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Actualité du 28 mai 09 (SurviT-Banguka)

Burundi-sécurité

Coup de gueule de la société civile

Bujumbura le 28 mai 09 (SurviT-Banguka)

Deux mois après l’ignoble assassinat de l’ancien vice-président de l’Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques, Ernest Manirumva, les enquêtes piétinent et, comme prévu, le gouvernement se complaît dans un silence assourdissant. Son meurtre est déjà occulté par une série d’autres assassinats/enlèvements impunément commis par les éléments de la police présidentielle ou la police tout court. La situation est littéralement pourrie. Pour tenter une fois de plus d’alerter l’opinion sur cette escalade de violences organisées et curieusement supervisées par le pouvoir en place, plus de 300 associations de la société civile ont décidé d’organiser une marche manifestation à Bujumbura, vendredi le 29 mai à 14 heures locales.

Après un niet catégorique, Edouard Giswaswa, maire de la ville, se ravise et autorise cette manifestation en spécifiant que les organisateurs devront « quant au fond et à la forme, veiller à préserver l’ordre et la sécurité ». C’est en substance le contenu de la lettre d’autorisation qu’il vient de leur envoyer. Aux yeux de nombreux observateurs, le maire fait abstraction de la présence supposée d’un cordon de policiers pour encadrer cette marche manifestation. Mais il n’est pas sans savoir que les policiers burundais sont eux-mêmes une source avérée de chaos. A priori, rien n’exclut que les activistes de la société civile soient pris pour de vulgaires opposants politiques à abattre. « La société civile est beaucoup préoccupée par cette situation de harcèlement, d’enlèvement, de tueries et d’assassinats ciblés.

Ainsi, c’est dans le souci d’alerter l’opinion nationale et internationale et de contribuer à la recherche de la lumière sur les circonstances de cet ignoble assassinat et autres cas similaires, que les organisations de la société civile ont décidé une occasion de plus d' exprimer « la voix des sans voix » à travers une marche manifestation pacifique », lit-on dans une lettre de demande de permission qu’elles ont adressée au maire de la ville de Bujumbura le 26 mai 09.

Burundi-malversations

Encore des relents de corruption à la police nationale

Bujumbura le 28 mai 09 (SurviT-Banguka)

La police nationale du Burundi n’arrête pas de gaffer. Au moment où les médias braquent les projecteurs sur les multiples crimes abominables impliquant invariablement les agents de la police, voilà qu’on découvre encore un épais dossier de malversation dont les policiers sont ouvertement comptables. En province de Gitega, le millier de policiers qui sont affectés attendent encore le salaire du mois d’avril. Le montant attendu s’évalue à plus de 30 millions de francs burundais. Le commissaire Eustache Ntagahoraho, commandant de la police à Gitega, reconnaît que les salaires d’avril n’ont pas encore été versés mais il refuse d’en dire davantage.

Les policiers sont fâchés. Ils traînent à percevoir leur paye car les soldes qui leur sont destinées sont d’abord utilisées dans le commerce et les responsables en retirent préalablement un bénéfice substantiel. Le flou qui entoure le secteur de la police est aussi source de malversation. Difficile de connaître aujourd’hui le véritable effectif des policiers actifs. Des éléments fictifs ont été récemment identifiés comme ayant régulièrement été payés à chaque fin du mois de puis la réforme de la police. Le gouvernement a menacé de sévir et châtier les responsables du montage.

Mais au final des policiers tutsis ont été sacrifiés, en l’occurrence le major François Niyonkuru et Athanase Ndabirabe. Ils moisissent à la prison centrale de Mpimba. En colère, les policiers menacent de tout plaquer et d’officialiser le braquage à l’aide des armes que le gouvernement leur a données pour protéger la population. Dans le lange courant et les fusils du policier est désormais appelé « ntunsonzane, c’est-à-dire n’aie pas faim avec moi ». D’où les nombreux cas de cambriolages et autres embuscades sur les axes routiers, organisés par ces mêmes policiers.



 
 

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