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Actualité du 1er septembre 10 (SurviT-Banguka)
Burundi – Gouvernance
Les dignitaires réélus lèvent
un coin de voile sur leurs biens
Bujumbura le 1er septembre 10 (SurviT-Banguka)
C’est le chef de l’Etat Pierre Nkurunziza qui aura
donné le ton en allant déclarer ses richesses à la
cour suprême. Officiellement, le Chef de l’Etat est à peine
au dessus de la moyenne (des dignitaires qui ont pignon sur rue
cela va sans dire). Une maison, des vastes champs de cultures diverses,
quelques têtes de bétail. Et c’est tout. « Nous
avons bien sûr pu vendre nos récoltes et l’argent
a été placé dans une banque locale pour rapporter
quelques bénéfices, c’est un peu comme le commun
des Burundais », a déclaré Pierre Nkurunziza,
côté cour. Sauf que ce n’est que le signe visible
d’un véritable iceberg. Car côté jardin,
le Chef de l’Etat burundais brasse des milliards de francs
burundais.
C’est d’ailleurs à ce prix qu’il
aurait pu écarter ses concurrents poids lourd au sein de
son propre parti, en l’occurrence Gervais Rufyikiri et Jérémie
Ngendakumana, pour s’incruster au pouvoir et continuer à sucer
le pays jusqu’à la lie. Bien sûr qu’il
n’a pas pipé mot sur la poche dans laquelle l’argent
du pétrole nigérien finit sa course. Bien plus, il
n’a fait aucune allusion au sort du magot issu de la vente
du jet présidentiel, Falcon50. Pas plus que les milliards
mystérieusement happés dans l’affaire Interpétrole.
Rien du tout. Pierre Nkurunziza passe pour un homme plutôt
pitoyable ou magnanime selon l’angle de vue. Un véritable
Robin des bois qui vole aux riches pour donner aux pauvres. Telle
est, in fine, l’image qu’il voudrait entretenir au
sein de la population burundaise qui donne mandat.
Après
le Chef de l’Etat, ses adjoints. Le 1er vice-président
tarde à s’exécuter mais le 2ème, en
l’occurrence Gervais Rufyikiri, y va tout droit pour emboîter
le pas au président, qui est aussi président du conseil
des sages au sein du désormais parti Etat, CNDD-FDD. Gervais
a juste ce qu’il a pu amasser comme économies tout
au long de la législature qui vient d’expirer. « Nous
avons une maison, un véhicule, une dizaine d’hectares
de cultures et quelques économies en espèces, c’est
raisonnable quant on a passé cinq ans à la tête
du sénat, en fait nous le déclarons car c’est
un signe du respect des lois et des textes fondamentaux de notre
pays, en plus du mot d’ordre de lutter contre la corruption
et les malversations économiques », a déclaré Gervais
Rufyikiri. « Le travail que je viens de faire aujourd’hui
marque à la fois la fin du mandat comme président
du Sénat et le début du mandat en tant que deuxième
vice-président de la République », a-t-il précisé.
Pour ne pas être en reste, Gabriel Ntisezerana s’est
aussi rendu à la cour suprême pour tout dire. Il s’affirme
plutôt riche. Mais c’est parce qu’il est bien
né. Avant de passer de vie à trépas, son père était
un grand homme d’affaires, client direct de la brarudi (brasserie).
Il avait déjà deux camions. Le garçon a gardé cet
esprit de business en investissant dans le carburant. Reste que
toute cette richesse s’est démultipliée avec
sa fulgurante carrière. Un immense patrimoine qui devrait
décupler encore pendant son séjour au sommet du sénat. Burundi-justice
Comparution du Jean Claude Kavumbagu
Bujumbura le 1er septembre 10 (SurviT-Banguka)
Après un mois de vacances judiciaires, les magistrats reprennent
les dossiers judiciaires dès le début de ce mois
de septembre. La rentrée judiciaire correspond à l’entrée
en selle du nouveau gouvernement. Comme pour prouver que les promesses
du tout nouveau gouvernement ne vont pas rester lettre morte, les
magistrats planchent d’entrée de jeu sur certains
dossiers ayant une connotation plutôt politique, en l’occurrence
l’affaire Jean Claude Kavumbagu, du nom du directeur de l’agence
de presse en ligne Net Press, au noir depuis le 17 août.
Les organisations de la société civile sont mobilisées
pour obtenir sa libération. Comme elles se battent pour
que l’assassinat de l’ancien vice-président
de l’OLUCOME, Ernest Manirumva soit élucidé,
elles se sont en effet engagées dans une vaste action de
lobbying et plaidoyer afin d’aboutir à sa libération.
Chaque jeudi, un groupe de représentants de ces organisations
se rend à la prison centrale de Mpimba pour lui remonter
le moral et montrer à l’opinion que les nouvelles
institutions doivent mettre fin à l’injustice et la
restriction de la liberté des médias. Selon Maître
Gabriel Sinarinzi, Jean Claude Kavumbagu devrait être relaxé car
il a été irrégulièrement mis en prison. « Il
a été arrêté pour le protéger »,
a expliqué Tabou Rénovat, procureur de la République
en mairie de Bujumbura.
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