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Actualité du 2 mars 10 (SurviT-Banguka)
Burundi –gouvernance
Controverse autour de l’Office burundais des recettes
Bujumbura le 2 mars 10 (SurviT-Banguka)
Le parti présidentiel, CNDD-FDD avait joué son va-tout
pour faire mains basses sur de l’Office Burundais des Recettes
(OBR) comme il tenté, avec un succès relatif, d’essaimer
littéralement l’Inspection Générale
de l’Etat (IGE). Cette fois, le parti semble être tombé sur
un os. D’abord parce que ce méga service conçu
pour juguler la fraude fiscale, la contrebande et la corruption
en canalisant à la fois les droits de douanes, les impôts
indirects, les gros contribuables, les recettes administratives
et l’immatriculation de véhicules devrait être
coiffé par un expatrié. C’est le principe auquel
le CNDD-FDD n’aura pas le culot de déroger dans la
mesure où il émane de la volonté des pourvoyeurs
de fonds qui ont horreur de ses nombreux dérapages sur le
terrain de la gouvernance en l’occurrence. Les mêmes
bailleurs de fonds recommandent ainsi une nette transparence dans
le recrutement du personnel de l’OBR. Et c’est là où le
bât blesse, puisque le CNDD-FDD voulait en faire un fonds
de commerce en cette cruciale période de campagne électorale.
L’OBR aurait dû démarrer effectivement dès
le mois de janvier 2010. Mais rien ne bouge. Pourtant, des tentatives
de recrutement du personnel ont eu lieu et le parti aux affaires
a tout fait pour caser ses caciques. Mais comme prévu, il
a donc buté sur le niet catégorique des bailleurs
qui scrutent les procédures de recrutement jusque dans les
petits détails. Des cadres hutus et tutsis, économistes
de renom et jouissant d’une lourde expérience en la
matière, ont passé le test avec un succès
mémorable. Mais leur unique boulet était d’avoir
refusé de militer, même pour la forme, au sein du
parti CNDD-FDD qui bat déjà de l’aile. Célestin
Mizero, ancien directeur des douanes et Chef de cabinet au ministère
du Commerce a été prié d’aller voir
ailleurs. Il carbure pour le FRODEBU. Même avis pour Nicodème
Nimenya, directeur général au ministère des
Finances. C’est un Uproniste viscéral. D’autres
encore ont été refusés….A défaut
de pouvoir caser ses militants, le CNDD-FDD gèle le projet
et l’OBR devra attendre encore. L’on attend aujourd’hui
les réactions des représentants des bailleurs, en
l’occurrence la Banque Mondiale. Dans son récent discours
de vœux du nouvel an prononcé le 26 février
dernier, la ministre des Finances, Clotilde Nizigama, a promis
aux travailleurs qu’il resteront tous à leurs postes
actuels même si l’OBR venait à être lancé.
La confusion est donc totale aujourd’hui et tout semble indiquer
que le CNDD-FDD envisage saboter le projet initial faute de pouvoir
le contrôler.
Burundi-sécurité
Les démons de l’ethnisme s’invitent encore à l’école
Bujumbura le 2 mars 10 (SurviT-Banguka)
C’est certain que le Burundi marque progressivement des
points sur le terrain de la banalisation des paramètres « ethnies » qui,
hier encore, cristallisaient la haine que hutus et tutsis se nourrissaient
mutuellement et souvent gratuitement. Avec le temps et l’expérimentation
de la démocratie du nombre tout court, hutus et tutsis finissent
par réaliser qu’il faut chausser d’autres lunettes
pour bien voir le véritable ennemi. Ils ont vu. Mais pas
tous. Car il y en a, qui ont encore besoin de voir encore, pour être
convaincus. Ce sont ceux-là qui s’activent encore
dans des combats d’arrière-garde en tirant sur la
corde ethnique. Leur terrain de prédilection se trouve encore
malheureusement dans les écoles (syndrome de Kibimba ?)
profitant de la malléabilité de l’esprit des
jeunes encore innocents. A quelques jours/mois du démarrage
des échéances électorales, il est urgent pour
les autorités de tout faire pour protéger les jeunes.
Demain ce sera sans doute tard. Qui aurait cru que des lycées
sont à même de se battre à la baïonnette
ou autres couteaux des professionnels du crime (de sang) ? Pourtant,
cela s’est produit le week-end dernier au lycée de
Muramvya. Le directeur est tombé des nues en constant que
ce genre d’armes blanches étaient bien présentes à l’internat.
Il a certes chassé les élèves impliqués
dans cette brouille mais il reconnaît que le vers est bien
dans le fruit et qu’il y a une main politique derrière.
Mystère ! Au lycée de Cibitoke, la haine envers les élèves
tutsis est à son comble. Mais là encore, le responsable
de l’école avoue ignorer l’origine de cette
tension. « Les hutus s’inquiètent de l’existence
d’un club de jeunes tutsis au sein de l’école
mais c’est totalement mixte et ledit club est dirigé par
un hutu, c’est franchement absurde mais la tension est effective »,
explique le directeur du lycée. Un tract a circulé la
semaine dernière dans les enceintes du lycée avec
une liste d’élèves et le directeur de l’établissement à éliminer à l’arme
blanche. Pour rassurer les uns et les autres, le directeur a convoqué une
réunion des parents d’élèves afin de
faire barrage à ceux qui soufflent encore sur la braise
de l’ethnisme.
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