Actualité du 28 janvier (SurviT-Banguka)
Burundi-politique.
Congrès de Muyinga : Jérémie Ngendakumana renforce
son autorité au CNDD-FDD.
Bujumbura le 28 janvier 08 (SurviT-Banguka)
On le croyait en partance vers les autres galaxies, mais il y est et y reste
: L’honorable Jérémie Ngendakumana, président
du CNDD-FDD, resserre les rangs et confirme son autorité à la
tête de cette organisation qui fait la pluie et le beau temps au Burundi.
Lors du congrès extraordinaire organisé le 26 janvier à Muyinga
(fief de Hussein Rajabu), cet ex colonel de la rébellion FDD a en
effet surpris tout le monde en ne décidant rien qui vaille vraiment
un événement. Certes l’honorable Alice Nzomukunda a été exclue
du parti, officiellement pour ces indiscrétions vis-à-vis des
défaillances du parti, durant son exil en Belgique.
Certes Mme Denise
Sinankwa, ancienne ministre des Finances en cavale depuis plus de cinq
mois, est aussi exclue du parti, mais c’est encore du périphérique.
Car Mme Nzomukunda est connue pour son franc-parler et son esprit d’indépendance,
qui lui ont valu, comme chacun sait, les foudres de l’honorables
Hussein Rajabu, au plus fort de sa tyrannie. Plus récemment encore,
elle avait signé une lettre ouverte au président de la république
pour l’inviter à s’investir dans la résolution
de la crise qui prévalait au Parlement. Elle reste donc égale à elle-même,
et rien n’exclut que demain, elle se mettra encore en travers de
la route du CNDD-FDD pour le sommer de négocier avec le mouvement
rebelle FNL. Elle reste donc hostile à la dictature.
D’où son
renvoi du parti et demain de la vice-présidence de l’assemblée,
car elle y était en tant qu’élu du CNDD-FDD, comme le
prévoit la constitution. Reste Denise Sinankwa, accusée de
détournement de deniers publics, notamment dans les dossiers Falcon
et Interpétrole. Sinankwa n’est plus au Burundi depuis plus
de cinq mois. Et elle sait bien qu’elle a servi de fusible, grillé pour
sauver la face des principaux responsables de son parti, qui ont conçu
et demandé l’application des plans de vols et autres malversations.
Son exclusion est donc un non événement. Le véritable événement
reste, en revanche, ce que les Bagumyabanga se sont dit, à huis clos,
car le congrès se tenait loin des journalistes et des autres invités.
Dans les jours à venir, le citoyen Lambda devrait remarquer les véritables
conclusions du congrès de Muyinga. Les travaux communautaires ou une campagne qui ne dit pas son nom.
Bujumbura le 28 janvier 08 (SurviT-Banguka)
En instaurant verbalement les travaux communautaires de chaque samedi matin,
le président burundais Pierre Nkurunziza vantait son attachement à la
propreté de la cité. Il s’avère cependant que
cette idée en cachait une autre ou plutôt un programme. Le parti
CNDD-FDD dont est issu le chef d’Etat profite en effet de cette occasion
pour organiser des meetings. Au départ totalement inaperçu,
ce phénomène est aujourd’hui évident, si bien
que les autres acteurs politiques en sont révoltés. «Je
l’ai vu de mes propres yeux à Kayanza et à plusieurs
reprises, les responsables du CNDD-FDD organisent des réunions chaque
fois après les travaux du samedi matin et cela frustre les militants
des autres partis qui n’osent pas se manifester, craignant d’être
automatiquement lynchés, la nuit venue», explique Pancrace Cimpaye,
porte-parole du FRODEBU. Reste que ce parti n’a jamais fait mystère
de son agacement face à ces travaux communautaires forcés,
qui privent au Burundais l’unique cadeau qu’ils doivent au président
Ndadaye.
« Ce sont des travaux illégaux car aucun texte légal
ne les instaure véritablement, mais vous voyez que le parti en profite
pour resserrer les liens et conquérir de nouveaux membres»,
conclut Pancrace Cimpaye.
Burundi-sécurité.
La Documentation nationale est comptable des tueries en cours, dixit le
FRODEBU.
Bujumbura le 28 janvier 08 (SurviT-Banguka)
Ca y est. Le voile est levé sur la main criminelle. Dans sa déclaration
du 25 janvier dernier, le parti FRODEBU déplore énergiquement
l’implication avérée des agents du Service National de
Renseignement dans les nombreux cas d’assassinats sélectifs
auxquels on assiste depuis quelques temps. Ce parti demande au gouvernement
de sévir face à ses hors-la-loi qui exécutent froidement
des innocents chaque jour. «Nous le disons sur base des témoignages
des rescapés, des voisins et des proches des victimes qui affirment
avoir bien identifié les assassins qui, le jour, sont des agents réguliers
du SNR.
Cela doit s’arrêter sinon c’est l’Etat qui
sera entrain de manger ses enfants, ces gestionnaires devraient, tôt
ou tard, répondre de leurs actes», explique Frédéric
Bamvuginyumvira, vice-président du FRODEBU. En outre, ce parti demande
au gouvernement de tout faire pour punir les auteurs de ces crimes et d’accélérer,
parallèlement, les négociations avec le mouvement FNL pour
que les criminels de tous ordres ne continuent pas à voler, violer
et tuer sous cette casquette rebelle.
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