III - L’histoire d’un peuplement 

 

Collines et Rugo

Arts et coutumes

L’histoire des tambours sacrés du Burundi

La fabrication du tambour

Musique du tambour

Croyances en milieu traditionnel

 

                                Colline et Rugo

Les collines

Les Barundi désignent sous le mot colline une série de reliefs. En effet, il peut évoquer la colline géographique, les coteaux et les monts. Dès lors différents termes sont utilisés pour permettre de les distinguer :

Umurambi les plateaux et les coteaux
Umusozi La colline au sens large
Umutumba Collines allongées

 

Les collines représentent non seulement une zone de convivialité, puisqu’elle constitue une communauté à part entière par des liens de lignage ou socio-économique, mais aussi une unité économique.

Lors des fêtes, les étrangers à la colline se regroupent à part et boivent entre eux la bière offerte que l’on appelle dans certaines régions Inzoga y’injabuka, ce qui signifie "la bière de ceux qui traverse la rivière ". Au Burundi les personnes sont identifiées à partir de leur colline et de leur résidence.

Son espace géographique corresponds à un territoire, même si de nos jours les pâturages et les terres sont de plus en plus actualisées en collectivité.

Chaque colline est divisée en plusieurs lieux-dits afin de faciliter la localisation des habitants.

Ces lieux-dits portent des noms connus de tous et ayant une signification. Certain de ces lieux évoquent des événements survenus au cours de l’histoire. En effet, Kirundo qui signifie "le tas " aurait été appel ainsi en souvenir d’une bataille survenu à la frontière avec le Rwanda et ou il y aurait eu des tas de cadavres.

Les toponymes peuvent également provenir d’autres sources. En effet, ils peuvent décrire :

Mu Mabuye Colline pierreuse
Mu Karutare Nom d’une roche Urutare
Mu Rumonbe Terrain
Mu vyintare La terre des lions
Mu Cimpongo La terre des antilopes

Mu Ruganda

Atelier de forge
Mw’Idaziro Menuiserie

 

Le Rugo

L’unité familiale de base, parents et enfants non mariés, habite le Rugo.

Il s’agit d’une ou plusieurs cases traditionnelles entourées d’un enclos circulaire et pourvu d’une clôture ou entouré de haies et de jardins. Ce type d’habitat est répandu dans toute l’Afrique dite interlacustre et connu jusqu’en Afrique australe.

20. Rugo

 

19. Case traditionnelle

 

 Dans un même Rugo on trouve plusieurs unités familiales issues d’un même ascendant direct : la famille du grand-père, celles des fils et, parfois, celles des petits-fils. Chaque famille à sa propre case, et les échanges intercases sont très denses, pour s’occuper des enfants et des repas notamment.

La société burundaise est de type patriarcal. Le système de parenté est très précisément codifié selon un rang.

Les habitants du Rugo reconnaissent une hiérarchie par groupe d’âge. Au sein d’un même groupe, l’autorité des individus se réfère au droit d’aînesse. Mais, c’est le grand-père, en tant que représentant visible de l’ancêtre du groupe, qui détient l’autorité sur l’ensemble des familles du Rugo.

Dans ce système d’habitat, Bahutu et Batutsi partagent une même langue, une même culture, les mêmes croyances et un mode de vie similaire.

La femme ne reçoit de réelle reconnaissance sociale qu’en étant mère. La mère d’une nombreuse progéniture acquerra beaucoup de respect tandis que la femme stérile sera "répudiée ". Considérés comme une richesse, on compte en moyenne six à sept enfants par famille. Mais, il faut bien sur prendre en compte l’évolution des mentalités et relativiser les choses. (Cf. le rôle de la femme burundaise dans la société)

Il existe une division sexuelle du travail au sein de ces structures traditionnelles. La femme s’occupe des tâches domestiques et d’une partie du travail de la terre. L’homme qu’en à lui, s’occupe plus généralement de la garde du bétail, de la traite des vaches, du travail de la terre et de la construction du Rugo.

