VI - La situation économique et financière
L'économie burundaise avant l'indépendance
Une économie traditionnelle en mouvement
Nous parlons d’une économie traditionnelle en mouvement parce que du XIX ème siècle au XX ème siècle, nous avons observé beaucoup de changements dans le domaine économique. Il s’agit notamment de l’introduction d’autres variétés de cultures comme la généralisation de celles qui autrefois étaient très localisées d’une ébauche d’échanges à longue distance surtout dans la région de l’Imbo mais aussi de l’introduction de la monnaie.
L’agriculture à la fin du XIX ème siècle
Au Burundi, l’exploitation agricole a toujours été d’une importance indéniable. Ici, Il est nécessaire de signaler que dans le système agro-pastoral burundais, la terre, et non la vache était la base principale d’un prélèvement d’un surplus. Malgré la place de l’élevage, la base de l’économie était la production agricole à vocation vivrière. Les plantes cultivées étaient très nombreuses, il y à lieu de citer les haricots, les patates douces, les bananiers, le sorgho, le maïs, les pois, le manioc, la colocase, les ignames et les palmiers dans les plaines.
La place de l’élevage
Au Burundi, l’élevage a toujours été associé à l’agriculture. Il a été démontré que, dans la société burundaise du XIX ème siècle, on reconnaît un homme riche par le nombre de vaches qui rentrent dans ses enclos et le nombre de ses greniers.
Il est impossible d’avancer une estimation quantitative quant aux animaux élevés car, les descriptions portent souvent sur les appréciations des uns et des autres.
Les produits de l’élevage avaient une importance économique indéniable : le lait était fort apprécié par les Barundi, le beurre était mangé cuit avec les aliments. La peau de vache pouvait servir d’habits, de natte, mais aussi elle était exportée. La bouse de vache quant à elle était utilisée dans le fumage des champs. La viande était la chose la moins consommée mais fort appréciée par les éleveurs. A la fin du XIX ème siècle, l’élevage occupe une place de choix dans l’économie burundaise dans la mesure où le bétail devint de plus en plus un moyen d’échange. Les autres activités de production dite vivrière comme la pêche et la chasse restèrent marginales soit localisées dans l’espace ou limitées par des considérations culturelles.
L’organisation des échanges
Bon nombre d’auteur présentent l’économie traditionnelle du Burundi comme une économie fermée ne visant que la satisfaction des besoins du groupe. Il est vrai que les Barundi d’autrefois ne produisaient pas énormément, cela s’explique dans la mesure où pour la majorité des cultures il n’y avait que trois, voir deux récoltes par an. De plus, dans un pays non industrialisé où les moyens de conservations étaient relativement absents, l’on comprend très mal comment les Barundi pouvaient produire pour laisser ensuite pourrir leurs productions dans les greniers.
Il faut noter également qu’on ne produisait que ce qui était juste nécessaire à la consommation du groupe, il y avait sans doute un surplus qui était destiné à l’échange.
A la fin du XIX ème siècle les échanges existaient au Burundi. On distinguait les échanges locaux des échanges régionaux et des échanges à longues distances (internationaux).
Aperçu sur l’économie du Burundi au lendemain de l’indépendance
D’une manière générale, l’économie du Burundi est une économie qui se cherche encore.
Le plan quinquennal de développement économique et social du Burundi (1973-1977) nous montrait qu’elle était loin d’être une économie moderne. Heureusement le Burundi a su se sortir de cette situation et a développer ses échanges intra zones et internationaux.
Les incidences de l’enclavement sur le développement économique du Burundi
Si l’enclavement est une réalité indéniable qui pèse énormément sur le Burundi, il ne doit pas être pris comme un alibi facile qui pourrait expliquer toutes les difficultés que rencontre ce pays dans sa vie économique.
D’autres facteurs gênent le développement économique du Burundi. Il s’agit notamment des problèmes liés aux sources d’approvisionnement, au stockage, à la distribution des produits et à la prolifération des petits exportateurs. Le problème de l’enclavement est cependant un facteur réel mais pas unique. Les effets de l’enclavement sont repérables dans la vie de tous les jours. Il ne s'agit pas d’un fait palpable, visible, il s’agit plutôt de difficultés rencontrées par les personnes et les biens qui doivent arriver au Burundi. Les conséquences d’une mauvaise organisation dont ses personnes et ses biens souffrent avant de parvenir au Burundi et jusqu’à la capitale, l’incapacité de se procurer certains produits parce qu’ils sont très cher, l’état de la voie que ses marchandises emprunte, toutes ces difficultés se répercutent sur le développement économique du pays. Ainsi les effets de l’enclavement sont observables à tous les niveaux.
