Actualité du 26 juin 08 (SurviT-Banguka)
Rwanda-génocide
Des hutus burundais accrochés par le génocide rwandais.
Bujumbura le 26 juin 08 (SurviT-Banguka)
Le gouvernement rwandais a finalement décidé de demander l’arrestation
de 79 hutus du Burundi qui ont activement participé dans le génocide
de 1994. La liste de ces criminels vient d’être officiellement
adressée au gouvernement du Burundi. En vue d’enclencher une
poursuite judiciaire à leur encontre. La nouvelle tombe comme un véritable
pavé dans la marre politique du Burundi. Et selon les analystes, cette
demande était inévitable.
Car contrairement au génocide
des Tutsis du Burundi qui reste encore impuni, les massacreurs des Tutsis
du Rwanda sont traqués, partout où ils se trouvent dans le
monde. C’est ainsi qu’aux yeux des responsables rwandais, le
Burundais ne saurait rester une tanière protégée des
génocidaires de leur communauté tutsie. Ils seront poursuivis,
adviennent que pourra. «Cette décision risque de provoquer un
véritable séisme dans le microcosme politique burundais, car
comme nous le savions déjà, ce dossier implique de hautes autorités
du pays, cela va évidemment raviver la question ethnique, dans la
mesure où les hutus du Burundi, impliqués dans les massacres
au Rwanda, vont se faire passer pour des innocents recherchés en raison
de leur ethnie. Mais la question va aussi impacter sur les relations entre
le Rwanda et le Burundi », explique le professeur Julien Nimubona,
politologue.
Le gouvernement rwandais reste intransigeant face aux génocidaires.
Mais le gouvernement burundais tarde à réagir par rapport à cet
appel. La gêne est déjà perceptible. Car après
avoir impunément commis le génocide contre les Tutsis au Burundi,
les Hutus du Burundi pourraient payer, au moins pour les Tutsis du Rwanda.
Et ce serait une parfaite justice immanente. Celle qui veut que, malgré la
faiblesse des victimes, les as du crime n’aient pas toujours le dernier
mot.
Burundi-sécurité
Le FNL garde la main sur la gâchette.
Bujumbura le 26 juin 08 (SurviT-Banguka)
La guerre est officiellement finie au Burundi. Mais des gens meurent chaque
jour, tués par des inconnus. La police enquête. Sans succès.
Mystère. Les rebelles FNL sont s’acheminent vers les zones
de pré cantonnement. Sous surveillance des militaires de l’Union
Africaine.
Mais ils refusent de se séparer de leurs armes, bien
qu’ils se sachent soigneusement gardés par des forces étrangères
de l’UA. D’autres préfèrent les laisser chez « leurs
amis » qui sont sur la colline. Pourquoi restent-ils armés
? Mystère. Le spectre de la guerre rôde toujours au pays.
Et ça fait déjà tiquer les surveillants, car au regard
de l’accord de cessez-le-feu déjà scellé par
le chef de guerre Agathon Rwasa, les Forces de l’Union Africaine
ne peuvent pas garder des combattants armés.
Selon le général
de brigade Lazare Nduwayo, chef de l’équipe gouvernementale
au Mécanisme conjoint de vérification et de suivi (MCVS),
la partie gouvernementale au MCVS s’attelle actuellement à demander
au Directoire politique de convaincre le Palipehutu-FNL à accélérer
l’envoi de ses combattants aux trois zones de rassemblement convenues
le 13 juin. C’est notamment le site aménagé en commune
Rugazi (Bubanza) et deux autres sites situés dans les provinces
de Bujumbura rural et Cibitoke.
Le général Nduwayo s’étonne aussi que sur 155
combattants venus au site de Rugazi, seuls 50 soient armés. « Le
fait que le mouvement ait suspendu l’envoi de ses combattants au site
de Rugazi témoigne de l’existence de quelques soubassements
politiques qui sous-tendent le piétinement des travaux au MCVS »,
explique-t-il, avant d’ajouter que le FNL voudrait exprimer certains
préalables à la poursuite de l’envoi de ses combattants
vers les zones de rassemblement convenus. Il s’agit notamment de la
reconnaissance du Palipehutu-FNL comme parti politique, en gardant sa dénomination
actuelle ainsi que la conclusion d’un accord technique des forces (ATF).
Burundi-Assemblée Nationale.
Pensée unique à l’Assemblée Nationale.
Bujumbura le 26 juin 08 (SurviT-Banguka)
Les députés ne chôment plus au palais des Congrès
de Kigobe. Tous les projets de lois sont rapidement et massivement adoptés,
depuis que le CNDD-FDD a chassé du palais, les députés
qui transhument vers les autres partis politiques, tout en prétendant
garder leur siège. Après le toilettage, la voie de la dictature
est donc largement ouverte pour le parti présidentiel. Et craignant
d’être virés pour un oui ou pour un non, même les
députés des autres partis (FRODEBU, UPRONA) préfèrent
rester sages dans leurs fauteuils.
Le vote se fait les yeux fermés.
Si bien que le CNDD-FDD revient parfois sur des lois déjà approuvées
pour lever les coquilles et les autres imperfections. Une honte pour un pouvoir
qui se dit démocratique. Seul Léonce Ngendakumana, président
du FRODEBU, ose encore risquer quelques mots pour protester, une fois sorti
du palais. Donc après avoir, lui aussi, participé au vote de
lois. « Sachez que le Bureau est inconstitutionnel parce qu’il
est incomplet (le président et un vice-président), monoéthnique
(tous hutu), et monopartite (CNDD-FDD), je me demande comment des lois utiles
a pays seront votées sans tenir compte des débats »,
explique-t-il. Il affirme, cependant, que les parlementaires de son parti
vont continuer à siéger.
D’abord parce qu’ils sont
des élus du peuple. Ensuite parce qu’ils doivent travailler
pour exiger que la loi soit respectée dans le déroulement des
activités.
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