V - Le rôle de la femme burundaise dans la
société
La situation de la femme burundaise touche un nombre important de secteur.
44. Une mère et son enfant
Les femmes burundaises ont obtenu le droit de vote en 1961. Seule la Convention Internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes à été signée et ratifiée par le Burundi, 1979.Aujourd’hui, la situation de la femme a beaucoup évolué quoiqu’il reste des domaines à parfaire.
Avec la promulgation du code des personnes et de la famille par décret-loi du 15 janvier 1980, il y a eu des innovations qui ont concilié les exigences des temps modernes et les traditions coutumières du Burundi. Le code de la famille a permis une amélioration du statut juridique de la femme. L’autorisation maritale jadis exigée pour l’exercice d’un commerce n’est plus de mise. Cependant, la femme est encore lésée dans les domaines successoraux, des régimes matrimoniaux et des libéralités, qui sont toujours régis par le droit coutumier malgré une certaine évolution des pratiques judiciaires. Le système successoral est patrilinéaire, privant ainsi la femme du droit à la propriété foncière.
Actuellement cette mentalité a évoluée permettant le développement de l’activité féminine au sein du pays et le droit à la propriété.
Les instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme font partie intégrante du corps législatif burinais. Ainsi la convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes a été ratifiée sans réserve par le Burundi en 1991.
Au niveau politique, malgré l’action de l’Union des Femmes Burundaises (FUB), la place des femmes restait marginale, surtout dans les instances de décision et de direction. Ici aussi une nette évolution est apparue puisque les femmes exercent un rôle non négligeable dans le pouvoir politique, c’est pour cela que c’est créé un Ministère de la Condition Féminine, en 1983. Depuis lors, il a souvent changé d’appellation et se présente dorénavant sous le nom de : "Ministère de l’Action Sociale et de la Promotion de la Féminine".
Le recensement général de la population et de l’habitat, en 1990, indique que le taux d’analphabétisme chez la femme est de 72 %.
Dans l’enseignement, bien que l’éducation ne soit pas discriminatoire au niveau de la loi, les femmes sont faiblement représentées aux échelons intermédiaire et supérieur. Au secondaire par exemple, la représentation de la femme serait égale à la moitié seulement de celle des hommes. Les femmes sont majoritairement orientées vers les enseignements cours et à caractère social comme institutrice ou assistante sociale. Dans, le secteur supérieur, elles représentent 25 % seulement des effectifs. Le pourcentage des filles fréquentant l’enseignement supérieur est plus ou moins de 24,3 %. L’abandon scolaire touche d’avantage les filles que le sexe opposé.
Le système de santé burundais pâtit d’une carence en effectif, en personnel soignant, en matériel et en médicaments. L’accès aux centres de santés reste difficile dans certaines régions compte tenu de la distance à parcourir pour y parvenir (parfois 1 à 3 heures de marche).
On estime que seulement 20 % des personnes nécessitant des soins ont recours aux prestations médicales.
Le problème de la malnutrition entraîne des taux d’anémie importants chez les femmes enceintes. Le taux de séroprévalence chez les femmes enceintes est estimé, en septembre 1997, à 5,9 % en zone rurales et à 21 % en zone urbaines. De plus, on peut constater que seulement 3,5 % des femmes utilisent une méthode de contraception moderne pour l’année 1998. Avant la crise d’octobre 1993, le pourcentage était de 5 %.
La population féminine représente la plus grande part de la main d’œuvre agricole nationale. Cependant, les femmes font face à une triple contrainte :
- le non accès à la terre et aux crédits,
- la mise à l’écart dans la gestion des produits agricoles, alors qu’elles assurent la plupart des travaux agro-pastoraux du ménage,
- elles représentent environ 25 % des chefs de ménage en milieu rural.
Ces diverses contraintes rendent donc l’activité féminine relativement difficile.
Le faible niveau d’instruction des femmes, les freins socioculturels font que les femmes sont sous représentées dans les secteurs d’emplois structurés et au niveau des postes à responsabilité. La majorité des femmes économiquement actives sont engagée dans les secteur primaire (agriculture) et secondaire (artisanat). Une faible part occupe un emploi salarié dans le secteur public ou privé.
Récapitulatif des indicateurs socio-économiques
| Population en 1996 | 6 000 000 |
| Superficie | 27 834 km² dont 2 000 km² de lacs |
| Densité | 230 h / km² |
| Population rurale | 90 % |
| Taux brut de natalité en 1997 | 45,5 % |
| Indice synthétique de fécondité en 1997 | 6,8 enfants |
| Taux de croissance démographique | 2,8 % |
| Taux de prévalence contraceptive en 1997 | 4 % |
| Accouchement dans les structures sanitaires en 1996 | 10,3 % |
| Espérance de vie à la naissance en 1996 | 53,4 % |
| Pourcentage de femmes en 1990 | 51,3 % |
| Population rurale en dessous du seuil de pauvreté en 1996 | 58,12 % |
Bénard Bénédicte - Lycée Montesquieu 95 Herblay