Actualité du 27 mars (SurviT-Banguka)
Burundi-génocide
Les élèves tutsis déclarés persona non grata
au lycée de Bugendana.
Bujumbura le 27 mars 08 (SurviT-Banguka)
Ils sont plusieurs dizaines de jeunes orphelins tutsis dont les parents
ont été sauvagement hachés en 1993 par leurs voisins
hutus. Ils sont né et ont grandi dans un camp de fortune au site des
déplacés, rescapés du même pogrom et installés
vaille que vaille au site de Bugendana. Ils sont naturellement indigents,
au propre comme au figuré.
Mais en vertu d’une décision
présidentielle qui veut que l’enseignement soit gratuit pour
tous les indigents notoires, ces infortunés poursuivaient, jusque
hier, leurs études au lycée communal de Bugendana.
Mais voilà que
le directeur hutu du même établissement vient de mettre brutalement
fin à leur aventure scolaire en décidant de leur empêcher
de passer les examens du deuxième trimestre et, comme pour tout corser,
en leur attribuant systématiquement la note zéro pour tout
examen raté dans ces conditions.
Le directeur pousse encore plus loin
son extrémisme en précisant que les mêmes élèves
n’auront pas droit de suivre les cours au prochain trimestre, soit
dans près d’une semaine, si les frais scolaires en questions
ne sont pas payés. Ils avaient pourtant des cartes d’indigence
en règle, mais dans son excès de fureur, le directeur les a
toutes déchirées pour brouiller la situation.
Le désarroi
est donc total. Et ne sachant pas où donner de la tête, le responsable
du site de Bugendana a saisi le directeur provincial de l’enseignement à Gitega
pour lui soumettre ce dossier. Mais ses chances de succès s’amenuisent
comme une peau de chagrin, car le directeur de ce lycée communal n’aurait
fait qu’exécuter une décision d’un pouvoir hutu
résolu à barrer la route aux tutsis dans tous les secteurs
de la vie nationale. Haro aux militaires tutsis.
Bujumbura le 27 mars 08 (SurviT-Banguka
Les tutsis évacuent l’armée mais les hutus prennent
leur aise à la police nationale. D’aucuns s’interrogent
encore sur les raisons qui poussent le président Nkurunziza à sommer
tous les éléments tutsis de son armée à vider
les lieux avant la fin du mois de juillet.
Car il joue désormais à visage
découvert : En écrivant au ministre de la Défense pour
lui demander de les faire partir sans autre forme de procès, son directeur
de cabinet, Melchior Wagara, a agi sur ses ordres. C’est son propre
porte parole, Léonidas Hatungimana, qui vient de le confirmer au cours
d’une conférence de presse organisée à cet effet.
Le président Nkurunziza joue donc les jardiniers en connaissance de
cause.
Il a décidé de vider l’armée de toute substance
tutsie qui pourrait résister au génocide déjà planifié.
C’est pourquoi il ne s’acharne que sur ce Corps, bien que d’aucuns
savent que dans le contexte actuel du pays, rien ne justifie l’accélération
du processus de démobilisation : Le mouvement rebelle FNL poursuit
ses attaques contre la population civile, les cas de viols, de vols à main
armée et d’autres règlement de compte se multiplient
dans le pays, c’est la pagaille généralisée.
D’autres
poussent l’analyse plus loin et se demandent pourquoi le président
Pierre Nkurunziza se refuse de toucher à la police. Alors que ce Corps
de sécurité est comptable de plus de 80% de graves délits
enregistrés dans le pays. Bien plus, composé de plus de 90%
de hutus, il reste plutôt diffus et impossible à maîtriser.
Les responsables de la Police Nationale du Burundi ont publiquement avoué qu’ils
n’en connaissent pas précisément les effectifs. Ils sont
pourtant payés tous les mois et nourris tous les jours. C’est
donc une malversation organisée.
Et le silence complice du président
de la république indique qu’il a un agenda caché, sans
aucun rapport de développer l’économie nationale et de
relancer la reconstruction. N’en déplaise à tous ceux
qui voient en lui un chrétien né de nouveau qui ne ferait pas
de mal à une mouche, Pierre Nkurunziza est un pyromane à traduire
en justice. Il prépare une solution finale pour les tutsis. Réanaliser la question de démobilisation à l’armée.
Bujumbura le 27 mars 08 (SurviT-Banguka
Exit la guerre des tranchées au sein des députés UPRONA.
Face à la délicate question de détutsisation de l’armée
burundaise, tous les élus de ce parti se lèvent comme un seul
homme pour réclamer le respect des équilibres ethniques, au
risque de jeter toute une communauté (déjà éprouvée
par quinze ans dé génocide) en pâture.
Dans une déclaration
sortie ce 26 mars par les quinze députés de l’UPRONA,
reprise (le lendemain) dans le fond par l’état-major du même
parti, il est demandé au président de la république
de surseoir à cette démarche précipitée pour éviter
le risque trop évident de replonger le pays dans une autre guerre.
Selon l’honorable Angèle Niyuhire, les déséquilibres
ethniques remarquables au sein de la police sont inacceptables car les hutus
y sont exagérément représentés alors que l’Accord
d’Arusha recommande la parité, autant qu’à l’armée.
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