Message de soutien à www.tutsi.org:
SurviT-Banguka n’est pas responsable de la communautarisation de la vie
politique au Burundi.
Le Burundi connaît depuis les années de l’indépendance
un cycle répétitif de violences à caractère politico-ethniques.
Tous les crimes de guerre et crimes contre l’humanité qui ont été commis
au cours de cette période et plus particulièrement après
1987 sont restés impunis. L’institutionnalisation de l’impunité est
devenue un mode de gouvernement depuis 1987 pour tous les pouvoirs qui se
sont succédé y compris celui du CNDD-FDD.
Toutes les tentatives de solutions à ce profond contentieux de sang
entre les Bahutu et Batutsi ont échoué. L’instauration
d’un état de droit et d’une démocratie qui rassure
tous les segments de la société burundaise restent une illusion.
Les différents accords qui ont été négociés
n’ont pas été respectés. Le plus récent étant
l’accord de paix et de réconciliation signé à Arusha
en octobre 2000 dont l’esprit et la lettre était un partage
du pouvoir entre les communautés burundaises en conflit Hutus et Tutsis.
La constitution et le code électoral actuels ont vidé de leur
substance cet accord. Un système de démocratie majoritaire
ou du nombre a été instauré au Burundi en lieu et place
d’un partage du pouvoir sur base des accords d’Arusha. La constitution
a été imposée aux Burundais. Le bras de fer qui a opposé les
Hutu et les Tutsi sur la question d’amendement de la constitution pour
y intégrer l’alternance au sommet de l’état, la
cogestion au niveau de tous les pouvoirs et la majorité de blocage
au sénat et au parlement lors des votes sur des questions sensibles
s’est soldé par une cassure entre le Président Ndayizeye
Domitien et son Vice-présidente Alfonse Marie Kadege, et par conséquent
une cassure entre les deux communautés. Cette cassure n’a fait
que renforcer la communautarisation de la vie sociopolitique au Burundi,
conséquence d’une crise identitaire sans nom au Burundi.
Le référendum sur la constitution, les élections législatives
et communales ont été organisées sur fond de litige
non résolu entre les deux communautés. Les Hutus sont sortis
vainqueurs et fiers de la révolution « rose ». Les Tutsi
en sont sortis humiliés et frustrés. La démocratie majoritaire
que les Tutsi craignaient depuis des années venait d’être
instaurée avec des risques d’exclusion politique, économique
et de l’élimination physique des Tutsi.
Les résultats des élections communales et législatives
confirment ces inquiétudes des Tutsi. Alors que l’accord d’Arusha
prévoit le partage du pouvoir entre les partis Tutsi et partis Hutu
en raison de 40% et 60% dans toutes les structures étatiques et administratives,
50%-50% dans les forces de défense et de sécurité, ces
quotas ne sont plus respectés. Pire encore, les quelques Tutsis, soi-disant
représentants de cette communauté, sont désignés
par les Bahutu et sont membres des partis hutus. En conséquence, ils
défendent l’idéologie de ces partis. L’exemple
du Ministre actuel de l’intérieur est parlant.
Les dérives déjà trop nombreuses du pouvoir CNDD-FDD
en trois années de législature renforcent ce climat de méfiance
et d’incompréhension entre les deux communautés.
Cette situation qui risque d’exploser un jour nécessite la
relance d’un dialogue qui doit être permanent entre les deux
communautés. Ce dialogue contribuera au rétablissement de la
confiance mutuelle entre les deux communautés, à la véritable
réconciliation, au retour d’une paix durable, à la stabilité du
pays ; condition sine qua none à la cohabitation pacifique entre les
membres des différents segments de la société burundaise
et au développement intégral du Burundi.
Ce dialogue entre les représentants élus et mandatés
par les communautés hutu et tutsi n’a pas encore vu le jour.
Les burundais assistent plutôt à un monologue entre les Bahutu
: négociations entre le CNDD-FDD et Ndayizeye Domitien, les négociations
entre le CNDD-FDD de Nkurunziza et le PALIPEHUTU – FNL qui s’éternisent.
Pour toutes ces raisons, je félicite et encourage les initiateurs
de l’association SurviT-Banguka qui ont eu le courage d’anticiper
et d’assumer leur identité tutsie.
Au Burundi, les temps sont révolus. Les communautés Hutu,
Tutsi et Twa sont reconnues par la Constitution. Les Tutsi n’ont-ils
pas le droit de s’organiser en une véritable communauté pour
défendre leurs intérêts et ceux des autres communautés
? N’ont-ils pas le droit d’avoir leur vitrine ou portail sur
le Net ? Les Hutu s’organisent depuis belle lurette et disposent de
beaucoup de sites, le plus ancien étant l’académie hutue
qui a été renommé AGnews. Quand le CNDD-FDD et le pouvoir
de Bujumbura organisent plusieurs recensements ethniques pour compter le
nombre de Hutu et Tutsi des différents corps : Forces de Défense
et de Sécurité, police nationale et fonctionnaires de l’état,
c’est normal ! Mais quand SurviT-Banguka créé et alimente
son site www.tutsi.org pour dénoncer les crimes commis envers les
Tutsi et le plan macabre en préparation contre ces derniers, le CNC
crie scandale.
Courage, chers compatriotes. Le travail que vous faites vous honore. Quelle
que soit l’issu de votre lutte, l’histoire retiendra votre bravoure,
votre courage, votre détermination et votre engagement pour la survie
des burundais, plus particulièrement les Tutsi, victime d’un
génocide. Les nombreux documents et photos qui sont sur votre site,
preuves des crimes commis aujourd’hui et hier contre les Tutsi dérangent.
Le message du CNC prouve à suffisance que vous faites du bon travail.
La majorité des Tutsi apprécient à juste valeur votre
travail très remarquable et sont avec vous.
Avenir Iteriteka, Bujumbura – Burundi.
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