Actualité du 30 avril (SurviT-Banguka)
Burundi-génocide.
Le Burundi remballe pour un autre génocide
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Bujumbura le 30 avril 08 (SurviT-Banguka)
C’est effrayant. Alors que toute la communauté internationale
prenait la réussite du processus de paix au Burundi pour un modèle à suivre,
voilà que ce pays éprouvé de façon cyclique par
des violences ethniques est de nouveau à deux doigts d’une rechute.
L’amer constat a été fait le soir du 29 avril, dans le
cadre d’un forum ouvert, organisé par une synergie de radios
privées, sur le 36ème anniversaire de la tragédie de
1972.
Ces médias avaient notamment invité les anciens présidents
de la république, les acteurs politiques les plus en vue à Bujumbura,
les figures de proue de la société civile et bien d’autres
quidams, acteurs ou témoins oculaires de ces événements
malheureux. Les participants ont été unanimes à reconnaître
qu’en 1972, des insurgés hutus venus de la Tanzanie et du Congo
Démocratique ont attaque le Burundi et ont essentiellement massacré,
de façon systématique, la population d’ethnie tutsie,
surtout dans la partie sud et sud-ouest du pays. Mais l’attaque était
préparée par quelques intellectuels hutus, avides du pouvoir.
Ce dernier a alors procédé à la répression pour
faire barrage à cet esprit rebelle et dans la foulée, des innocents
ont malheureusement été sacrifiés. « Les mêmes
intellectuels hutus ont tenté la même chose en 1988 en enseignant à la
population que le Tutsi est mauvais est qu’il faut le tuer à tout
prix pour purifier le pays et le rendre meilleur, la suite c’est ce
que vous avez vu à Ntega-Marangara, mais le pire est encore à venir,
car nous avons des preuves qui montrent que la même haine ethnique
est enseignée aujourd’hui avec la complicité du pouvoir,
ne vous étonnez pas si demain, le génocide reprend avec plus
de violence », explique Christophe Sebudandi de l’Observatoire
de l’Action Gouvernementale.
Ce que confirment aussi tour à tour
les présidents Pierre Buyoya et Domitien Ndayizeye. Mais ce dernier
considère que tous les génocides qui ont eu lieu au Burundi
avaient un seul ressort : la lutte pour des intérêts économiques,
et l’accès au pouvoir garantit, au Burundi, le contrôle
de l’économie. C’est précisément ce qui
aveugle le pouvoir CNDD-FDD qui a tout volé et qui n’ose même
plus affronter un débat public comme celui-là. Ce parti ne
répond jamais à de tels rendez-vous et toutes les flèches
sont décrochées sur lui pour expliquer l’explosive situation
dans la quelle se trouve le pays.
Des sérieux indices de préparation à Ruyigi
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Bujumbura le 30 avril 08 (SurviT-Banguka)
Pas de fumée sans feu comme dit l’adage populaire : les différents
incidents à caractère ethnique, récemment survenus coup
sur coup dans diverses communes de Ruyigi, prouvent à suffisance que
l’arme de relance du génocide contre les Tutsis est déjà bien
affûtée au Burundi.
Moise Bucumi, gouverneur de cette province,
ne cache pas son dégoût vis-à-vis de la communauté des
Batutsis qui vivent ou travaillent dans sa province. Une bonne partie d’entre
eux ont été totalement désarmés pendant que les
Hutus se font massivement armés. Elie Ngendahayo (Tutsi), administrateur
de la commune Ruyigi n’arrête pas d’essuyer les foudres
du gouverneur Moise Bucumi, chantre de l’extrémisme. Ce dernier
vient d’organiser les jeunes hutus de la province Ruyigi, sous le label
de « Ligue des Jeunes de la province » pour les préparer à la
persécution des Tutsis.
C’est dans ce cadre qu’ils ont
menacé les jeunes natifs des autres provinces, qui travaillent au
sein des différentes organisations oeuvrant à Ruyigi, les sommant
de vider les lieux, afin qu’ils puissent les remplacer. Ce mouvement
de persécution des « étrangers dans la province » est
aussi signalé dans la commune Kinyinya (même province). Ils
viennent de recevoir des colis drôles, contenant, en guise de message,
un cadavre dans un cercueil avec, au dessus, des dessins de fusils et de
machettes.
L’interprétation est sans équivoque : ce sont
ces mêmes armes qui seront utilisées pour tuer les enseignants
qui, selon le même message, proviennent essentiellement des provinces
Bururi, Muramvya, Gitega et Mwaro. Les jeunes terroristes rappellent que
les récalcitrants subiront le même sort qu’un certain
Munezero, un jeune enseignant tutsi tué en février. Le gouverneur
de la province se contente de promettre de calmer ces jeunes et de rassurer
les « étrangers ».
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