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REPUBLIQUE DU BURUNDI 5
PA- PUISSANCE D’AUTODEFENSE-AMASEKANYA.
Le génocide contre les Tutsi du 29 avril 1972 et celui de Buta du 30 avril 1997.

En 1972 un groupe d’extrémistes hutu a planifié, préparé et exécuté le génocide contre les Tutsi du Burundi. Il fut déclenché le 29 avril 1972 dans la soirée. Les attaques de ces extrémistes hutu ont eu lieu presque en même temps au Sud, au centre, à l’Est et à l’Ouest du Burundi. Plus de vingt cinq mille tueurs avaient été recrutés et entraînés en Tanzanie. Ces attaques n’étaient pas une improvisation. Les tueurs avaient un parti, qui portait un nom : le parti populaire du Burundi qui voulait installer ce que ses membres ont appelé la République du Soleil. C’est avec le même nom de parti populaire que les extrémistes hutu avaient mis en exécution le premier génocide contre les Tutsi au mois d’octobre 1965 dans la province de Muramvya à Busangana et Bugarama.
Plusieurs indicateurs montrent la planification de ce génocide : les tracts distribués, le recrutement des tueurs hutu et congolais, les cartes de grande concentration des Tutsi, les symboles, les méthodes utilisées et la confusion politique.

A. Les tracts (1).

Les tracts en Kirundi, distribués en grande quantité au moment du génocide montrent bien l’objectif qu’avaient ces génocidaires. Ils contenaient ce qui suit :
1. Debout tous comme un seul homme, armez- vous de lances, de serpettes, de machettes, de flèches et de massues et tuez tous les Tutsi partout où ils se trouvent ;
2. Que tous les partisans s’unissent pour exterminer jusqu’au dernier, tout Tutsi qu’il soit militaire ou fonctionnaire ;
3. Attaquez-vous aux ministres, aux gouverneurs, aux commissaires, aux ambassadeurs, aux conseillers et aux cadres du parti (Uprona) uniquement Tutsi, massacrez-les avec leurs femmes et leurs enfants, n‘hésitez pas à éventrer les femmes enceintes ;
4. Rivalisons de courage, de discipline et d’agilité pour exterminer tout homme, tout enfant et toute femme tutsi pour qu’on n’en parle plus dans l’histoire ;
5. Pas d’emprisonnement, pas de jugement, uniquement la fosse commune ;
6. Tout militant doit rassembler ses frères et leur apprendre à punir les Tutsi ;
7. N’ayez pas peur, rassurez les familles, créez la démocratie populaire ;
8. Si vous prenez une ville, il faut y laisser quelques combattants pour garder les biens de l’Etat, les acquis de la révolution ainsi que le recrutement des membres des mouvements intégrés de notre parti. Les autres doivent continuer l’extermination jusqu’à rencontrer d’autres combattants qui viennent d’autres points du pays ;
9. Tout militant révolutionnaire doit suivre scrupuleusement, les consignes du Parti Populaire du Burundi pour pouvoir fêter dans l’allégresse la victoire sur le féodal, le spoliateur, le tyran, celui qui nous a soumis à la chicotte le voleur, le vaurien tutsi.
Le contenu de ces tracts trouvés sur les tueurs montre l’intention et la sensibilisation pour l’extermination de toute une population : le génocide des Tutsi. Ils disent à ces tueurs les étapes à suivre, donnent des directives et déshumanisent ceux qui sont ciblés par ce génocide. Dans certains coins du pays les recommandations furent exécutées à la lettre.

B. Le recrutement des génocidaires (2).

Le recrutement des Hutu pour exterminer les Tutsi avait touché tous les milieux politiques burundais, les forces armées, les académies militaires à l’étranger qui accueillaient des étudiants burundais, les écoles secondaires et supérieures du pays et centres des stages où il y avait les Hutu, les milieux diplomatiques occidentaux à Bujumbura, les milieux des travailleurs exerçant divers métiers dans les quartiers de la Capitale et dans les centres urbains des chefs lieux des provinces et de l’arrière pays.
Les ministres Hutu impliqués dans ce génocide organisaient la collecte des cotisations proportionnellement à la richesse, cinquante millions d’anciens francs burundais ont été trouvés chez la plupart des chefs des rebelles (3). Il y a eu entente et invitation directe à commettre le génocide.

C. La carte de grande concentration des Tutsi (4).

La carte saisie sur Mr Pascal Buburiza (ancien ministre), par le parquet représentait les régions à grande concentration des Tutsi. C’était toute la province de Bururi, sauf le long du lac, une grande partie de la province Muramvya, une partie de la province de Gitega et Ngozi, tout le Mugamba et la Capitale Bujumbura. Au parquet, Bubiriza a personnellement avoué que la région hachurée représentait la région habitée par les Tutsi et qu’il y a des Hutu racistes qui ont fait des plans pour exterminer les Tutsi.

D. Les symboles.

Le parti populaire du Burundi avait un drapeau vert- rouge et la jeunesse de ce parti portait l’uniforme de mêmes couleurs. Le 30 avril 1972 à midi, leur drapeau flottait aux chefs lieux des communes Mabanda, Vugizo, Nyanza-Lac, Magara, Rumonge et Minago. Ils avaient fait fabriquer une pièce de monnaie d’un franc avec le soleil levant, celui qu’on trouve sur l’emblème des partis hutu de 1993 et sur les fenêtres et les portes de certaines maisons de Bujumbura.