L’évolution économique selon les différents secteurs
Le secteur primaire
Ce secteur repose principalement sur les cultures vivrières (78 %), les cultures de rentes (café, thé, coton) pour 7 % et l’élevage pour 9 %.
Il est dominé par la production de café constitué à 98 % de la variété Arabica d’excellente qualité. La production a évolué comme suit :
La production caféière constitue près de 79 % des recettes d’exportation. Sa production est donc la principale source de devise du pays et représentent un élément important pour l’économie interne du pays. 50 % des exploitations agricoles familiales du Burundi, soit près de 450 000 unités de production, cultivent le café et en récupère 40 à 60 % de leur revenu.
(cf. exposé sur le café)
La production de thé avec 6 200t de thé sec a constitué, en 1992, sa forte progression (+17 % pour le thé sec par rapport à 1991) impulsé depuis 1985 par la politique d’expansion de l’Office du thé du Burundi (OTB). En effet de 1985 à 1992, 3 680 hectares supplémentaires de thé ont été plantés, dont 1 339 sont déjà entré en production.
Le plant de thé est productif en quatre ans et voit son rendement augmenter naturellement jusqu’à l’âge de douze ans. Ce phénomène, ainsi que l’entrée en production en 1996 de 2 341 hectares ont du permettre de conforter cette tendance à la hausse.
L’OTB à fourni également de gros efforts pour améliorer le rendement des plantations. Ainsi l’objectif visé était d’atteindre 2 tonnes à l’hectare de thé sec pour les blocs industriels.
45. Récolte des plantations du thé de Teza
Les cultures vivrières constituent l’activité la plus importante de l’économie du Burundi, puisqu’elle constituait en 1992 près de 43 % à la formation du PIB au coût des facteurs.
46. Etales du marché central de Bujumbura
Jusqu’à présent la production vivrière satisfait à peu près la demande nationale : manioc, banane plantain et haricot étant les cultures dominantes.
47. Présentation de légume sur une cascade.
Les légumes sont exposés au bord de la route, maintenus
au frais par l’eau vivifiante de la cascade.
De plus, l’élevage stagne car ce dernier n’a pas été modernisé. A cela s’ajoute la taille des troupeaux de bovins en régression, en raison du manque de terres et donc de pâturages.
La pêche quant à elle progresse régulièrement (+ 6 % en 1992) avec une augmentation de la pêche coutumière, c’est-à-dire avec des bateaux non motorisés, de la pêche artisanale. Cependant la pêche semi industrielle a quant à elle diminuée (- 40 % en 1992) suite à une législation et à un système d’imposition.
Avec une production totale proche de 24 000 tonnes, le taux de saturation de pêche dans les eaux burundaises du lac Tanganyika estimé à 23 000 tonnes semble être atteint, ce qui encourage fortement les projets de pisciculture.
Données statistiques de la production agricole entre deux périodes de crise : 1988-1993
|
Produits |
Unités |
1989 |
1990 |
1991 |
1992 |
1993 |
|
Effectif en bovins |
1 000 u |
423.1 |
431.8 |
409.4 |
nd |
nd |
|
maïs |
1 000 t |
169.0 |
167.9 |
171.9 |
176.0 |
nd |
|
Riz paddy |
1000 t |
40.0 |
40.0 |
40.2 |
40.4 |
nd |
|
Manioc |
1 000 t |
568.7 |
569.4 |
583.4 |
598.1 |
nd |
|
Haricots |
1 000 t |
322.3 |
330.4 |
338.1 |
345.8 |
nd |
|
café |
1 000 t |
32.5 |
34.9 |
34.2 |
36.9 |
38.3 |
|
thé |
1 000 t |
3.9 |
4.0 |
5.3 |
6.2 |
7.2 |
u : unités t : tonnes nd : non donnée
Le secteur secondaire
Aperçu de l’évolution de ce secteur entre deux périodes de crise, à savoir 1988-1993
Ce secteur représente une part réduite dans le PIB au coût des facteurs (16 %), mais il s’est cependant diversifié au cours des dernières années. Le développement du secteur industriel se heurte à l’enclavement du pays, à l’absence de main-d’œuvre qualifiée et à l’étroitesse du marché intérieur. De plus, les dévaluations successives du Fbu (Franc burundais) ont entraîné une hausse des prix et une augmentation du taux d’endettement des entreprises.