Autour du Rugo peuvent s’établir des parents plus éloignés et construire d’autres cases, voir d’autres Rugo. Ils forment ainsi une famille élargie, liée par d’étroites relations de solidarité et qui occupe les flancs d’une ou plusieurs collines. Sur une colline comme sur l’ensemble du pays, l’habitat est très dispersé. Il n’existe pratiquement pas de village. Par conséquent, l’unité géo-sociologique, reprise d’ailleurs par l’administration politique, est la colline.

Un ensemble de familles forme un clan patrilinéaire. Il en existe environ 220 dans le pays. Enfin, chacun de ces clans occupe un certain rang dans la hiérarchie sociale cette dernière étant assez souvent contestée.

 

 

 

 

 

 21. Personnes âgées devant un Rugo.

(Photographie prise en 1918)

 

 

 

 

 

 

 

22. Construction de Rugo

 

 

 

 

 

 

 

 

23. Case

 

 

 

 

 

 

 

 

 

24. Une mère salue sa fille devant leur maison traditionnelle.

 

 

 

Arts et coutumes

La sculpture burundaise ancienne travaillait le bois. Elle s’orientait essentiellement vers les objets utilitaires ou culturels, tels que les mortiers, les cannes, les boucliers, les tabourets, les auges, les pots à lait…

Le polissage et l’envasement des certains de ces objets permettent de les ranger parmi les sculptures.

 

 

 25. Une mère portant son enfant dans le dos

 

 

 

26.Cannes

Ces cannes sont la représentation

de la sagesse au Burundi

 

 

 

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 27. Coupe de fruit en bois teintés

 

 

 

 

 

La vannerie, très développée au Burundi traditionnel, était aussi ornée de motifs très variés. Ces motifs n’étaient pas peints directement sur l’objet, mais obtenus par le trempage de l’herbe à tresser, dans la vase noir des marais à laquelle on incorporait d’autres substances naturelles, notamment l’inflorescence du régime de banane découpée en petits morceaux.

 

 

29. Vanneries de toutes sortes

Les paniers servent de coffret lors d’un cadeau

et les vanneriesen forme de cercles représentent

les vœux de félicitations ou souhaits adressés.

Le folklore du Burundi s’appuie principalement sur la danse.

 

 

 

 

 

30. Les tambourinaires du Burundi

Les tambourinaires sont les représentants du folklore Burundais.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

31.

Cette danse rituelle surprend et fascine, puisqu’elle à la particularité d’être la seule au monde à imposer la cadence aux bateurs-musiciens. Les tambourinaires du Burundi ont étendu leurs succès jusqu’en Europe, et principalement à New York, Berlin, Montréal... .

(cf. Histoire des tambours, Musique du tambour)

 

 

Les danseurs Intore perpétuent une tradition que leur ont léguée leurs ancêtres. Ceux-ci, vêtus de peaux de léopards, comme l’indique leur nom, célébraient leurs exploits guerriers par des danses, en mimant les combats qu’ils avaient remportés et en dialoguant avec le gardien de la coutume qui les accompagne, pour en faire le récit.

 

 

 

 

 

 

32. Les danseurs Intore

Les danseurs Intore effectuent eux aussi une danse guerrière très réputée. Celle-ci à pour but de maître en scène des rythmes de guerriers, des scènes de guerres, sans bien sur exclure la grâce.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

33. Les danseurs Intore de Bwambarangwe

Ils sont les représentants les plus célèbres du folklore du Burundi à l’étranger, avec les tambourinaires de Gishora.

  

 

Le folklore se traduit par bien d’autres modèles. Les chansons des jeunes filles, leur danses, racontent des événements de la vie quotidienne, le mariage, la mort, le travail et les biens faits de la terre... .

 

 

 

 

 

 34. Jeunes femmes habillées en costume national

pour la fête de la dote d’une de leurs amies.

 

 

 

 

 

 

35. Jeunes filles dansant

  

 

Des instruments mystérieux tels que la cithare, l’ikembe, le umuduri et l’indonongo font parti intégrante du folklore burundais.

 

 

 

 

 

 

 

 

36. Umuduri

Arc musical à une corde, équipé de calebasses.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  37. L’Inanga

Ce cithare accompagne les mélopées des soirées familiales.

 

 

 

L’histoire des tambours sacrés du Burundi

Les tambours du Burundi ont un rôle prépondérant au cœur de la nation burundaise et certains ont été qualifiés de sacrés, car ils exerçaient une fonction et un rôle bien particulier au sein même du pays.

