Actualité du 31 mars 08 (SurviT-Banguka)
Burundi-génocide.
L’immunité était définitive.
Bujumbura le 31 mars 2008 (SurviT-Banguka)-
L’immunité provisoire
hante terriblement les rebelles du mouvement FNL. Ils en ont fait un préalable
avant de rentrer au Burundi pour reprendre les travaux du mécanisme
conjoint de vérification et de suivi de l’accord de paix.
Mais
les autres rebelles du CNDD-FDD qui ont bénéficié de
la même immunité leur refusent curieusement cet avantage inouï.C’est vachement bizarre. Mais rien n’est plus absurde que cette
mise en veilleuse de la justice qui serait décidée par des
bourreaux à l’endroit des autres bourreaux, devant une masse
médusée de victimes.
C’est en tout cas, le spectacle
inédit au quel vont assister les tutsis, rescapés du génocide
que les deux groupes ont collégialement perpétré à leur
endroit. Et pour les criminels du CNDD-FDD, cette question d’immunité a
déjà été débarrassée de sa dimension
provisoire. Elle est décidément définitive.
Et personne
ne s’en rend compte. Car l’immunité provisoire leur avait été votée
pour une période de deux ans, soit à partir de 2003 jusqu’en
2005. Au lieu d’amnistier provisoirement les combattants FNL, ces bourreaux
qui font la pluie et le beau temps au Burundi devraient, à leur tour, être
traduits en justice pour payer de leurs nombreux crimes, en l’occurrence
le génocide contre les tutsis et les crimes contre l’humanité et
les crimes de guerre.
Burundi-Assemblée Nationale.
Assemblée nationale : le blocage est total.
Bujumbura le 31 mars 2008 (SurviT-Banguka)-La situation est de plus en plus
désespérée à l’Assemblée Nationale.
Alors que l’honorable Pie Ntavyohanyuma, président de cette
institution, promet qu’il mène depuis le 25 mars dernier, des
contacts pour débloquer la situation, la quasi-totalité des
députés indiquent qu’aucun contact n’est jusque
là enregistré.
Le CNDD-FDD aurait plutôt décidé de
contacter les députés dissidents des partis politiques, en
l’occurrence l’aile Jean Minani pour le FRODEBU. Parallèlement,
il multiplie les intimidations en vers les députés qui refusent
de rentrer dans les rangs, notamment ceux qui se disent « épris
du respect de la loi ».
«Je sais que ces jours-ci, ce parti va
de nouveau sorti ses griffes pour intimider ou même lyncher ceux qui
restent attachés au respect de la loi, moi-même j’ai failli
tomber dans leur nasse ce matin car au réveil, j’ai trouvé que
ma maison était encerclée par des policiers alors que je ne
les ai pas demandés. Ils sont là et notent le numéro
de chaque véhicule qui entre chez moi, vous comprenez que c’est
du terrorisme tout court ; mais c’est peut-être aussi le signe
qu’ils vont m’arrêter car ils ont fait la même chose
chez Hussein Rajabu, peu avant son arrestation», explique l’honorable
Pascaline Kampayano, ex-militante zélée de ce parti en perte
de vitesse.
East African Legislative Assembly : le Burundi reste dans l’antichambre.
Bujumbura le 31 mars 2008 (SurviT-Banguka)
C’est officiel. Le Burundi devra revoir sa copie pour que ses 9 députés
puissent aller siéger au sein de l’Assemblée communautaire
d’Afrique de l’Est. C’est Vénérand Bakevyumusaya,
vice-ministre en charge de la EAC et de l’Intégration Régionale
qui l’a déclaré le 27 mars.
Votée dans la plus
grande confusion au sein d’une Assemblée Nationale plutôt
cafouilleuse, contestée par les états-majors des partis UPRONA
et FRODEBU, cette liste avait été scellée au forceps.
Si bien que l’un des heureux élus, en l’occurrence l’honorable
Hassani Rukara, s’est désisté, non sans avoir fait remarquer
au président de cette prestigieuse institution que son nom n’émanait
pas de son parti, le FRODEBU.
Il y avait anguille sous roche. C’est
ainsi que le président de la East African Legislative Assembly a décidé de
renvoyer cette liste controversée à Bujumbura pour corriger
ces irrégularités. Selon Vénérand Bakevyumusaya,
le dossier a été transmis au ministre en charge des Relations
avec le Parlement pour lever toutes les équivoques avant de le ramener
dans son ministère. Il précise en outre que le parti Sahwanya-FRODEBU
avait déjà adressé une correspondance au président
de la EALA pour lui signifier que les candidats proposés en son nom
ne le représentaient pas.
Burundi-carburant.
Les pétroliers burundais sont amers.
Bujumbura le 31 mars 2008 (SurviT-Banguka)
L’OLUCOME pioche sur les dessous de la pénurie du carburant
au Burundi. Les pétroliers se disent constamment grugés par
un gouvernement trop gourment, qui multiplie les taxes sans jamais penser à mettre
le prix à la pompe en phase avec le prix à l’importation.
C’est en raison de cette vieille rengaine qu’ils menacent chaque
fois de suspendre les importations. Le pays évolue, ainsi, sur fond
de pénurie quasi chronique de carburant. Mais aux yeux de Gabriel
Rufyiri, président de l’Observatoire de Lutte contre la Corruption
et les Malversations Economiques (OLUCOME), cette pénurie ne devrait
pas être fatale pour le pays.
Dans une conférence de presse
qu’il a organisée le 27 mars dernier, il s’inspire d’un
rapport établi par un auditeur de renommée internationale et
suggère au gouvernement de s’atteler au recouvrement de 43 milliards
de francs burundais que les pétroliers lui devaient jusqu’au
31 décembre 2006. Ce montant, explique-t-il, lui permettrait de reconstituer
son stock stratégique.
Ces créances, une fois recouvrées,
pourraient garantir le pays, pendant un certain temps, contre une pénurie
pétrolière ou des conséquences dues à tous les
autres aléas. Au Burundi, la consommation mensuelle en carburant est
estimée à 6.3 millions de litres pour une valeur de 10.4 milliards
de francs burundais.
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