Le secteur agro-alimentaire avec notamment les brasseries (BRARUDI et BRAGITA) est dominant. En 1992, il représentait 56 % de la valeur ajoutée du secteur secondaire, les industries représentant pour leur part 83 % du secteur agro-alimentaire.
Le secteur du bâtiment et des travaux publics représente 27 % du secteur secondaire. Depuis 1989, son activité se maintient à un niveau relativement élevé, en raison de la poursuite des travaux de grands chantiers exercés dans le pays.
Quelques donnés statistiques de la production industrielle entre deux périodes de crise
|
Produits |
Unités |
1989 |
1990 |
1991 |
1992 |
1993 |
|
bière et boissons |
1 000 l |
105 832.0 |
14 744.0 |
123 179.0 |
132 146.0 |
nd |
|
Lait |
1 000 l |
2 207.6 |
2 049.7 |
1 949.7 |
2 122.2 |
nd |
|
Sucre |
1 000 l |
8.5 |
10.3 |
14.4 |
17.3 |
nd |
l : litres nd : non donnés
Nouvelles données sur ce secteur depuis 1993 à 1995
Au cours des années 1994-1995, plusieurs facteurs ont joué en sens opposés, expliquant une évolution extrêmement contrastée des diverses branches à l’intérieur du secteur industriel. Si certaines branches, comme celles des industries agricoles, ont naturellement été fortement stimulées, la première année par les bons résultats des secteurs du café et du thé, parallèlement les troubles qui ont touché les pays voisins, l’instabilité politique du Burundi ont fait que la crise s’est approfondie au cours de l’année 1995.
Evolution de la production des principales industries
|
Rubriques |
Années |
Variation en % | |||
|
1993 |
1994 |
1995 |
1993/1994 |
1994/1995 | |
|
Industries alimentaires |
|||||
| Farine (t) |
2 267 |
2 349 |
nd |
3.62 |
nd |
| Produits laitiers (l) |
84 995 |
40 132 |
0 |
-52.78 |
-100.00 |
| Lait (l) |
1 601 938 |
1 128 635 |
385 898 |
-29.55 |
-65.81 |
| Sucre (t) |
13 916 |
12 268 |
153 00 |
-11.84 |
24.71 |
| Boissons gazeuses (hl) |
179 300 |
201400 |
231 146 |
12.33 |
14.77 |
| Bière Primus (hl) |
1 044 372 |
1 187 058 |
1 148 948 |
13.66 |
-3.21 |
| Bière Amstel (hl) |
144 235 |
195 612 |
255 264 |
35.62 |
30.50 |
| Cigarettes (1 000 unités) |
517 485 |
584 580 |
522 484 |
12.97 |
-10.62 |
| Aliments pour bétail (t) |
3 281 |
2 443 |
1 909 |
-25.54 |
-21.86 |
|
Industries chimiques |
|||||
| Savon de toilette (kg) |
3 897 948 |
408 844 |
305 909 |
5.39 |
-25.18 |
| Savon de ménage (kg) |
4 841 397 |
5 292 349 |
5 261 757 |
9.31 |
-0.58 |
| Produits pharmaceutiques |
2 84.3 |
2 723 |
2 423 |
-4.22 |
-11.02 |
| Insecticide (t) |
2 688 |
2 885 |
229 |
44.53 |
-94.11 |
| Mousse pour matelas (t) |
26 642 |
50 225 |
19 505 |
88.52 |
-41.25 |
| Bouteilles (t) |
3 487 |
5 106 |
3 704 |
46.63 |
-27.46 |
| Peinture (t) |
790 |
591 |
534 |
-25.19 |
-9.64 |
|
Industries textiles et du cuir |
|||||
| Couvertures (unités) |
242 669 |
248 838 |
137 708 |
2.54 |
-44.66 |
| Tissus finis (m²) |
4 801 301 |
4 596 402 |
3 999 937 |
-6.22 |
-12.98 |
| Chaussures |
405 248 |
74 890 |
10 000 |
-81.52 |
-86.65 |
Le secteur tertiaire
Ce secteur représente 49 % de services marchands et 51 % de services non marchands.
Le Burundi dispose d’atouts majeurs et d’une situation privilégiée en Afrique Centrale.
