Actualité du 2 septembre (SurviT-Banguka)

Burundi-désarmement : Que de zones d’ombre autour du processus !

Bujumbura le 2 septembre 09 (SurviT-Banguka)


Cela fait plusieurs mois que le gouvernement burundais affirme s’atteler énergiquement et avec succès au processus de retrait des milliers d’armes qui pullulent au sein de la population civile. Dans son dernier discours à la nation (le 25août), le Chef de l’Etat a quasiment fondu en larmes devant l’immensité de la tache déjà accomplie par la commission nationale en charge de désarment.

Cette structure est contrôlée par le colonel Zénon Ndabaneze, moins connu dans l’opinion pour son zèle à désarmer que pour l’assassinat (1996) de l’Archevêque Joachim Ruhuna (Gitega) dont il serait comptable. Aux yeux du président burundais, la politique va bien son chemin. Mais sur terrain, la désolation est totale. Chaque jour a son lot de morts, fauchés précisément par ces armes détenus pêle-mêle par les civils, les bandits, les anciens combattants (FDD) démobilisés et sournoisement réarmés et remobilisés pour surveiller les bons électeurs en 2010.

Dans son édition du 1er septembre 2009, la radio publique africaine a fait un gros plan sur cette politique nationale de désarmement au Burundi. D’une part, il a été remarqué que nul ne connaît la destination exacte des rares armes déjà remises. Officiellement, « elles sont brûlées sur place ». Mais nul n’en a vu jusque là la fumée. D’où une légitime inquiétude de certains observateurs. D’autre part, l’on apprend que le projet a été financé par le programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) à hauteur de 100 millions de dollars dans le cadre du programme onusien de consolidation de la paix.

Mais comme l’indique une lettre du 27 juillet 2009 que le PNUD adresse à la Commission de désarmement, il n’y a jamais eu de rapport d’audit sur l’utilisation de ces fonds. D’où un fort relent de corruption et d’irrégularités qui entoure le programme. Les Burundais devraient exiger plus de lumière sur la conduite de ce programme et pour asseoir véritablement la culture de transparence et de bonne gouvernance, conditions sine qua non pour mériter le décaissement des aides promises.

Burundi-médias : La partialité du Conseil National de la Communication est mise à nue

Bujumbura le 2 septembre 09 (SurviT-Banguka)

Ce n’est plus qu’un secret de polichinelle, Vestine Nahimana, présidente du Conseil National de Communication CNC carbure pour le parti présidentiel CNC. Certains journalistes burundais fustigent, déjà, le parti pris de celle qui, en réalité, participe, à l’ombre mais activement à l’équipe de communication du parti CNDD-FDD (aux côtés des directeurs de la télévision nationale Nestor Bankumukunzi, de la radio national Emmanuel Ngendanzi, du DG RTNB, Chanel Nsabimbona) sous l’étroit contrôle de l’honorable Denise Sindokotse (ancienne journaliste).

Le 31 août dernier, le directeur de la radio publique africaine, Emmanuel Nsabimana, a en effet publiquement affirmé qu’il ne reconnaît plus l’autorité de l’actuelle présidente du Conseil National de Communication. Il a même demandé au Président de la République de procéder rapidement à son remplacement pour mettre fin à ses prises de position plutôt partisanes.

« Cette dame vient de jeter la RPA en pâture en demandant à la justice de poursuivre cette radio pour avoir eu le culot de diffuser des infos en rapport avec la colline Sabanegwa, objet de litige entre le Burundi et le Rwanda. Pourtant elle n’a rien dit à l’endroit de la radio Rema FM et du site Internet www.abarundi.org qui, au mois de juillet, se sont vivement attaqués contre l’Union européenne, j’ai toutes les preuves qu’il faut, ce site est animé par Tabu Abdalah Manirakiza, ministre burundais du Plan, c’est inacceptable que la présidente du CNC continue sa politique de deux poids deux mesures », s’indigne le directeur de la RPA.

Selon certains observateurs, le parti au pouvoir aurait l’intention de mettre la RPA et d’autres médias indépendants sous scellés en cette période de fièvre électorale afin de se permettre un libre tripatouillage des élections, quasiment à huis clos. Le 1er septembre 09, l’association burundaise des journalistes (ABJ) a sorti une déclaration pour condamner sans réserve l’attitude du Conseil National de la Communication et particulièrement de son président qui agit plutôt en politicienne. Dans le même ordre d’idées, Innocent Muhozi, président l’Observatoire de la Presse au Burundi, déploré cette attitude qui risque d’entamer sérieusement la liberté de la presse au Burundi.


 
     
     
     
     
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