Les tambours sacrés

La signification des tambours sacrés

Du temps de la monarchie dont l’origine remonte du XVI ème au XVII ème siècle, le tambour sacré était un mythe du pays, symbole de la souveraineté du roi. Le roi était le père de toute la Nation et régnait en maître absolu. Il était propriétaire éminent de toutes les terres du Pays. Le tambour sacré du Burundi assurait donc la protection du pays.

Noms des tambours sacrés et leurs rôles spécifiques

Il existe sept tambours sacrés ayant chacun un rôle bien définis.

Nyabuhoro : Ce tambour assurait la sécurité de tout le pays. Il était placé à la Cour Royale caché avec le plus de discrétion possible. Même celui qui veillait sur lui devait d’abord prêter serment pour sa fidélité, plutôt mourir que de le livrer ou de le montrer à qui que se soit, même au prince de sang et surtout à l’ennemi du pays.

Le tambour était battu 3 fois par le roi lui-même la veille des semailles, pour donner un coup d’envoi aux autres tambours annonçant l’année agricole. Ce tambour sacré avait à ses côtés 6 petits tambours qui veillaient sur lui. En autre tache ce tambour devait annoncer la mort du roi.

Nyabuhoro : il restait à la Cour Royale pour assurer la paix dans le pays.

Ruciteme : il assurait la protection du bétail à partir de la Cour Royale.

Murimirwa : il assurait la protection de l’abondance des récoltes.

Rukinzo : il accompagnait le roi lors de ses déplacements et servait à réveiller le roi.

Inajurwe et Inakigabiro : Ces tambours assuraient la protection du pays contre les maux de toutes natures. Il était le pilier de la Nation.

Du temps de la monarchie XVI ème et XVII ème siècle jusqu’à l’indépendance du pays, les tambours sacrés et tous les autres tambours ne portaient pas de couleurs nationales, on les embaumait avec du beurre et avec un peu de terre rougeâtre. Ce travail était fait par une jeune fille vierge, choisie dans un même clan. Après la chute de la monarchie, les tambours sacrés ont été gardés, mais on ne saura jamais où est passé le tambour Karyenda.

Les couleurs que l’on voit sur les tambours sont venues avec le drapeau national à l’occasion de l’indépendance du pays. Après l’indépendance, à l’intérieur du drapeau national, on pouvait voir le tambour, le sorgho et le lion.

 

Les tambours simples

Ces tambours servaient aux jeux et aux danses, uniquement à l’occasion des événements importants de la Nation, et en présence du roi. Aucune autre autorité du pays n’y avait droit.

La spécialité de ce jeu de tambourinaires était attribuée à certains clans. Ceux-ci étaient fort respectés par tous les dignitaires.

Le Burundi devint une république le 28 novembre 1966. Depuis lors les tambours sont battus pour agrémenter les fêtes de mariage, accueils des autorités, fêtes nationales...

 

Le tambour

Comte tenu de son importance et de ses fonctions, le tambour du Burundi mérite une mention particulière. Il incarne le pouvoir et n’était battu qu‘à certains moments et par des familles spécialisées. Le tambour réunissait en lui une triple référence : la forêt (pour le bois de fabrication), l’élevage (pour la peau) et l’agriculture.

Les tambourinaires spécialistes, à la fois fabricants et batteurs ont réussi à préserver leur tradition, malgré la marginalisation qui les a frappés depuis les années 1930. Pour mieux comprendre cet instrument, il est nécessaire de le mettre dans son contexte, en le situant dans la fête d’Umuganuro (la fête des semailles).

 

Umuganuro

Chaque année vers le mois de décembre, le roi consommait une pâte de sorgho particulière, provenant de la récolte de juillet précédant, et faisait présenter le tambour Karyenda, qui était enveloppé de nattes. Le sorgho rituel appelé Isugi (chose pure) récolté à l’est du pays, amené au lieu indiqué des sacrifices de taureaux, présidait aux choix de la date définitive de la fête. Cela servait pour vérifier si l’année était prospère. Le repas des prémices du roi était au cœur d’une cérémonie nocturne et secrète, marquée aussi par un simulacre d’union sexuelle avec la vestale du tambour Karyenda.