Son développement pourrait augmenter comte tenu des efforts de libéralisation et de la multiplication des initiatives privées.
L’évolution générale de la production
Analyse de la croissance globale pour l’année 1994
1994 et 1995 ont été marquées par une aggravation de la sérieuse récession que connaît l’économie burundaise suite aux troubles qui ont affecté le pays pour la seconde années consécutives. Le PIB réel au coût des facteurs a reculé de 10,4 % en francs constants, ce qui porte à la baisse à plus de 13 % par rapport à 1992, dernière année pour laquelle la situation aura été normale. Cette performance globale médiocre de l’économie est bien inférieure à l’objectif fixé d’établir un taux de croissance de 3,6 % par an.
Evolution du PIB entre 1980 et 1995
|
Années |
PIB aux coûts des facteurs |
PIB aux coûts du marché | ||
|
valeur |
variation |
valeur |
variation | |
|
1980 |
76 542.0 |
- |
82 775.3 |
- |
|
1981 |
86 465.9 |
13.0 % |
92 843.6 |
12.2 % |
|
1982 |
84 701.3 |
-2.0 % |
91 865.4 |
-1.1 % |
|
1983 |
88 068.6 |
4.0 % |
95 278.5 |
3.7 % |
|
1984 |
87 787.6 |
-0.3 % |
95 426.7 |
0.2 % |
|
1985 |
98 512.5 |
12.2 % |
106 671.2 |
11.8 % |
|
1986 |
101 843.6 |
3.4 % |
110 138.3 |
3.3 % |
|
1987 |
106.594.8 |
4.7 % |
116 198.7 |
5.5 % |
|
1988 |
108 499.3 |
1.8 % |
121 883.6 |
4.9 % |
|
1989 |
108 389.9 |
-0.1 % |
123 691.8 |
1.5 % |
|
1990 |
113 050.7 |
4.3 % |
133 339.8 |
7.8 % |
|
1991 |
121 642.5 |
7.6 % |
140 940.1 |
5.7 % |
|
1992 |
124 075.4 |
2.0 % |
145 873.0 |
3.5 % |
|
1993 |
117 499.4 |
-5.3 % |
137 266.5 |
-5.9 % |
|
1994 |
111 624.4 |
-5.0 % |
127 932.4 |
-6.8 % |
|
1995 |
108 275.7 |
-3.0 % |
123 070.9 |
-3.8 % |
Répartition du PIB par secteur
|
Secteur |
Années |
variation en % | ||||
|
1992 |
1993 |
1994 |
1995 |
1993/94 |
1994/95 | |
|
Secteur primaire |
112 005.9 |
107 313.1 |
103 804.7 |
104 117.4 |
-3.3 |
0.3 |
| - agriculture vivrière |
89 339.3 |
88 267.2 |
76 826.4 |
82 310 |
-12.9 |
7.1 |
| - agriculture d’exploitation |
10 322.2 |
7 015.5 |
12 565.9 |
6 287 |
79.1 |
-50 |
|
Secteur secondaire |
43 781.1 |
42 936.7 |
54 277.3 |
56 152 |
26.4 |
3.5 |
| - industrie |
28 693.9 |
25 320.5 |
38 565.5 |
38 203.1 |
50.8 |
0.9 |
| - bâtiments et travaux publics |
13 176.8 |
14 456.9 |
13 806.3 |
16 158 |
-4.5 |
17 |
|
Secteur tertiaire |
56 489 |
61 383.7 |
98 229.5 |
114 438.3 |
60 |
16.5 |
| - services marchands |
33 008.7 |
37 479.9 |
40 197.1 |
48 169.8 |
7.2 |
19.8 |
| - services non marchands |
23 480.4 |
23 903.8 |
58 032.4 |
66 268.5 |
142.8 |
14.2 |
|
PIB aux coûts des facteurs |
212 276 |
211633.5 |
256 311.5 |
247 707.7 |
21.1 |
7.2 |
| - taux indirects et subventions |
21 441.1 |
23 131.3 |
30 236.4 |
35 246 |
30.7 |
16.6 |
|
PIB aux coûts du marché |
233 717.1 |
234 764.8 |
286 547.9 |
309 953.7 |
22 |
8.2 |
L’épargne intérieure, qui au Burundi est généralement négative, traduit par la même l’incapacité dans laquelle se trouve le pays de financer ses investissements sans faire appel à l’extérieur. En effet, il à donc fallu y faire recours en 1994 dans une moindre mesure qu’en 1993. Tout ceci traduit la faible progression de la consommation. De plus son déficit s’est accru en 1995 mais ne représente encore que 46,8 % de son niveau de 1992 aux prix constants.
