois dernier, d’autres jeunes plus
hardis se sont organisés pour se préparer à répondre
cet affront collectif en se livrant aux entraînements paramilitaires.
Mais les jeunes new look ont ceci de particulier qu’ils sont inconnus
de l’état major du parti aux commandes. C’est pour cela
que la situation commence à inquiéter le pouvoir. Le gouverneur
de Muyinga, Pierre Bambasi, sort de ses gonds pour arrêter la récréation.
Désormais, qu’ils soient du CNDD-FDD ou pas, ces jeunes n’ont
plus le droit de vaquer à ces activités paramilitaires fut-il
sous le signe de sport collectif. Mais rien ne semble être définitif
pour les jeunes du CNDD-FDD. Le gouverneur leur a laissé une brèche
en indiquant que pour reprendre le sport collectif, ils devront demander
la permission, comme on peut l’imaginer, elle ne leur sera pas refusée. Mitraillage des élèves à Kayogoro : la police présente
son mea culpa
Bujumbura le 26 mai 09 (SurviT-Banguka)
La police burundaise est indignée par le mitraillage, le 21 mai dernier,
d’innocents élèves du collège communal de Kayogoro,
perpétré par un groupe de policiers sous sur ordre de l’administrateur
communal Nestor Ntakarutimana. Au cours d’une réunion que Monsieur
Térence Ntahiraja, gouverneur de la province de Makamba, a organisé au
lycée de Kayogoro pour rassurer les élèves et ramener
le calme au lycée, les responsables de la police ont affirmé que
cette nième bavure est de nature à faire déborder le
vase de l’indignation. «Nous présentons toutes nos excuses
aux familles éprouvées et nous rappelons que ce geste absurde
et irréfléchi doit être uniquement assumé par
ses auteurs et non tout le corps de police, les coupables seront arrêtés
et punis mais les élèves du Lycée de Kayogoro peuvent
reprendre tranquillement leurs activités de scouts nous nous engageons
même à assurer leur sécurité », a confessé le
25 mai dernier le colonel Athanase Ndayambaje, commandant de la police de
sécurité intérieure au sud du pays.
L’intervention
de l’honorable Révérien Ndikuriyo, un ancien gouverneur
de cette province, a été inaudible car elle était littéralement
couverte par des hourras des élèves qui le prenaient pour un
rebelle invétéré qui carbure aveuglément pour
le parti au pouvoir. Sa candidature au poste de gouverneur de la province
(pour la 2ème fois) a été refusée par le sénat,
simplement parce qu’au moment où il présidait aux destinées
de la province de Makamba, il a personnellement supervisé les activités
d’une association de micro finances qui a honteusement grugé la
population.
Ce député du CNDD-FDD a été littéralement
hué par des cris des élèves en colères. Selon
les témoignages concordants, c’est le même député qui
a logé le policier chef de poste qui a ordonné à ses
troupes de tirer sur les collégiens de Kayogoro. Ce dernier est aujourd’hui
en cavale, certaines sources l’auraient localisé à Bujumbura.
D’autres signalent qu’il serait en voie de prendre le large pour
fuir la justice à l’instar du colonel Vital Bangirinama (ancien
commandant de la 4ème région militaire) commanditaire des massacres
de Muyinga en juin 2006. Burundi-santé
Les médecins décrètent une trêve sociale,
le gouvernement fait la moue
Bujumbura le 26 mai 09 (SurviT-Banguka)
Dans le souci de voler au secours de la population, les médecins
burundais du secteur public ont décidé de mettre fin à trois
mois de grève et reprendre le service normal pour un délai
de deux mois, le temps que le gouvernement s’organise pour donner suite à leurs
revendications. « Nous sommes des humains, nous ne pouvons pas rester
sourds aux appels de la société civile, des médiateurs
et de la population elle-même, c’est pour quoi nous décidons
de reprendre le travail normal » fait remarquer le docteur Pierre Claver
Hajayandi, président du syndicat des médecins du Burundi (SYMEBU).
Mais Hajayandi précise que le gouvernement doit préalablement
leur verser deux mois de salaires et cesser immédiatement les intimidations
et autres menaces de mort qui sont quotidiennement formulées à l’endroit
des médecins grévistes et surtout les leaders syndicaux. Conscient
que seul le chaos et le désordre peuvent l’arranger en ces moments
préélectoraux, le gouvernement du Burundi refuse cette main
tendue et radicalise sa position. Les médiateurs ont fini leur boulot,
dit le porte-parole du gouvernement, Philippe Nzobonariba, et les médecins
ne sont plus connus du gouvernement dans la mesure où le contrat a été rompu
avec la décision d’arrêter même le service minimum.
Ils ont franchi le Rubicon et ils en paieront le prix. Le gouvernement refuse
de payer les médecins mais les médiateurs lui rappellent que
les députés, les magistrats, les infirmiers ou les enseignants
ont eu leur paye en dépit d’une longue période d’arrêt
de travail. C’est encore le deux poids deux mesures, source de frustrations.
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