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Actualité du 02 janvier 12 (SurviT-Banguka)
Burundi-politique
Que d’espoirs douchés par le Chef de l’Etat burundais!
Bujumbura le 02 janvier 12 (SurviT-Banguka)
Comme prévu, le Président burundais, Pierre Nkurunziza, a adressé son message de vœux à la Nation, le 31 décembre 2011. Son discours était très attendu,
notamment en ce qui concerne la nécessité de négocier avec l’opposition politique.
Mais sur cette question d’une brûlante actualité, vue l’insécurité qui va crescendo, la violation continuelle des droits humains, le pillage éhonté et systématique
des deniers publics, le Président burundais s’est montré intraitable et vigoureusement catégorique : pas question de négocier avec une poignée d’acteurs politiques,
fussent-ils de l’ADC-Ikibiri.
«Il y a des acteurs politiques qui se croient supérieurs aux autres et qui veulent même remettre en cause la volonté du peuple,
nous leur demandons de prendre leur mal en patience et de se préparer dès aujourd’hui au prochain rendez-vous électoral de 2015 ;
nous n’allons jamais accepter de négocier avec cette bande d’anti-démocrates», a martelé le Chef de l’Etat.
Avant sa sortie médiatique très attendue, le Chef de l’Etat avait pris le soin de déblayer le terrain en demandant à son porte-parole d’exclure toute
éventualité de négociation avec les opposants. Mais selon Gertrude Kazoviyo, Professeur à l’Université du Burundi et expert en analyse du discours, le Président burundais
est moins catégorique que les autres gros poissons du parti présidentiel (Melchiade Nzopfabarushe, président du forum de dialogue pour les partis politiques ;
Jérémie Ngendakumana, président du CNDD-FDD, Philippe Nzobonariba, porte-parole du Gouvernement) qui s’étaient récemment exprimé sur le même sujet.
Le Chef de l’Etat, commente le Professeur, a exclu l’idée de négociation avec les autres acteurs sociopolitiques, mais dans son discours, il a quand même fait allusion
à un début de négociations sur d’autres sujets, notamment la révision de la constitution, la révision de la loi électorale, la mise en place de la Commission
Vérité Réconciliation, etc. ; nous pouvons y voir déjà une porte ouverte au dialogue même si c’est autour d’autres questions politiques, l’opposition pourra naturellement
refuser d’y participer sans qu’il y ait des négociations préalables sur les véritables questions de l’heure notamment le contentieux électoral, violation des droits
humains et des libertés politique, etc.
Vu de l’Alliance des démocrates pour le changement, le discours du Chef de l’Etat est un non événement. «Je suis sûr et certain que même s’il refuse de
négocier, le Chef de l’Etat est convaincu que nous finirons par négocier, tôt ou tard et il vaut mieux le faire maintenant pour limiter les dégâts sinon en continuant
à banaliser nos revendications, il veut nous tendre un piège que nous allons éviter car notre combat est avant tout politique », a réagi Chovineau Mugwengwezo,
porte-parole du parti UPD-Zigamibanga.
Son optimisme s’explique par le fait que même la communauté internationale (Nations Unies, Union Européenne) appelle les négociations de tous ses vœux pour mettre fin
à la spirale des violences orchestrées par la police (dans toutes ses dimensions) ainsi que les jeunes Imbonerakure du parti CNDD-FDD au pouvoir.
Viscéralement réfractaires à l’idée de négociations, les ténors du parti présidentiel sont décidés à batailler ferme pour s’incruster au pouvoir et à
l’avoir qui y est afférent dans le contexte burundais. C’est aussi cela qui justifie le courroux du Chef de l’Etat vis-à-vis des médias locaux et étrangers.
«Nous déplorons énergiquement l’attitude ce certains médias privés locaux ou étrangers qui veulent toujours mettre de l’huile sur le feu comme s’ils ne travaillaient
que pour l’opposition politique », a-t-il indiqué dans son discours de fin d’année. Vu la nervosité du Chef de l’Etat, l’année 2012 devrait être une année de chasse
à l’homme sans précédent, en particulier dans les rangs de la presse privée, de la société civile et de l’opposition politique. Le tout sur fond de frilosité du trésor
public après le refus obstiné des bailleurs de fonds traditionnels de mettre la main à la poche.
Le Gouvernement burundais vient d’ailleurs de tirer la sonnette d’alarme en interdisant aux sociétés publiques et parapubliques d’accorder des primes de fin d’année
au personnel et aux membres des conseils d’administration. C’est le signe que le compte général du trésor est en piteux état comme j’ai eu l’occasion de le démontrer
fin novembre, rappelle Faustin Ndikumana, Président de l’association Parcem (parole et actions pour le réveil des consciences et le changement des mentalités).
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