L’épargne nationale brute est traditionnellement négative du fait de l’importance des services et des transferts courants dans l’économie du pays. Cette dernière a énormément progressé en 1994 (+168,4 %), essentiellement du fait de la très forte augmentation du volume des transferts en grande partie liée à l’aide humanitaire. Elle a par contre chuté une nouvelle fois de –31,8 % en 1995 à cause du retrait des aides humanitaires et de la politique d’attente des bailleurs de fonds.
Il est indispensable des signaler que les données suivantes date de 1995 et ne tiennent pas compte d’une nouvelle évolution possible suite aux dernières crises survenues dans le pays.
Indice des prix à la consommation
L’année 1994 a été caractérisée par une très forte inflation intérieure, l’indice de prix à la consommation des ménages à Bujumbura ayant augmenté de 15 % conte 9,7 % seulement en 1993.Cette forte augmentation, puisque c’est la première fois depuis de longues années que le Burundi connaît une hausse des prix dépassant les 10 %, est due principalement aux rubriques "alimentation ", "articles de ménage " et "services médicaux " dont les indices ont augmenté respectivement de 17,7 %, 25,6 % et 29,4 %.
L’inflation, déjà élevée en 1994, a continué à croître en 1995 puisque l’indice des prix à la consommation des ménages a, pour cette dernière année, progressé de 19,2 %, record historique du Burundi. L’insécurité sur les voies d’accès à Bujumbura qui a entraîné une forte hausse des prix des produits vivriers et du charbon de bois est à l’origine des importantes hausses des indices des prix de l’alimentation (+20,1 %) et du logement (+24,6 %).
Indices des prix à la consommation des ménages de Bujumbura (1991 = 100)
|
Rubriques |
Années |
variation en % | ||||
|
1992 |
1993 |
1994 |
1995 |
1993/1994 |
1994/1995 | |
|
Alimentation |
97.9 |
113.5 |
133.5 |
160.4 |
17.7 |
20.1 |
|
Habillement |
109.5 |
135.3 |
136.0 |
157.0 |
0.5 |
15.4 |
|
Logement chauffage éclairage |
105.2 |
105.1 |
118.8 |
148.0 |
13.0 |
24.6 |
|
Articles ménagés |
109.8 |
111.8 |
140.4 |
153.7 |
25.6 |
9.5 |
|
services médicaux |
100.5 |
106.2 |
137.4 |
166.7 |
29.4 |
21.3 |
|
Transport communication |
100.0 |
100.4 |
101.5 |
102.1 |
1.1 |
0.6 |
|
Culture enseignement loisirs |
115.6 |
120.0 |
123.7 |
134.2 |
3.1 |
8.5 |
|
Autres biens et services |
112.3 |
116.2 |
127.7 |
153.8 |
9.7 |
20.6 |
|
Indice général |
101.89 |
111.7 |
128.2 |
152.9 |
14.8 |
19.3 |
Taux de change
Au cours des deux années1994 et 1995, la Fbu a continué à ses déprécier par rapport aux monnaies de ses différents partenaires commerciaux comme le Deutche Mark. Le franc français, le franc belge et le yen japonais que ce soit en moyenne période ou en fin d’année. Par contre, le Fbu s’est légèrement apprécié par rapport au Dollard américain, le taux d’appréciation étant de 1,15 %.
En moyenne période, il y a lieu de relever que le taux de dépréciation du Fbu par rapport aux monnaies fortes est moins élevé entre 1995 et 1995 qu’entre 1994 et 1993. L’inverse s’observe en ce qui concerne le taux en fin d’année sauf pour le cas du yen japonais vis-à-vis duquel le Fbu s’est très bien comporté. En effet, le taux de dépréciation en fin d’année n’a été que de 7,7 % entre 1995 et 1994 tandis qu’il était de 24,2 % entre 1993 et 1992.
Par rapport à l’EURO (alors ECU), le taux de dépréciation du Fbu a été plus élevé entre 1994 et 1995 qu’entre les deux années les précédants. Le taux de fin d’année est donc passé de 3,5 % à 8,9 % entre les deux périodes considérées.
