Actualité du 28 avril 08 (SurviT-Banguka)
Burundi-Politique
Pierre Nkurunziza s’adresse, sans conviction, à son
peuple.
Bujumbura le 28 avril 08 (SurviT-Banguka)
Après une semaine de bombardements, de morts et de larmes, le président
burundais Pierre Nkurunziza est sorti de ses gonds, le 25 avril dernier,
pour s’adresser à son peuple et au monde en vue de tenter, in
extremis, de calmer les ardeurs des organisations de la société civile
qui n’arrêtaient plus de déplorer le silence absurde du
chef de l’Etat face aux horreurs indicibles qui s’abattent sur
la population : intensification des attaques à la requête/bombe,
dégradation continuelle de la situation des droits de l’homme,
envolée systématique et continue des prix des produits et services
de base, détournements de deniers publics par les caciques du parti
présidentiel (CNDD-FDD), etc.
Le président burundais est décidément
impassible. Son cœur est si endurci qu’il n’a même
pas su condamner le bombardement du bâtiment abritant la Nonciature
apostolique, à Bujumbura. C’est ainsi que même son tardif
discours à la nation manque cruellement de substance essentielle qui
fait habituellement le message du chef dans pareilles circonstances. Car à la
manière d’un seigneur de guerre catapulté au sommet de
l’Etat pour le saigner de plus bel, Pierre Nkurunziza est apparu plutôt
serein malgré la tourmente, sans aucun trait d’émotion.
Signe que le champ de ruines ne l’émeut pas, car il est aussi
fait pour détruire. Au lieu de compatir face aux centaines de morts
de plus et de tendre la main à son frère ennemi Agathon Rwasa,
il a réitéré ses menaces à l’endroit du
mouvement FNL et lui a promis une répression sans pareil. Mais personne
n’a fait attention à ses propos dans la mesure où de
l’avis de nombreux observateurs, Pierre Nkurunziza n’a jamais
fait mystère de son projet d’entraîner le Burundi dans
une guerre totale, afin de régler définitivement la lancinante
question tutsie que le triste génocide de 1993 n’a fait qu’entamer.
Burundi-sécurité.
Agathon Rwasa défend, becs et ongles, la cause des Hutus.
Bujumbura le 28 avril 08 (SurviT-Banguka)
« Ne parlez plus du mouvement Palipehutu-Fnl mais bien du parti Palipehutu-Fnl,
nous sommes des Hutus et nous en sommes très fiers, nous n’avons
pas l’intention de le cacher à qui que ce soit », ainsi
parlait ce dimanche Pasteur Habimana, porte-parole du mouvement FNL-Palipehutu
qui de puis le 17 avril, largue des bombes sur Bujumbura et ses environs
pour forcer le pouvoir hutu à lui ouvrir la porte des institutions,
afin de prendre éventuellement le pouvoir au bout des élections
de 2010.
Pour libérer définitivement le peuple hutu du joug
d’un autre pouvoir hutu. Car aux yeux du FNL, au lieu de restaurer
la démocratie et de remettre le pays sur les rails du progrès,
le parti CNDD-FDD (autre parti hutu) n’a fait qu’empirer la situation
en tuant tour à tour hutus et tutsis, si bien qu’il est aujourd’hui
décrié de toutes parts. Agathon Rwasa se pose donc ouvertement
en libérateur du peuple hutu. Et selon son porte-parole, il fonde
la substantifique moelle de son idéologie sur un pacte social entre
Hutus et Tutsis. Les deux communautés seraient d’abord amenées à se
choisir, chacune, des représentants pour dialoguer et conclure un
véritable pacte social sur lequel se fondera désormais la cohabitation.
Et les deux communautés harmoniseraient leur lecture du passé, établiraient
les responsabilités des uns et des autres pour partir sur de nouvelles
bases sans hypocrisie.
Reprise de violences au Burundi : Coup de gueule du Conseil de Sécurité des
Nations Unies.
Bujumbura le 28 avril 08 (SurviT-Banguka)
La guerre a repris au Burundi depuis plus d’une semaine. Elle a déjà fait
de nombreux dégâts matériels et humains. Et l’on
n’est pas encore à l’heure des bilans car le feu s’intensifie
au jour le jour. Tant et si bien que même le Conseil de Sécurité des
Nations Unies se dit fortement préoccupé.
Le Sud africain Dumisani
S. Kumalo, président de ce Conseil pour le mois d’avril, a publié,
le 25 avril dernier, une déclaration qui condamne la reprise de violences
dans le pays. Il a appelé les deux parties à respecter scrupuleusement
le cessez-le-feu et a exhorté le Palipehutu-Fnl à reprendre
sa place, immédiatement et sans condition préalable, au sein
du mécanisme conjoint de vérification et de surveillance. Le
Conseil de Sécurité reste déterminé à soutenir
l’initiative régionale, la facilitation sud-africaine et tous
les autres partenaires du Burundi. Il les encourage à poursuivre leur
engagement en vue d’amener les deux parties à surmonter la crise
actuelle et à mettre en œuvre le programme d’action adopté au
Cap les 22 et 23 février 2008.
Il soutient en outre le rôle
actif du directoire politique à cet égard. Pour ce qui est
du Secrétaire Général, il lui est demandé de
jouer un rôle politique vigoureux pour soutenir le processus de paix
et tenir le Conseil étroitement informé des développements
au Burundi, y compris dans le contexte de ses rapports au Conseil de sécurité sur
le Bureau intégré des Nations Unies (BINUB). Il souligne, dans
la même déclaration, le caractère inacceptable de toute
tentative de remettre en cause par la violence la paix au Burundi, et exprime
son intention d’envisager,s’il le faut, de possibles mesures
supplémentaires pour soutenir la paix et la stabilité dans
le pays.
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