E. Les méthodes.

Pour tuer beaucoup de Tutsi, les concepteurs de ce génocide avaient organisé et programmé des soirées dansantes dans tous les quartiers de la Capitale et dans ceux des chefs lieux des provinces, d’arrondissement et des communes par endroit, pendant que des centaines de tueurs déferleraient sur tout le pays. Etaient conviés à ces soirées, tous les cadres de ces centres : personnalités politiques, militaires, administratifs, judiciaires, enseignants, hommes d’affaires, bref tous ce que comptaient ces quartiers de la Capitale et des chefs lieux des différents centres.
Nyanza-Lac, Rumonge, Bujumbura, Vugizo, Mabanda, Cankuzo, Vyanda, Matryazo et Gitega ont été simultanément attaqués. Tous les hommes, vieillards, enfants tutsi rencontrés ont été exterminés par milliers. Les femmes tutsi enceintes ont été éventrées.

F. La confusion politique.

En 1972, il y a le fameux procès des Tutsi de Muramvya, l’arrivée inopinée de Ntare V, la révocation du gouvernement le 29/04/1972 à 13 heures, les rumeurs persistant de coup d’Etat et la polarisation sur le retour de la monarchie pour semer la confusion. Après l’arrêt du génocide contre les Tutsi de 1972, l’ambassadeur des Etats-Unis Mr Meladay a été rappelé illico presto. C’est le même diplomate qui proposera plus tard, la division du Burundi en deux pays : un pour les Hutu et un autre pour les Tutsi (5).
Les points C, D, E et F montrent bien que le génocide des Tutsi de 1972 a été bien planifié, préparé minutieusement et mis en exécution.

Les enquêtes et perquisitions diligentées auprès des officiers, des personnalités politiques connues, et des assaillants tout court, tous ayant été pris en flagrant délit, permirent de découvrir des documents et des listes qui ne laissent planer aucune doute sur les concepteurs, les organisateurs et planificateurs dans tous les milieux militaires, politiques, diplomatiques, religieux et socio- professionnels…(6)

Ce sont ces faits qui montrent qu’en avril 1972, il y a eu un plan d’extermination des Tutsi qui a été mis en exécution et arrêté par la suite par les forces vives de la nation. Ce qui n’a pas empêché les médias de certains pays concepteurs de ce génocide de s’acharner pour tromper l’opinion internationale. Les spécialistes du négationnisme et du révisionnisme se sont mis à transformer la réalité. Il y a ceux qui mettent en exécution le génocide et ceux qui se chargent d’en effacer après les traces.

Les concepteurs du génocide contre les Tutsi qui sont à travers le monde continuent à tromper le monde en parlant du génocide contre les Hutu du Burundi en avril 1972. A cette date il y a eu génocide des Tutsi. La réalité est que les extrémistes hutu aidés par les puissances étrangères ont été mis en échec dans leur plan d’extermination des Tutsi après avoir fait des milliers de victimes. La préparation du génocide des Tutsi avait fait qu’une partie importante d’intellectuels hutu était convaincue de l’aboutissement de ce projet macabre et y avait adhérée.
La répression de ces criminels qui avaient une grande avancée, a emporté, sans doute, des Hutu innocents. Quoiqu’il en soit cette répression n’avait rien de génocide contre les Hutu.
Le Mouvement PA-Amasekanya tient à informer l’opinion sur ce qui s’est passé réellement en avril 1972. C’est une vérité qui vient contredire les négationnistes et les révisionnistes qui ont des visées génocidaires. Il ne manquera pas d’éclairer ceux qui à travers le monde ont choisi de lutter contre le génocide en général et celui desTutsi en particulier.
Le 30 avril 1997, les terroristes génocidaires du Cndd-Fdd ont tenu à prouver que le plan de génocide contre les Tutsi se poursuit. Il a attaqué le petit séminaire de Buta avec l’intention de tuer tous les enfants tutsi qui fréquentaient cette école à l’aube du 30 avril 1997. Tous les enfants tutsi atteints par les génocidaires ont été tués avec leurs compagnons hutu qui ont refusé de se séparer d’eux malgré l’ordre des tueurs. Plus de 40 petits séminaristes ont été tués et beaucoup furent blessés. Le porte- parole du Cndd-Fdd de l’époque, Ndiho Jérôme a revendiqué ce crime. Il est actuellement directeur de cabinet du ministre de l’information et de la communication du gouvernement burundais dirigé par le Cndd-Fdd. Les responsables de ce crime doivent être jugés peu importe la place qu’ils occupent dans les institutions de l’Etat. Le crime de génocide est inamnistiable et imprescriptible.

Le plan du génocide contre les Tutsi planifié depuis l’époque coloniale se poursuit actuellement sur tous les plans : politique, diplomatique, médiatique, économique, judiciaire, militaire, religieux et autres. Avec le temps les génocidaires ont perfectionné leurs stratégies, ont dû adapter leurs méthodes, corriger certaines erreurs et se perfectionner au fur des temps. Ils contrôlent actuellement toutes les institutions de l’Etat. Nous demandons à toute la population éprise de paix de soutenir notre cause et de consacrer les deux jours du 29 et 30 avril 2007 au deuil en portant un ruban mauve sur le bras, en signe de mémoire pour tous les victimes du génocide contre les Tutsi.
Tous contre le génocide des Tutsi, nous vaincrons.

(1) A . Shibura : « Témoignages », 1998
(2) J. Sinduhije : « Echelle des responsabilités dans les guerres
et conflits africains, pays de la Comesa », 2002
(3) A. Shibura : « Témoignages », 1998
(4) Op.cit (voir 3)
(5) Op.cit (voir3)
(6) J. Sinduhije( voir 2)

 


Fait à Bujumbura, le 26/04/2007
PA-Puissance d’Autodéfense-Amasekanya.
Ir Rutamucero Diomède
Président



 

 

 

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