Le matin suivant, tous les tambours rassemblés à la cour battaient, tandis que le roi procédait à une grande distribution de vaches et de houes représentant les principaux métiers du pays. Puis durant une semaine environ, les princes et les courtisants effectuaient des battues dans les marais pour y chasser certaines variétés d’antilopes. Les tambours ne battaient qu’à cette époque de l’année, leur grondement durait des journées entières, pour donner le signal de semer le sorgho dans tout le pays.

Les significations de cette fête sont multiples. A côté du tambour, véritable incarnation du pays, on le dit sur le plan culturel, le roi voit sa puissance renouvelée chaque année par ce rituel. D’abord isolé et traité comme un enfant durant la veillée sacrée, il manifeste sa puissance lors des redistributions. Il est acclamé par des cris stridents de joie, par des chants et des danses.

 

La fabrication du tambour

Le tambour est taillé dans le tronc d’un arbre spécifique qui porte le nom d’Umuvugangoma cordia-africana (l’arbre qui fait parler le tambour). Il faut attendre que l’arbre soit âgé de 30 à 40 ans pour être à maturité et être travaillée.

La fabrication du tambour relève de beaucoup de mythes. Le tronc est mesuré, débité et les billes non écorcées sont enfoncées en terre. On le creuse jusqu’à la profondeur désirée et on polit la caisse interne, les billes sont déterrées et écorcées, puis on les polit les surfaces extérieures. Dès lors on entreprend la taille des pieds. Un bandeau est tracé au fer chaud sur la partie inférieure de la caisse ce qui représentera la seule décoration que comporte normalement le tambour. Actuellement on commence à mettre les couleurs que l’on désir.

Pour mettre la peau, on perce une série de trous à intervalles réguliers et dans ces trous, on enfonce les chevilles taillées. On dispose la peau sur l’ouverture de la caisse après l’avoir découpée à une dizaine de centimètres du bord. On pratique à distance régulière trois incisions qui forment une sorte de boutonnière, les chevilles sont placées dans celle-ci afin de tendre la peau au maximum. Deux lanières préalablement découpées dans la peau mais sans être détachées, contribuent à maintenir tendue la surface de frappe permettant une qualité de son remarquable.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Figure : les parties du tambour

 

 

 

 

Musique du tambour

Pour tambouriner, les musiciens se servent de deux baguettes mesurant 30 à 40 centimètres.

Les tambours sont disposés en arc de cercle au nombre de 12 à 25 suivant l’ordre de grandeur. Au centre se tient un tambour réservé au chef de danse. Parfois deux, trois ou même quatre tambours évoluent au même rythme.

Parmi ceux qui accompagnent la danse, certains garde le rythme de base alors que d’autre évoluent avec la cadence imposée par le danseur. Ces derniers observent les mouvements du danseur, car c’est per ses gestes qu’il indique les changements de rythme.

Leur jeu relève d’un rythme à la fois sonore et gestuelles qui fascine des générations par mélange de gravités sourdes et fantaisies endiablées.

Cette musique exprime une allégresse populaire plus profonde et plus vitale que le folklore politique simpliste, auquel a voulu réduire la culture étrangère. Il est important de signaler que l’utilisation d’un seul tambour ne se fait que pour accompagner d’autres types de danses.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

40.

 

 

Croyances en milieu traditionnel

Croyances et tabous

Au cours de cette approche, nous aborderons que quelques croyances ou tabous que connaît le Burundi.

De nombreux tabous influent sur la vie quotidienne des burundais en milieu traditionnel :

La femme enceinte, mais aussi ses enfants et son mari, est soumise à des interdits tout au long de sa grossesse.

Certains de ces tabous consistent en une mise en garde de la destiné à accroître la vigilance et à prévenir les accidents. La femme enceinte ne doit pas traverser un marais ou un champ de maïs, ni passer devant un serpent endormi, ni enjamber une bûche de bois décomposé, une courge ou un nid contenant des œufs. Mais, elle ne doit pas non plus aider à creuser une fausse pour un cadavre ou tuer un animal.

