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Actualité du 30 mai 08 (SurviT-Banguka)

Burundi-Réconciliation

Justice transitionnelle : le président burundais dévoile sa mauvaise foi.

Bujumbura le 30 mai 08 (SurviT-Banguka)

Agathon Rwasa, le dernier chef rebelle officiel au Burundi a signé le cessez-le-feu le 26 mai dernier. Le ouf de soulagement a été sonore et tous azimuts. Les Burundais se croient plus près de la paix et de la réconciliation. Plus près de l’heure de vérité. Afin que les responsables des crimes ignobles qui ont émaillé leur histoire récente soient démasqués et châtiés proportionnellement à leur cruauté. Et que les autres, Hutus et Tutsis, qui n’y ont été pour rien, reprennent goût à la vie, en toute dignité.

Les mécanismes de justice transitionnelle avaient été envisagés par le gouvernement et les Nations Unies pour amener les Burundais à passer ce cap. Chacun croise les doigts et attend ce moment fatidique de vérité et de réconciliation, sans pour autant sauter la phase judiciaire. Mais curieusement, la machine semble déjà enrayée. Selon le calendrier initial, le projet aurait dû démarrer en avril dernier, pour se boucler au mois de juillet 2009. Mais rien ne bouge, du côté de Bujumbura.

Ou plutôt si. Car le président burundais Pierre Nkurunziza, un ancien chef de guerre personnellement comptable de nombreux crimes innommables, a décidé de faire piétiner ce projet qui cherche à mettre au grand jour sa véritable identité et partant la place et le traitement qui lui reviennent. Nkurunziza a donc décidé de jouer sur le processus pour mieux déjouer son projet.

Initialement confié à la première vice-présidence (c’est le Dr Yves Sahinguvu qui est chef de projet), ce projet lui a été retiré avec fracas pour être traité au niveau de la présidence. Par un certain Melchior Wagara (fossoyeur du COTEBU et de l’armée), le propre chef de cabinet civil du président Pierre Nkurunziza.

Festus Ntanyungu, ancien président du comité de pilotage de ce projet a été, du coup, limogé. Mais tout ce remue-ménage ne plaît pas à Ban Ki-Moon, Secrétaire Général des Nations Unies. Il vient de dénoncer cette série de chambardements qui, selon lui, met en doute les chances de réussite du programme de paix et de réconciliation au Burundi. En décidant de s’impliquer excessivement au niveau du Comité directeur tripartite, la présidence de la république a violé l’accord cadre qui régit son fonctionnement, fulmine le responsable onusien qui menace de porte l’affaire au niveau du Conseil de Sécurité pour apprécier comment le pouvoir burundais marche à reculons sur la voie de la réconciliation.

Burundi-génocide

Déplacer les déplacés à Carama.

Bujumbura le 30 mai 08 (SurviT-Banguka)

Chassés de leurs villages respectifs à coups de machettes en 1993, plusieurs centaines de tutsis et autres hutus mal acquis à l’idéologie du génocide ont trouvé refuge dans la périphérie de Bujumbura. En zone Carama de la commune Buterere. Des huttes de fortunes y ont été érigées, à la faveur de l’assistance humanitaire de quelques organisations non gouvernementales.

En 1996, le président Buyoya, dopé par son nième retour forcé comme toujours, leur a rendu visite, dans la foulée de ses nombreuses redonnées dans son pays qui, à cause de lui, n’était plus que ruine et destruction. Devant le drame de ces déshérités de Carama, l’impassible Pierre Buyoya a quand même fondu en larmes et leur a gracieusement cédé le terrain vague qui avait servi de site à leur centre improvisé.

Au fil des années, ces déplacés rescapés y ont érigé des huttes plus avenantes. Jusqu’à ce que leurs autres bourreaux arrivent au pouvoir pour les déloger manu militari. Aujourd’hui, le terrain a été récupéré par le pouvoir qui y a aménagé des parcelles vendues à coup de millions aux as de la corruption et autres chantres du régime. Mais les déplacés ne désarment pas. Ils se disent propriétaires légaux de ce terrain et demandent un autre terrain en guise de dédommagement.

Burundi-partis politiques

Le CNDD-FDD fragilise son opposant FRODEBU
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Bujumbura le 30 mai 08 (SurviT-Banguka)

La stratégie de fragiliser le partenaire pour mieux s’assurer du contrôle de tout le terrain politique semble être la tasse de thé du parti présidentiel au Burundi. C’est ainsi qu’il sympathise avec les dissidents du FRODEBU pour mieux le diviser. Car bien qu’ils aient été déjà exclus de leur ancien parti pour faute lourde, les députés Jean Minani, Jean Baptiste Gahimbare et Didace Kiganahe n’auraient pas définitivement décroché.

Appuyés par certains éléments du CNDD-FDD, ils seraient entrain de jouer à l’arbre qui cache la foret, en se faisant passer pour de véritables militants du parti de feu président Melchior Ndadaye. C’est ainsi que l’état-major de ce parti, qui se dit sapé par le pouvoir, n’arrête pas de dénoncer cette démarche antidémocratique qui consiste à fragiliser les autres partis en collaborant avec les dissidents qui ont déjà été exclus de ces partis comme c’est le cas pour le FRODEBU.

Pour preuve, selon Frédéric Bamvuginyumvira, vice-président de ce parti, il existe des tractations en cours, pour remplacer l’ambassadeur Rukara par Didace Kiganahe au parlement de la communauté Est Africaine. Et chacun sait bien que les parlementaires exclus n’ont plus le droit de présenter les intérêts de Sahwanya-FRODEBU, fait remarquer l’ancien premier vice-président de la république.





 








 

 

 

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