S’agissant des monnaies de la sous régions, il y a lieu de noter que le Fbu s’est apprécié par rapport au franc Rwandais et au Shilling tanzanien tandis qu’il s’est déprécié par rapport au Shilling kenyan entre 1994 et 1995.
Notons qu’entre 1992 et 1993, le taux de dépréciation du Fbu en fin de période par rapport au franc Rwandais et au Shilling ougandais était respectivement de 11,7 % et 21 % tandis que les taux du Fbu par rapport au Shilling kenyan et au Shilling tanzanien était respectivement de 40,9 % et 22,5 %.
Evolution du taux de change officiel entre 1994 et 1995
|
Moyenne annuelle |
1994 |
1995 |
Variation en % |
|
Dollar des Etats-Unis |
252.67 |
249.76 |
- 1.15 |
|
ECU |
299.2 |
323.14 |
8 |
|
Franc Belge |
7.57 |
8.49 |
12.1 |
|
Franc Français |
45.59 |
50.15 |
10 |
|
Franc Rwandais |
1.8 |
1.06 |
- 41.1 |
|
Deutsche Mark |
155.87 |
174.54 |
12 |
|
Yen Japonais |
2.47 |
5.66 |
7.7 |
|
Shilling Kenyan |
4.29 |
5.16 |
20.3 |
|
Shilling Ougandais |
0.26 |
0.26 |
0 |
|
Shilling Tanzanien |
0.5 |
0.44 |
- 1.2 |
Le café fut introduit au Burundi par des missionnaires vers 1915-1920. Après la tutelle belge, la caféiculture s’est étendu. En effet, le Burundi produit principalement du café de deux variétés à savoir : l’Arabica de haute altitude, cette production étant de l’ordre de 30 milles tonnes environs et le Robusta avec une production de 500 tonnes par ans.
48. Un caféier de Kayanza
Il est claire que lorsqu’il y a pénurie d’un produit, celui-ci passe par une période de hausse des prix, il en est de même pour le café.
Le Burundi c’est déjà trouvé dans une telle situation, mais également dans la situation inverse, lorsque les cultures de café n’étaient plus rentables. Afin de pallier à ces hausses et à ces baisses spectaculaires, il a été créé en 1962 l’Organisation International du café (O.I.C). Le marché mondial du café à fait l’objet de quatre accords internationaux destinés à protéger les intérêts des pays signataires, producteurs et consommateurs de café.
L’O.I.C basé à Londres est chargé de l’exécution de cet accord, le Burundi en étant membre depuis sa création.
|
Cerises |
||||
|
Sogestal |
Station de traitement |
Traitement par planteurs |
||
|
Café parche |
Café parche |
|||
|
Sodeco |
Usinage |
Usinage |
Sodeco | |
|
Fully Washed |
Washed |
La filière café du Burundi est en pleine réforme depuis 1991, afin de s’adapter à l’environnement international très concurrentiel. Cette réforme vise essentiellement à améliorer les performances du secteur, notamment au niveau commercial et au niveau de la productivité.
La réforme à permit à la mise en place de nouvelles structures telles que :
- les Sociétés de Gestion des stations de lavage (SOGESTAL),
- les Sociétés de déparchages et de conditionnement (SODECO),
- l’Office du Café au Burundi (OCIBU),
- l’Association Burundaise des Exportateurs de Café (ABEC).
Le traitement post-récolte de l’Arabica et du Robusta est assuré par deux procédés technologiques conduisant à deux produits commerciaux différents :
- le café "Fully Washed",
- le café "Washed".
Le café "Fully Washed" est le résultat du traitement du café cerise dans les stations de dépulpages-lavages (SDL) gérées par les Sociétés de Gestion des Stations de Lavage. Dans ces stations le traitement dure environ 60 heures. Il est constitué du dépulpage, de la fermentation, du lavage, du trempage et du séchage du café.
Le café est acheté directement en "cerise" aux planteurs, c’est-à-dire sous la forme de petites boules rouges.
49. Baies de caféier ou cerise
(5 kg de cerise = 1 Kg de café parche)*
*le café parche est le résultat de l’écorçage du café cerise.
Le café "washed" est le résultat du traitement du café cerise par les paysans, constitué du dépulpage, du lavage et du séchage. Les caféiculteurs vendent leur café en parche sur des marchés à des commerçants agréés par les gouvernements. L’usinage du café comprend le déparchage, le calibrage, le triage et la mise en sac exports. On à pu observer une évolution de la qualité sur la période de 1973 à 1994 du au progrès technique.
