Actualité du 26 décembre 07
(SurviT-Banguka)
1. Burundi- malversations économiques
L’OLUCOME débusque un autre pot aux roses.
Bujumbura le 26 décembre 07 (SurviT-Banguka)
La machine de corruption et de malversations économiques reste bien
huilée au Burundi. Au lendemain des brûlants dossiers du paiement
indu de plus de 23 milliards de francs burundais à la société Interpétrole
et de plusieurs autres milliards perdus dans bradage du Falcon 50, la révélation
d’une autre grave fuite de milliards suscite l’indignation des
Burundais et du monde. Et c’est toujours grâce à l’infatigable
association anticorruption et malversations économiques (OLUCOME)
que le pot aux roses est débusqué. Selon le rapport des ses
récentes enquêtes, la cassette de l’Etat a subi un manque à gagner
de plus de 200 milliards de francs burundais dans le dossier relatif à l’achat
de 200 camions Mercedes pour le compte du ministère de la Défense
et de 200 camionnettes SAIPA que le ministère de l’Intérieur
avait commandées pour les administrateurs communaux. Lancé en
1996, le marché avait été gagné par Globex Trading
Corporation, une société britannique. Les véhicules
ont été bien livrés et le gouvernement burundais s’est
bien acquitté de sa dette conformément au contrat bien approuvé par
Vincent Niyungeko et Athanase Gahungu, à l’époque respectivement
ministre de la Défense Nationale et des Finances. A l’instar
du dossier Interpétrole, ce dossier a été curieusement
réchauffé sur instigation de la ministre Denise Sinankwa, le
fournisseur s’est plaint de n’avoir pas été totalement
payé et la ministre a réagi par son habituel hochement de tête
approbatif. Résultat, le processus de désintéressement
total a été enclenché et plusieurs milliards ont été décaissés,
jusqu’en mi dernier. C’est sidérant.
2. Burundi-économie.
La loi des Finances n’arrache pas l’unanimité au
Parlement.
Bujumbura le 26 décembre 07 (SurviT-Banguka)
Les députés burundais restent pantois, face à l’insignifiance
de la part allouée au secteur agricole dans le projet de loi budgétaire
au cours de l’exercice 2008. Rien que 2% du budget, alors que la recommandation
des amis et autres bailleurs de fonds du Burundi est de 10%. Tenant compte
des véritables priorités du pays, au moment où la population
meurt de faim, l’Assemblée nationale suggère de majorer
les allocations du volet agricole pour augmenter la production et soulager
la population. Mais les députés s’étonnent aussi
de l’augmentation exponentielle des fonds alloués à la
Documentation Nationale (police présidentielle). Alors que ce secteur
bénéficiait au par avant de 900 millions de francs burundais,
le gouvernement lui réserve près de trois milliards de francs
burundais en 2008. C’est un peu comme si le gouvernement avait d’autres
priorités qui n’ont aucun rapport avec les besoins de la population,
nous pensons que l’essentiel n’est pas de renforcer la police
du président mais de permettre à la population de manger à sa
fin » explique l’honorable Léonce Ngendakumana, président
du parti FRODEBU.
3. Les dessous de la privatisation de Alcovit.
Bujumbura le 26 décembre 07 (SurviT-Banguka)
La Cour burundaise des Comptes lance son alerte et attire l’attention
sur les conditions de privatisation de Alcovit, une entreprise nationale
de production et commercialisation des produits d’élevage. Elle
estime que l’entreprise n’aurait pas dû être cédée à un
particulier, l’année dernière, pour seulement un montant
de 117.000$. Selon Fulgence Dwima Bakana, président de la Cour des
Comptes, l’entreprise a été vendue pour un prix largement
inférieur à sa valeur réelle. «Le terrain, les
bâtiments et les équipements valent déjà plus
de 350.000$, nous pensons que l’entreprise a été bradée
et que le marché doit être relancé pour que la vente
ne soit pas préjudiciable à l’Etat, propriétaire
de Alcovit», explique-t-il. L’irrégularité de sa
privatisation tient au fait qu’elle était initialement programmée
pour la liquidation. Et les deux régimes sont régis par deux
lois différentes. La révélation de ces irrégularités
prouve à suffisance que la transparence dans la privatisation des
entreprises publiques constitue un autre défi pour les autorités
burundaises.
4. La flambée du carburant entraîne la surchauffe du marché.
Bujumbura le 26 décembre 07 (SurviT-Banguka)
Comme le redoutait l’association des consommateurs, l’onde de
choc de la flambée du carburant fait déjà bouger les
prix des autres produits et services de base. Le gouvernement burundais a,
en effet majoré de 15% le prix du carburant à la pompe en le
faisant passer à 1.6$ le litre. Bien que cette révision à la
hausse soit la deuxième en moins de deux mois, elle n’a pas
pu calmer les ardeurs des 7 sociétés importatrices du carburant.
Ces dernières menacent encore de suspendre leur activité si
le prix au litre n’atteint pas 2$, arguant qu’elles travailleraient à perte,
compte tenu de la flambée du prix à l’importation. Ce
malaise des pétroliers, doublé de celui des consommateurs qui
crient à la surchauffe du marché des produits et services de
base, met le gouvernement dans un difficile dilemme : En permettant la montée
du prix du carburant, il suscite aussi celle des autres produits et services
(vivres, boissons, transport…) et se met à dos les consommateurs
au faible pouvoir d’achat. Mais pour éviter cette flambée,
il doit baisser les taxes sur le carburant, lesquelles lui permettaient de
payer les fonctionnaires.
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