Actualité du 27 juin 08 (SurviT-Banguka)
Burundi-sécurité
La société civile de la sous-région vient à la
rescousse.
Bujumbura le 27 juin 08 (SurviT-Banguka)
C’est peut-être déjà enterré dans l’esprit
du volatile président burundais Pierre Nkurunziza. Mais le message
est passé. Et il y a toujours péril à la demeure ! Les
sapeurs-pompiers sont donc toujours les bienvenus. Dépassé par
les événements, Pierre Nkurunziza a, en effet, fait appel aux
gouvernants de la région et à la communauté internationale
pour voler à son secours et l’aider à contenir le feu
qui embrase son pays. C’était le 27 avril dernier.
Au lendemain
d’un assaut foudroyant, lancé par le FNL sur Bujumbura et les
provinces avoisinantes. Son SOS a touché du doigt la fameuse doctrine
de la Responsabilité de Protéger (R2P), formellement entérinée
par les Nations Unies lors du Sommet mondial de 2005. Il s’agit d’un
engagement historique des gouvernements qui transcende le concept de souveraineté en
reconnaissant à la communauté internationale la responsabilité de
protéger les populations contre les génocides, crimes de guerre,
crimes contre l’humanité et conflits ethniques lorsqu’un État
est dans l’incapacité d’intervenir. C’est précisément
ce volet que la Communauté Est Africaine se propose d’exploiter
par le biais des organisations de la société civile.
Car les
représentants de la société civile ont un rôle
important à jouer dans la conversion de cette norme juridique en un
instrument efficace pour la promotion de la paix et la défense des
droits humains. Dans le cas du Burundi, il est évident que l’État
est incapable de protéger ses citoyens des violences, ce qui explique
cet appel lancé à la communauté internationale. C’est
ainsi que l’association des Avocats de cette organisation régionale
(East African Law Society à laquelle le barreau burundais est affilié)
vient de proposer de tenir une conférence de représentants
de la société civile à Bujumbura les 22 et 23 juillet.
La réunion va brasser des experts de la société civile
des différents pays.
Elle leur permettra, peut-être, de se mettre à l’avant-scène
du processus de paix et leur donnera l’opportunité de contribuer
efficacement à la mise en œuvre de la doctrine de la responsabilité de
protéger, et d’analyser l’Accord de Paix et de Réconciliation
pour le Burundi, signé à Arusha, le 28 août 2000. En
plus d’une vingtaine d’experts régionaux et panafricains,
les organisateurs y ont aussi convié tout parlementaire ou membre
de gouvernement, qui démontre un engagement soutenue dans la résolution
pacifique du conflit. AMANI Forum et AWEPA promettent aussi d’appuyer
l’organisation de cet atelier auquel sont également invités
des membres influents de la société civile et de la communauté juridique
burundaise. Les résolutions seront présentées au président
ougandais Yoweri Museveni qui est aussi le président de l’Initiative
régionale de paix au Burundi et Président du Sommet de la Communauté Est
Africaine.
L’Union Européenne râle
Bujumbura le 27 juin 08 (SurviT-Banguka)
Le climat politico sécuritaire est délétère
au Burundi. La communauté internationale en prend acte. Dans une conférence
organisée par l’Union Européenne le 25 juin dans les
enceintes de l’ambassade de France au Burundi, les différents
représentants des pays européens se sont dits outrés,
face à la violation massive des droits humains. Et chacun désigne
du doit le parti présidentiel (CNDD-FDD) comme responsable de ces
dérapages.
C’est inacceptable que les libertés politiques
continuent à être bafouées au Burundi, déclare
Joël Jouvet, ambassadeur de la France au Burundi, que des gens continuent à mourir
comme des mouches et que même les timides avancées dans les
négociations avec le FNL soient bloquées par la mauvaise foi
du pouvoir, donc du parti qui en a le contrôle. M. Roeland Van De Geer,
envoyé spécial de l’Union Européenne pour la région
des grands lacs, lui emboîte le pas.
Ce dernier vient en effet d’effectuer
une visite de quatre jours au Burundi. Sous la double casquette de membre
de l’Union Européenne et du Directoire politique de la Médiation,
ce diplomate a indiqué à la presse locale et internationale
que la situation du pays est alarmante.
Les 22 députés récemment radiés du Palais des
Congrès l’ont été injustement, comme d’aucuns
ont pu en exprimer l’indignation. Bien plus, le refus d’agrément
des partis politiques qui en ont exprimé la demande est une aberration,
dans la mesure où les libertés politiques sont reconnues à tout
un chacun.
Parlant du Palipehutu-FNL, l’ambassadeur hollandais De Geer révèle
qu’à travers ses entretiens avec le président du Palipehutu-FNL,
Agathon Rwasa et le chef de l’Etat burundais, Pierre Nkurunziza, il
apparaît qu’il subsiste des réminiscences de méfiance
de part et d’autre. Mais des signes de volonté de collaboration
sont perceptibles, surtout au niveau du Mécanisme conjoint de vérification
et de suivi (MCVS) de l’Accord de cessez-le-feu du 06 septembre 2006.
Les grandes préoccupations de l’heure portent sur la réécriture
de l’histoire (contrat social), la participation du Palipehutu-FNL
dans la vie politique et l’intégration des éléments
du mouvement rebelle dans les corps de défense et de sécurité. « Des
dossiers complexes », reconnaît l’ambassadeur hollandais
qui se dit cependant optimiste sur l’issue de la synergie actuelle
entre la facilitation sud-africaine et le Directoire politique agissant à titre
de « boussole ».
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