Actualité du 1er septembre (SurviT-Banguka)
Burundi-Parlement : Fin de session sans tambours ni trompettes.
Bujumbura le 1er septembre 2009 (SurviT-Banguka)
La boucle est bouclée. Les deux chambres du parlement burundais
viennent de clôturer la session de juin avec un moral plutôt
en berne. Les Burundais, la Commission électorale indépendante
et la communauté internationale s’attendaient en effet à une
fin de session précédée par l’approbation
du projet de code électoral, un incontournable outil d’organisation
des élections de 2010.
Le désenchantement est total à Bujumbura
et le parti présidentiel (CNDD-FDD) reste comptable de ce
raté de dernière minute. Car les différents
acteurs politiques s’étaient déjà, bien
que difficilement, accordés sur un projet de code électoral
de consensus. Chronologie des élections, bulletin unique pour éviter
le terrorisme électoral de 2005, tout avait fait objet d’un
accord concerté.
Mais conscient de son impopularité naturellement
préjudiciable au verdict des urnes, le parti aux commandes
a refusé d’en prendre acté démocratiquement
et de jeter du lest sans coup férir. C’est ainsi qu’il
a voulu tout tripatouiller. Aussitôt que le projet de code
lui a été envoyé, le président de l’Assemblée
l’a confié à une commission présidée
par un certain Mbunde Fidèle (CNDD-FDD) qui l’a changé de
fond en comble en élaguant tout ce qui aurait pu garantir
des élections apaisées, libres et réellement
démocratiques.
Des élections qui démarrent par
les présidentielles (seul le président peut tenter
de se jeter à l’eau et son élection pourrait
influencer les autres scrutins) ; des bulletins multiples (la milice
du parti présidentiel tient à récupérer
les autres bulletins que chaque candidat est sommé de remettre
pour prouver qu’il a voté pour le CNDD-FDD), une caution
exagérée pour les candidats ; tout est décrié et
les autres partis politiques ont crié au forcing, prélude à la
fraude massive.
Témoins de cette attitude peu démocratique
du CNDD-FDD, plusieurs diplomates accrédités à Bujumbura
ont tiré la sonnette d’alarme à travers un communiqué de
presse pour exprimer «l'inquiétude de la communauté internationale
devant la persistance de divergences entre le parti présidentiel
burundais et l'opposition au sujet d'un projet de code électoral ».
L’ONU a joint sa voix aux autres. C’est ce tollé de
protestations qui aurait poussé le parti indexé à repousser
le calendrier. « Nous avons appris que dans son état
actuel, le projet ne peut pas être analysé en plénière
car il y a encore des points sur lesquels les familles politiques
ne s’accordent pas encore, c’est ainsi que nous devons
encore renégocier des points de compromis, le projet sera
donc analysé dans une session extraordinaire », a déclaré le
président de l’Assemblée Nationale au moment
de la clôture de la session, le 31 août 2009.
Burundi-politique
Le Chef de l’Etat joue au bon Samaritain
Bujumbura le 1er septembre 2009 (SurviT-Banguka)
En campagne électorale depuis qu’il est aux affaires
en 2005, le Président burundais Pierre Nkurunziza sait qu’il
approche la dernière ligne droite. C’est ainsi qu’il
multiplie les initiatives caritatives pour mériter la reconduction.
Sa récente sortie en province de Bubanza fera de lui une imbattable
champion sur le terrain de « l’amour du prochain (scrutin) ».
Le 29 août dernier, le président burundais, Pierre Nkurunziza,
s’est en effet rendu au site de Muyange pour distribuer un
millier de paires de chaussures aux indigents ou vulnérables,
ainsi que plusieurs centaines de tôles. Avant de chausser les
souliers gracieusement acquis, chaque bénéficiaire était
lavé les pieds par le chef de l’Etat en personne, appuyé par
un groupe de chrétiens. Interrogé sur cette attitude
inédite au palmarès des présidents et qui passait
pour le clou du spectacle, le président Nkuruziza a indiqué que
ce geste de laver les pieds des vulnérables était motivé par
le souci de montrer que chaque haute autorité, doit être
serviteur de ses dirigés, comme l’a fait Jésus-Christ
envers ses disciples.
« Le don de ces souliers servira de prévention
de pas mal de maladies qui attaquent les pieds, mais également
permettra à l’Etat de minimiser les dépenses
dans l’achat des médicaments et pour ce qui est de ces
330 tôles, elles sont destinées à couvrir 15
maisons », a précisé le président burundais.
Il est à signaler que ce site de Muyange est habité par
environ 300 ménages vulnérables, en manque criant d’eau
potable et de propriétés foncières à cultiver.
Rappelons aussi que le geste du chef de l’Etat s’inscrit
dans la droite ligne de la croisade de cinq jours de prière,
de louange et d’adoration, organisée par sa famille
pour remercier Dieu qui a fait des merveilles pour le Burundi pendant
les quatre dernières années du pouvoir issu des élections
démocratiques de 2005.
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