Actualité du 1er décembre
09 (SurviT-Banguka)
Burundi-politique
Le parti UPRONA a l’œil rivé sur le
tableau des gaffes du CNDD-FDD
Bujumbura le 1er décembre 09 (SurviT-Banguka)
L’association d’origine suisse « Initiatives
et Changement International » a organisé à Bujumbura,
le 30 novembre 2009, un débat sur la position essentiellement
ambiguë des partis politiques burundais qui, tout en se réclamant
de l’opposition, sont malgré tout parties prenantes
au gouvernement.
De manière explicite, les partis FRODEBU
et UPRONA étaient directement interpellés pour changer
de discours et d’attitude, dans la mesure où ils participent à la
cogestion du pouvoir aux côtés du parti présidentiel,
CNDD-FDD. Mais l’honorable Bonaventure Niyoyankana, président
de l’UPRONA, s’est ouvertement inscrit en faux contre
cette approche qui voudrait amener son parti à assumer sa
responsabilité vis-à-vis du chaos ambiant dans le
pays, consécutif à l’aveuglement du parti CNDD-FDD
qui, en réalité, gère le pouvoir en solitaire.
« D’accord,
nous avons trois ministres et un vice-président au gouvernement,
mais notre part est doublement symbolique et stratégique,
même si c’est une place qui nous revient de droit ;
mais vis-à-vis des dérapages du parti vainqueur des élections
de 2005, nous estimons que la meilleure attitude n’est pas
de se retirer du gouvernement, mais d’y rester et de veiller,
protester et alerter l’opinion nationale et internationale
sur le précipice dans lequel le CNDD-FDD est entrain de
plonger le pays », explique le président du parti
UPRONA en consolidation depuis quelques mois.
Pour provoquer le
débat, l’association suisse avait demandé à l’ancien
président burundais Sylvestre Ntibantunganya de faire un
exposé sur « l’opposition politique ».
Dans son mot liminaire, Sylvestre Ntibantunganya a, dans son mot
liminaire, étonné une partie du public (sans la surprendre)
en mettant en phase « le 40ème anniversaire du génocide
de 1972 et le 20ème anniversaire de l’assassinat de
l’ancien président Melchior Ndadaye. Ces propos hors
contexte et pour le moins controversés ont particulièrement
révolté le professeur Juvénal Ngorwanubusa,
porte-parole du parti MRC.
« Avant d’entrer dans le
cœur des débats, je voudrais relever, pour les regretter,
les mots qui ont été utilisés par le conférencier,
en faisant référence au 40ème anniversaire
du génocide de 1972 et du 20ème anniversaire de l’assassinat
de Melchior Ndadaye, cela est hors propos car au même moment,
il y a une partie des Burundais qui parleraient des massacres de
1972 et du génocide de 1993, donc en attendant les conclusions
dans le cadre d’une justice transitionnelle, je voudrais
que le conférencier nuance ses propos », a-t-il fait
remarquer d’entrée de jeu. Et le président
Ntibantunganya de lui rétorquer : c’est ma conviction
et si tu veux je pourrais te l’expliquer à deux, tu
vas comprendre.
Burundi-sécurité
L’ancien chef rebelle Agathon Rwasa fait tiquer le parti
présidentiel
Bujumbura le 1er décembre 09 (SurviT-Banguka)
Le parti FNL d’Agathon Rwasa a bien tenu son congrès
extraordinaire les 28 et 29 novembre sans l’aval du parti
présidentiel, CNDD-FDD. Comme à ses habitudes, le
CNDD-FDD avait dépêché ses policiers pour disperser
avec fracas les congressistes récalcitrants.
Mais contre
toute attente, les malheureux policiers ont été obligés
de boire la coupe de l’humiliation jusqu’à la
lie après s’être heurtés à un
infranchissable cordon de soldats sud-africains surarmés
et missionnés pour sécuriser les lieux. Les garçons
du général Alain Guillaume Bunyoni sont partis en
débandade et les plus veinards ont chopé des taxis
moto alors que d’autres prenaient en catastrophe leurs jambes
au coup. La réunion a donc eu lieu.
Et Agathon Rwasa, président
de ce parti, a été désigné comme candidat à l’élection
présidentielle de 2010. Le même congrès a homologué les
décisions portant exclusion du parti FNL de Jacques Kenese,
Methuselah Nikobamye alias Pasteur Habimana, Ahmed Willy Nyotori
et Anatole Bacanamwo. « Nous avons tenté à maintes
reprises de les appeler à s’amender, mais ils sont
restés têtus », a déclaré le président
du parti FNL, M. Agathon Rwasa, qui a affirmé que cette
fois-ci le divorce politique ainsi consommé revêt
un caractère irréversible.
Visiblement, la communauté internationale
reconnaît le leadership d’Agathon Rwasa. Parmi les
invités de marque aux cérémonies d’ouverture
et de clôture du congrès, il y avait notamment l’ambassadeur
de Belgique au Burundi, un représentant de l’ambassade
sud-africaine à Bujumbura et celui du BINUB (Bureau intégré des
Nations Unies au Burundi).
Au chapitre des partis politiques venus
s’associer au parti FNL, on a remarqué les délégués
du FRODEBU (Front pour la démocratie au Burundi), du RADEBU
(Rassemblement démocratique du Burundi) et de l’UPD-Zigamibanga
(Union pour la paix et la démocratie au Burundi). Au sein
des organisations de la société civile, le président
de l’APRODH (Association pour la protection des droits de
la personne humaine et des détenus), M. Pierre Claver Mbonimpa
avait répondu présent. Le FNL, rappelle-t-on, est
devenu parti politique le 21 avril 2009 après 29 ans de
maquis au titre de mouvement politico-militaire fondé le
18 avril 1980 par M. Rémy Gahutu dans le camp des réfugiés
burundais de Mishamo en Tanzanie.
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