Actualité du 28 mai 08 (SurviT-Banguka)
Burundi-médias
La police divise le personnel de la RTNB.
Bujumbura le 28 mai 08 (SurviT-Banguka)
Après près de quatre semaines de grève à la
radiotélévision nationale du Burundi (RTNB), le CNDD-FDD décide
de dresser les journalistes, les uns contre les autres pour mettre fin au
mouvement et faire taire les grévistes. Parlant de nombreux syndicats
qui se complaisent dans des revendications absurdes, le président
burundais Pierre Nkurunziza les traitaient récemment d’irresponsables, à la
solde des hommes politiques de l’opposition.
Les journalistes ne se
savaient pas vraiment concernés, ni en ligne de mire. Mais dès
le lendemain, l’OPJ David Niyikiza, Commissaire de Police en mairie
de Bujumbura (le même qui a récemment tenté de faire
irruption dans les locaux de la RTNB pour corriger les journalistes grévistes),
adressait une correspondance au directeur général de la police
pour lui signifier que les quelques journalistes non grévistes sont
cruellement menacés de mort par une foule d’autres travailleurs
en grève.
Arguant par là que les travailleurs dociles méritaient
une protection policière car ils risquent réellement leur vie.
Les ministres de la Sécurité publique et de la Défense
ont eu chacun leur copie, mais celle de la Communication n’a rien eu,
autant que le directeur général de la RTNB. Ce dernier affirme
d’ailleurs que cette inquiétude n’est pas fondée,
dans la mesure où aucun journaliste au travail n’est effectivement
menacé par son confrère en grève. Au niveau de la RTNB
tout est calme, mais les journalistes n’excluent pas que des tueurs à gage
téléguidés par le CNDD-FDD peuvent commettre des forfaits
pour donner raison au policier zélé. Il y a une semaine, une
employée de ce média public a été tuée
par balles alors qu’elle rentrait paisiblement chez elle. Au même
moment, un cameraman de la télévision nationale se faisait
agresser par des inconnus armés dans son quartier. Ils l’ont
grièvement blessés.
Burundi-sécurité
Le FNL baisse la garde, les JPH prennent la relève.
Bujumbura le 28 mai 08 (SurviT-Banguka)
La nature a horreur du vide au chapitre de la violence au Burundi. Alors
que le dernier mouvement rebelle hutu actif depuis près d’un
quart de siècle a décidé d’arrêter les hostilités
le 26 mai 08, les jeunes qui se réclament d’une autre organisation
hutus (jeunesse patriotique hutue) ont rappelé à la population
que le temps de la paix doit se faire attendre encore.
La même nuit,
plusieurs dizaines de jeunes hutus ont organisé une expédition
punitive dans les différents ménages de la commune Kabezi de
la province de Bujumbura rural. Des femmes/filles ont été violées,
des canards, des poules vivantes et autres chèvres ont été volées.
Alors même que ces pauvres paysans fêtaient encore l’arrêt
des hostilités. Presque au même moment, les habitants de la
commune Mutimbuzi de la même province enduraient le même calvaire.
Mais avec d’autres bourreaux. Car des hommes en uniformes décris
le lendemain par les victimes comme étant bel et bien des militaires
de l’armée régulière ont massivement investi les
ménages de Gatunguru pour violer les femmes au vu de leurs enfants.
Le témoignage de ces derniers était émouvant. Voilà qui
fait que les Burundais restent globalement sceptiques, en dépit des
déclarations conjointes d’arrêt de guerre. Car le problème
majeur est que le crime est banalisé au Burundi. Et que ce sont les
hors-la-loi qui ont pignon sur rue. A commencer par ceux qui contrôlent
le pays.
Burundi-politique
La déclaration de cessez-le-feu sous la loupe des acteurs
politiques.
Bujumbura le 28 mai 08 (SurviT-Banguka)
Ils se disent globalement soulagés. Au lendemain de la signature de
cessez-le-feu entre le gouvernement burundais et le mouvement rebelle FNL.
Le parti FRODEBU dont on soupçonnait déjà les affinités
avec cette rébellion a été le premier à exprimer
publiquement sa joie.
Pancrace Cimpaye, porte-parole de ce parti estime que
l’événement est d’une importance capitale pour
le pays qui renoue enfin avec les chances de paix et de relance économique.
Ce parti de Melchior Ndadaye a toujours compris les revendications du FNL.
Et vice versa. Car si aujourd’hui le FRODEBU est largement présent
et représenté sur le plan administratif dans Bujumbura rural,
fief historique des FNL, c’est parce que cette branche armée
du PALIPEHUTU a fait campagne pour lui et contre le CNDD-FDD.
Les amours
d’hier peuvent donc être réactivées. Qu’importe
! Aux yeux du parti UPRONA, l’essentiel est que les Burundais aient
la paix. C’est ainsi que son président Aloys Rubuka demande
aux deux parties de respecter leurs engagements, afin de ne plus verser dans
la crise ouverte. « Nous demandons surtout à la communauté internationale
de veiller à ce qu’aucune partie de se dérobe par rapport à ses
engagements, car il faut le reconnaître, ce cessez-le-feu a été signé parce
que la même communauté internationale s’y était
engagé à fond », explique-t-il.
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