Actualité du 30 (SurviT-Banguka)
Burundi-Sécurité
Massacres de Muyinga : le ministre Niyoyankana s’en lave les
mains
Bujumbura le 30 janvier 08 (SurviT-Banguka)
Le lieutenant général Germain Niyoyankana, ministre burundais
de la Défense et des Anciens Combattants rejette toute implication
dans l’exécution des dizaines de présumés militants
du mouvement FNL dans la province de Muyinga en juin 2006. Il l’a déclaré ce
mardi 29 janvier 2008, dans une conférence de presse tenue dans son
cabinet. Il réagit ainsi aux allégations du colonel Vital Bangirimana,
ancien commandant de la 4ème région militaire (couvrant aussi
la province de Muyinga) et principal accusé dans ce dossier des disparus
de la Ruvubu.
«Vital Bangirinama dit que je lui aurait donné des
ordres d’éliminer tout présumé militant du mouvement
FNL dans le secteur qu’il contrôlait, mais vous savez qu’un
tel ordre ne se donne pas par téléphone, il devrait avoir un écrit
quelque part et ce que je demande maintenant, c’est qu’il revienne
pour prouver ces déclarations, au lieu de prendre le large, moi je
reste près à une confrontation avec lui devant la justice»,
explique le ministre Germain Niyoyankana (tutsi FDN).
Du coup, Vital Bangirinama
(hutu FDD) réagit depuis la Tanzanie, par téléphone
interposé, et il persiste et signe en réaffirmant que tous
ordres venaient du ministre de la Défense et du général
Samuel Gahiro (tutsi FDN), chef d’Etat-major. Il en profite en revanche
pour saluer la bravoure et le bon sens du général Godefroid
Niyombare (hutu FDD), chef d’Etat-major général adjoint
qui lui avait sagement conseillé de ne pas obéir à ces
instructions insensées. «Mais un ordre militaire reste un ordre
militaire, je devrais le mettre en exécution et je dois vous dire
que je n’ai aucun remords aujourd’hui», conclut le présumé criminel. Les combattants FNL à la porte de la capitale.
Bujumbura le 30 janvier 08 (SurviT-Banguka)
La ville de Bujumbura est bien quadrillée par de nombreux combattants
du mouvement FNL ou du parti CNDD-FDD, qui n’attendent que le feu vert
de leurs leaders pour faire feu à volonté sur la ville entière.
Ce degré d’invasion se mesure aux nombreux cas d’assassinats
et autres cas de vols à main armée. La police s’amuse
aussi à sonder leur présence en organisant à l’improviste
des fouilles perquisitions, notamment dans les communes périphériques
de Kamenge et Cibitoke.
La police a précisément opéré une
descente musclée dans le quartier de Mutakura de la commune urbaine
de Cibitoke. Au bout de cette opération surprise, des fusils kalachnikovs,
de nombreuses munitions, des tenues, des bérets et des tentes militaires
ont été débusqués. Dans la foulée, ils
ont aussi trouvé des procès-verbaux des réunions du
mouvement FNL, ainsi qu’une carte de la ville de Bujumbura dessinée à la
main. Médiation sous la houlette de Charles Nqakula : le FNL se
ravise.
Bujumbura le 30 janvier 08 (SurviT-Banguka)
Conscient de l’indifférence du gouvernement burundais ou plus
exactement sa stratégie de se hâter lentement vers les négociations
pour gérer, in situ et sur fond de force baïonnettes, les prochaines élections,
le mouvement rebelle FNL, opte pour la real politique en revenant sur ses
récentes allégations : le médiateur Charles Nqakula,
ministre sud africain de l’Intérieur et de l’Ordre, peut
désormais garder la conduite de la médiation, il lui suffira
juste de modérer ses positions pour être plus impartial, comme
devrait l’être tout médiateur.
Telle est la déclaration
faite depuis Dar Es-Salaam en Tanzanie, par Pasteur Habimana, porte-parole
de ce mouvement. Appuyé par le gouvernement tanzanien, le médiateur
avait convié les leaders des FNL et les délégués
du gouvernement burundais à une entrevue pour plancher sur les voies
de sortie de crise. La réunion a été reportée
en raison du sommet d’Addis-Abeba, mais le gouvernement burundais avait
déjà pris l’option de la chaise vide. «La mauvaise
foi du gouvernement n’est plus à démontrer, mais nous
nous l’attendrons toujours et Charles Nqakula qui a été appelé à prendre
part au sommet de l’Union Africaine nous a promis de rééditer
ce rendez-vous manqué, dès la clôture du sommet, soit
dans trois ou quatre jours», explique Pasteur Habimana.
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