En effet, tout le café produit au cours de cette période était traité par les paysans, soit 100 %, alors qu’en 1994 seulement 25 % était traité par ces derniers contre 75 % par les statuions de dépulpage-lavage.
Les rémunérations qualitatives sont librement négociées par les parties constitutives de la filière café, celle-ci tenant compte des cours mondiaux. Ces cours étant extrêmement bas, les rémunérations des primes de qualité couvrent tout juste les frais de fonctionnement des entreprises.
Il faut savoir que depuis 1991, la filière café est devenue privée. Cependant les prix payés aux producteurs sont fixés par des décrets gouvernementaux en accord avec les représentants de la filière. Les prix étant les mêmes sur l’ensemble du territoire national.
Depuis 1992, on observai une augmentation progressive des prix payés aux caféiculteurs, mais avec les récentes crises survenues dans le pays on a pu constater un changement de tendance.
La quantité nécessaire pour obtenir 1 Kg de café parche étant de 5 Kg de cerises, on obtient l’équivalent parche en multipliant par 5.
De 1971 à 1995, l’évolution du café est passé de 24 mille tonnes à 44 milles tonnes de café marchand, malgré des productions irrégulières liées à la crise de 1993.
La qualité du café s’étudie de deux façons, à savoir avant et après usinage.
Les seules données que nous possédons se trouvent être celle des sous filières FW. Ces données concernent les apports des sociétés déparchage-lavage qui permet de classer le café en différentes catégories, afin de le payer en fonction de sa qualité.
Avant usinage :
Après le déparchage des échantillons, le pourcentage de défauts sur le café vert de chaque lot est noté. Ainsi, le pourcentage moyen des défauts a baissé de 1,5 % de 1993 à 1995.On ne constate pas de grandes variations de la qualité à l’entrée de l’usine.
Le pourcentage de défauts englobe à la fois les défauts technologiques et les défauts agronomiques (principalement des fruits piqués par les insectes) ce qui est le plus fréquent au Burundi
Après usinage :
L’usinage aboutit à une classification suivant la qualité du café qui correspondent aux différents grades commerciaux mis en ventes aux enchères. Chaque filière comporte plusieurs qualités dénommées comme suit :
|
Café Fully Washed |
Café Washed |
|
Super |
Ociru |
|
Extra |
Washed 3A |
|
Courant 1 |
Washed 3B |
|
Courant 2 |
Washed 3C |
|
Brisure |
Brisure |
|
Triage |
Triage |
|
Stocklot |
Stocklot |
Les tableaux présentés ci-après donnent une représentation des résultats obtenus pour chaque qualité des deux filières.
|
Qualités |
Purcentage des qualités FW | |||
|
1991 |
1992 |
1993 |
1994 | |
|
Super |
45.3 |
41.8 |
22.5 |
2.8 |
|
Extra |
26.3 |
22.7 |
31.4 |
20.9 |
|
CRT 1 |
18.7 |
28.4 |
21.6 |
30.3 |
|
CRT 2 |
0 |
0 |
15.2 |
37.6 |
|
Brisure |
9.7 |
6.8 |
5.4 |
2.5 |
|
Triage |
0 |
0.2 |
3.2 |
3.3 |
|
Stocklot |
0 |
0 |
0.8 |
2.6 |
|
Qualités |
Pourcentage des qualités W | |||
|
1991 |
1992 |
1993 |
1994 | |
|
Ociru |
33.3 |
34.0 |
9.6 |
5.4 |
|
Washed 3A |
27.3 |
22.9 |
19.3 |
14.9 |
|
Washed 3B |
18.0 |
20.1 |
34.0 |
37.9 |
|
Washed 3C |
8.0 |
12.8 |
27.7 |
35.9 |
|
Brisure |
9.4 |
9.8 |
6.0 |
2.5 |
|
Triage |
4.4 |
0.4 |
2.0 |
1.8 |
|
Stocklot |
0 |
0 |
0.3 |
1.6 |
On constate une diminution régulière des grades de meilleures qualités au profit des grades de qualité inférieures. Bien qu’attribué à l’époque aux problèmes de diminutions des soins apportés aux caféiers.
50.Emballage de café du Burundi
Bénard Bénédicte - Lycée Montesquieu 95 Herblay