Actualité du 27 mai (SurviT-Banguka)
Burundi-sécurité
Nouveau compromis sur l’arrêt des hostilités.
Bujumbura le 27 mai 08 (SurviT-Banguka)
Le général Evariste Ndayishimiye et le porte-parole des FNL
Agathon Rwasa ont décidé de signer le cessez-le-feu. Sous l’œil
des délégués de la médiation et de la communauté internationale.
Cette dernière promet de ravitailler les combattants du mouvement
rebelle FNL, pour autant que leurs responsables les auront bien rassemblés
dans des endroits connus et accessibles.
Aux yeux de cette nébuleuse
communauté internationale, les comptes de la guerre civile devraient être
enfin soldés au Burundi. Après la signature de ce papier qui
sanctionne quelques jours d’intenses négociations à l’hôtel
San Safari Club de Bujumbura. Signée au courant de la matinée
du 26 mai, leur déclaration conjointe stipule un arrêt sans
condition des combats.
« Nous, le Palipehutu-FNL (branche politique
de la rébellion) et le gouvernement du Burundi, siégeant au
sein du directoire politique, déclarons en date du 26 mai 2008, la
cessation immédiate des hostilités », indique le document. « La
signification de cette déclaration pour le gouvernement du Burundi
et le Palipehutu-FNL est que la guerre s'arrête enfin et que tous les
Burundais profitent d'une paix durable et de la stabilité »,
poursuit le texte.
La médiation sud-africaine dans le conflit burundais
garantit par ailleurs l’application immédiate de cet engagement. « C'est
la première fois qu'on signe une telle déclaration de cessation
des hostilités. Pour le Palipehutu-FNL, cela signifie que la guerre
s'arrête pour toujours », a explicité, via les médias
locaux, Pasteur Habimana, porte-parole de la rébellion. Agathon Rwasa,
président du PALIPEHUTU-FNL, est attendu à Bujumbura autour
du 4 juin prochain.
Selon certains observateurs, il aurait plutôt décidé de
se jeter à l’eau. Pour préparer son futur parti à préparer
le terrain pour gagner les élections de 2010. En paraphant le papier
les deux leaders rebelles savent pertinemment qu’ils ouvrent un autre
front, une autre bataille tout aussi rangée : celle des miliciens
(démobilisés ou encore sous les drapeaux) du CNDD-FDD qui essaiment
toutes les communes du pays et dont la mission n’est autre que d’instaurer
un climat de terreur en vue d’une autre victoire du parti au pouvoir.
De nombreux acteurs politiques retiennent aujourd’hui leur souffre,
pour voir ce qui adviendra.
Quoi qu’il arrive, les Tutsis n’ont
pas le droit de baisser la garde car rien n’exclut qu’au-delà du
discours officiel, ces organisations hutues se soient aussi accordées
sur un autre agenda que chaque tutsi pourra facilement deviner.
Burundi-politique.
Pierre Nkurunziza passe à côté des négociateurs.
Bujumbura le 27 mai 08 (SurviT-Banguka)
C’est à se demander si le président burundais Pierre
Nkurunziza est réellement intéressé par l’issue
des négociations en cours à Bujumbura, entre les délégués
du mouvement rebelle FNL et son gouvernement. Alors que la guerre fait rage
dans le pays, que toute l’attention de la communauté internationale
a les yeux braqués sur chaque avancée dans les débats
en vue de conclure un cessez-le-feu, Pierre Nkurunziza fait plutôt
bande à part et passe le plus clair de son temps à diaboliser
le mouvement rebelle autant que les autres acteurs politiques qui sont devenus
ses opposants.
Et partant des ennemis jurés de son peuple qu’il
aime tant. Il ne rate aucune occasion pour le lui rappeler afin de barrer
la route à tous les présumés prétendants à son
trône. Comme le président se nourrit du chaos, il fait tout
pour le créer, en annonçant notamment l’existence de
bandes terroristes encore mystérieuses, dont l’objectif est
de déstabiliser le pays.
Le peuple doit rester vigilant, particulièrement
en cette période. Pierre Nkurunziza surfe sur le registre de la guerre
et de la confrontation. Il prend soin de taire toute idée qui rassure.
Son gouvernement cosigne une déclaration de cessez-le-feu, cela ne
l’émeut pas outre mesure. Il n’en fait même pas
de commentaire. Personne ne comprend pourquoi le président burundais
joue au touriste indifférent au sort de la population.
Au moment où plusieurs
dizaines de milliers d’habitants de Bujumbura rural dorment à la
belle étoile, sur fond de bruits de bombes, Pierre Nkurunziza est
en campagne au propre comme au figuré. Et il évite soigneusement
la capitale Bujumbura où se vit en particulier cette horreur de l’insécurité.
Il fuit le réel comme dirait le philosophe. A peine rentré d’une
visite de près d’une semaine dans la province de Kayanza, où il
a multiplié bains de foule et promesses à ne jamais tenir,
le voilà qui s’envole pour la Libye. En vue d’une visite
de travail et de réchauffement des relations diplomatiques entre les
deux pays. Selon le dernier décompte de l’Observatoire burundais
de l’action gouvernementale, le président burundais a passé plus
de 100 jours à l’intérieur du pays, aux côtés
de la population, depuis le mois de janvier de cette année. Sans compter
les jours passés à l’étranger.
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