D’autre font appel à la superstition et aux pensées magiques. En effet, les femmes enceintes ne doivent pas manger ou manipuler une banane double, des épis de sorgho ou de maïs double, de crainte d’engendrer des jumeaux. Les jumeaux étant considérés comme un présage de malheur en milieu traditionnel. De plus, il leur est formellement défendu de regarder un être déformé ou un handicapé et surtout d’en rire.

Certaines coutumes sont étroitement liées aux tabous et on des incidences sur eux.

Après la naissance, à laquelle n’assistent que les femmes, le placenta est enterré de peur qu’il ne soit volé par un sorcier. Un arbre planté à cet emplacement marque le lieu de la naissance. La mère et l ’enfant ne peuvent sortir pendant trois à sept jours selon le sexe et le rang de naissance. Le mari coiffe la mère d’une couronne en écorce de mais ou ce sorgho, puis il donne un nom à l’enfant qui est alors officiellement intégré dans la famille et dans la communauté.

 

la sorcellerie

Le sorcier (le MUROZI) est malfaisant et capable, selon la croyance, de provoquer la stérilité, la maladie, l’échec social mais aussi la mort.

Il dispose d’une grande variété de procédés magiques :

- poisons d’origine végétale ou animale activés par des incantations.

- tracer une ligne sur le chemin de la victime avec des poudres magiques.

- sorts d’envoûtement portés par des esprits animaux.

- agir avec des objets ayant été en contact avec la victime.

- enchaîner la vie d’une femme à un arbre en invoquant que la victime ne puisse pas engendrer tant que l’arbre sera debout...

 

Les techniques de désenvoûtement sont-elles aussi très nombreuse :

- amulettes

- formules conjuratoires...

 

Le thème de la persécution est tellement présent dans la culture burundaise qu’il se retrouve dans un grand nombre de noms traditionnels donnés aux enfants :

NTAHOMPAGAZE ("je suis, environné d’ennemis ").

BARANYANKA ("ils me haïssent ")

Il est important de savoir que dans une même famille tous les membres de celle-ci ne portent pas le même nom. En effet, cela s’explique par la crainte de devoir subir les représailles des "crimes " qu’auraient pu faire leurs parents.

 

L’attaque par les esprits

Diverses sortes d’esprits peuvent intervenir dans le milieu traditionnel.

Les BAGANZA.

Les BIHUME.

Les MIZUMU.

Les BAGANZA :

Ces esprits peuvent recevoir d’autre nom en Kirundi :

-ABAGANZA : "ceux qui dominent ", exprime l’idée de puissance.

-AMASHINGA : "ce qui s’installe et dure ", évoque la permanence de l’emprise de l’esprit sur la personne possédée.

-ABAVYEYI : "les parents ", renvoie à une image plus conciliante et montre ainsi la soumission.

 

Les BAGANZA sont assimilés à des sortes de génies aquatiques qui peuplent les marais, les eaux profondes, les torrents et les chutes.

Invisibles, ces esprits se déplacent avec les vents.

Il existe plusieurs sortes de BAGANZA, classifié par sexe, par ethnie et selon leur statut. On distingue les BAGANZA mâles des BAGANZA femelles, bénis, calmes et peu exigeants. Si une femme est possédée par un esprit BAGANZA mâle elle se comportera en tant que tel et sera stérile.

Parallèlement, les BAGANZA se divisent selon les ethnies, il y a donc des BAGANZA Hutu, Tutsi, Twa et Ganwa.

 

Les BIHUME :

Les BIHUME, BISIGO et BIKANGE, peuvent être apparentés à des génies, des spectres ou des revenants.

Se sont des esprits sauvages, les âmes des défunts sans sépulture ou qui ont péri violemment.

Ils se manifestent la nuit par des lueurs, des voix et des bruits lugubres.

De nombreux contes existent sur les BIHUME, qui s’apparentent à nos contes d’ogres.

 

Les MIZIMU :

Les MIZIMU représentent les esprits des grands héros mythiques ou des membres défunts d’une famille. De nombreuses circonstances peuvent annoncer une attaque par ces esprits : des conflits au sein de la famille, stérilité de la femme, naissance de jumeaux...

 

Bénard Bénédicte - Lycée Montesquieu 95 Herblay