Actualité du 29 avril (SurviT-Banguka)
Burundi-génocide
Evénements de 1972 : les langues se délient, le ton
reste accusateur
Bujumbura le 29 avril 08 (SurviT-Banguka)
Près de quarante ans après la tragédie de 1972 qui
a emporté de centaines de milliers de tutsis et bien d’autres
hutus, les Burundais qui tentent de se remettre d’un autre génocide
antitutsi, essaient aujourd’hui de croiser leurs lectures du film de
ces événements qui constituent encore tout le ressort des cycles
de violences qui émaillent, depuis cette date, l’histoire de
ce pays.
Dans une série d’émissions radio diffusées
sur différentes stations privées de Bujumbura, le public
suit, depuis quelques jours, les témoignages de certaines personnes
des deux ethnies Hutu et Tutsi, sur la genèse et le déroulement
de cette tragédie. La radio Bonesha vient d’inviter Zénon
Nicayenzi et Simon Simbananiye pour donner leur version
des faits : ils convergent sur un fait. Une insurrection hutu à forte
tendance génocidaire s’est déclarée dans la
nuit du 29 avril 1972 et durant cette seule nuit, plusieurs milliers de
tutsis ont été tués,
surpris dans leur sommeil ou dans d’autres occupations. Aucun hutu
n’aurait été inquiété cette nuit. Signe
que le carnage avait bien été planifié dans le sinistre
labo de l’élite hutu de l’époque, chiffonnée
par le fait que les Hutus du Burundi n’avaient jamais pu se mettre
au diapason de leurs frères du Rwanda dans le massacre et l’extermination
des Tutsis .
Et pour alimenter encore le débat, le week-end dernier,
la radio anglaise BBC qui émet en FM à Bujumbura y a consacré une
de ses émissions hebdomadaires les plus écoutées (Imvo
nivano). Ally Yusufu Mugenzi, un Rwandais qui anime cette émission
avait invité Tatien Sibomana, un tutsi militant de l’Association
anti-génocide AC-Génocide, ainsi que deux hutus, en l’occurrence
Hérménégilde Niyonzima (auteur du livre intitulé « Burundi,
terre des héros non chantés ») et Pontien Burarame, un
hutu rescapé de 1972.
Même si les langues commencent à se
délier un tant soit peu pour faire sauter les verrous des tabous,
les divergences restent profondes : Tatien Sibomana reconnaît que d’innocents
hutus ont été tués dans la foulée d’une
répression qui ne visait que quelques intellectuels hutus qui avaient
planifié et exécuté le génocide des Tutsis. Mais
Hérménégilde Niyonzima reste inébranlable dans
sa relecture des faits : le régime Micombero a planifié et
mis en exécution le génocide contre l’élite hutu,
lui-même n’aura eu la vie sauve que parce qu’il était
en 3ème primaire. « Le véritable génocide n’épargne
même pas les gosses de la 3ème primaire, sinon les génocidaires
de 1993 n’auraient pas pu moudre des bébés tutsis de
quelques mois », lui rétorque Tatien Sibomana.
Burundi-Sécurité.
Le FNL intensifie le feu.
Bujumbura le 29 avril 08 (SurviT-Banguka)
Ni l’appel des Nations Unies, ni le long discours du président
Nkurunziza, ni le Pape Benoît XVI qui, à l’issue de la
prière du Regina Coeli, a confié, dimanche dernier, sa douleur
et son inquiétude pour les nouvelles venues de plusieurs pays africains,
en particulier de la Somalie, du Soudan et plus spécialement de la
région ensanglantée du Darfour et du Burundi, rien ne semble
pouvoir amener le mouvement rebelle FNL-Palipehutu à cessez ses attaques
sur Bujumbura et ses environs.
De violents combats ont opposé ce lundi
28 avril 08, les combattants de ce mouvement à l’armée
régulière dans la commune de Isale (Bujumbura rural). Des bruits
de tirs à l’arme lourde se faisaient entendre jusqu’à Bujumbura,
la capitale du Burundi. Ces combats ont suscité un déplacement
massif des habitants de cette localité qui fuyaient les combats. Selon
le colonel Adolphe Manirakiza, il est encore trop tôt de faire le bilan,
tant au niveau des pertes matérielles que des personnes (civiles ou
militaires) tuées.
Pierre Nkurunziza s’en remet à la médiation
de Jakaya Kikwete.
Bujumbura le 29 avril 08 (SurviT-Banguka)
Le crépitement d’armes et l’explosion de bombes s’intensifient
davantage à Bujumbura et ses environs. Malgré les appels tous
azimuts, lancés aux belligérants pour arrêter les combats.
Le mouvement rebelle FNL semble déterminé à poursuivre
ses attaques jusqu’à faire plier le pouvoir CNDD-FDD.
Et face à son
intransigeance, le président burundais Pierre Nkurunziza paraît
dépassé par les événements. Il s’est résolu à l’arbitrage
de la Tanzanie, un pays d’asile d’Agathon Rwasa, leader des FNL.
C’est ainsi qu’il s’est confié au président
tanzanien Jakaya Kikwete Morisho.
Car en plus de servir de base arrière
des combattants FNL, la Tanzanie assure aussi la présidence de l’Union
Africaine et la vice-présidence de l’Initiative Régionale
pour la Paix au Burundi. Elle reste à ces titres incontournable dans
l’approche de la question burundaise. Elle vient d’envoyer un émissaire
au président burundais pour lui suggérer d’éventuelles
voies de sortie. Une réunion des présidents Ougandais et Tanzanien
et donc prévue ce 30 avril à Kampala autour du conflit burundais.
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