Actualité du 30 juin 08 (SurviT-Banguka)
Burundi-sécurité
Mystérieuse attaque armée à l’est.
Bujumbura le 30 juin 08 (SurviT-Banguka)
Selon des sources policières et administratives, de mystérieux
assaillants en provenance de la Tanzanie, perpètrent des attaques
nocturnes au niveau de la province Ruyigi (est du Burundi) avant de se replier
sur leur repaire tanzanien. Les dégâts sont déjà mémorables,
que ce soit au niveau matériel ou humain. Les criminels sont en treillis
militaires mais la coalition armée/police n’arrive pas encore à les
intercepter. Bien qu’ils ne s’en réclament pas ouvertement,
ces rebelles new look seraient simplement des forces résiduelles du
mouvement FNL-Palipehutu qui ont décidé de faire bande à part
pour continuer la rébellion au moment où le chef de guerre
Agathon Rwasa prend déjà ses aises à Bujumbura, à l’instar
d’autres leaders hutus qui l’ont précédé.
Burundi-syndicats
Les travailleurs décident de tout arrêter.
Bujumbura le 30 juin 08 (SurviT-Banguka)
Tous les fonctionnaires du Burundi ont décidé, par le biais
de leurs organisations syndicales, de déclancher un vaste mouvement
de grève illimité, pour exprimer leur trop-plein de chagrin,
face à un pouvoir tyrannique, aux appétits gloutons, piétinant
systématiquement les libertés syndicales et les droits élémentaires
des travailleurs. Le préavis a été lancé le 27
juin dernier.
Selon Tharcisse Gahungu, président de la confédération
des syndicats du Burundi (COSYBU), une trentaine d’organisations syndicales
avaient adressé une correspondance à Mme Clotilde Niragira,
ministre burundaise de la Fonction Publique, pour attirer son attention sur
la persécution qui s’exerce à l’endroit des leaders
syndicaux depuis plusieurs mois : licenciements abusifs, mutations intempestives,
harcèlement moral, etc.
Tout y passe. Et cette humiliation, tous azimuts,
est orchestrée par des pions du pouvoir en place, obstinément
décidé de museler tous ceux qui tendent de se mettre en travers
de sa route pour dénoncer ou l’empêcher de siphonner ou
dilapider la chose publique. Et chacun sait que les leaders syndicaux sont à l’avant-garde
de ce combat qui tranche avec une délation vulgaire. Mais comme par
hasard, ceux qui dénoncent ouvertement ce pillage organisé,
de l’Etat, sont aussi des tutsis. Un double crime car ils étaient
déjà des hommes à abattre, indépendamment de
leur franc-parler. C’est ainsi que le procès est sommaire et
expéditif : Et ils en ont pour leur frais, ceux qui ont eu notamment
le culot d’alerter l’opinion sur le travail de sape que le parti
présidentiel, CNDD-FDD, initie à la société sucrière
de Moso, à la compagnie de coton, à la radiotélévision
nationale, à l’office du thé, etc. Brandissant les lois
nationales et autres conventions internationales que le Burundi a pourtant
ratifiés, au chapitre des libertés syndicales, les autres travailleurs
décident alors de manifester leur ras-le-bol.
«Le problème
fondamental est que les autorités ne veulent pas dialoguer, car la
ministre du travail Clotilde Niragira a absolument refusé tout dialogue
avec les différents syndicats, alors qu’ils le lui avaient demandé à travers
une correspondance, en mai dernier », explique Tharcisse Gahungu. Mais
le refus de dialogue est général. Et la ministre n’agit
pas seule. Dans la mesure où toutes les hautes autorités du
pays avaient lu, en copies, le message de ces syndicats. D’où le
dernier coup de gueule du président de la république Pierre
Nkurunziza qui,traitant les syndicalistes de marionnettes de l’opposition
politique, avaient demandé aux employeurs de geler leur salaire, chaque
fois qu’ils manifestent leur colère via des grèves.
Burundi-exclusion
Les pétroliers déchantent.
Bujumbura le 30 juin 08 (SurviT-Banguka)
Le parti CNDD-FDD déballe ses noires intentions pour les opérateurs économiques,
surtout ceux qui oeuvrent dans le secteur pétrolier. Dans son permanent
souci d’exclure les tutsis de toute activité, il vient en effet
de durcir les conditions qui permettent d’exercer en tant qu’importateurs
de carburant.
Il leur faudra notamment montrer patte blanche au niveau du
ministère du commerce (tutelle radicalement hutue), disposer d’un
capital d’un milliard de francs burundais, un entrepôt personnel,
un stock équivalant à 28 millions de litres (deux mois de consommation
au Burundi) etc.
Autant dire forcer tout le monde à mettre la clé sous
paillasson et aller voir ailleurs. Seuls les opérateurs économiques
hutus, bénéficiant des faveurs du pouvoir, pourront survivre à cette
restructuration qui tue. Le cartel des pétroliers Burundais se dit
abasourdi par cet ouragan d’obligations unilatérales, qui ne
prévoit aucun devoir du gouvernement. Même pas celui de faire
respecter la loi. Les pétroliers ne s’en cachent pas : ils promettent
de tout arrêter, sauf si le gouvernement décide de se ressaisir
et de revenir sur ces mesures extrêmement contraignantes.
Ils se réunissent
le 30 juin pour arrêter une attitude commune à prendre. Mais
couplée avec la précédente mesure qui déclare
persona non grata près de 13000 opérateurs économiques
burundais, cette mesure montre clairement le but caché du pouvoir.
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