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Burundi-politique
L’ADC-Ikibiri refait surface comme opposant invétéré
On les croyait définitivement tétanisés par « l’injuste » retour
du CNDD-FDD, mais les membres de l’ADC-Ikibiri ont une fois
de plus montré la tête ou ce qui commence à en
rester. C’était le 2 septembre 10. En l’absence
des as de la contestation qu’étaient Léonard
Nyangoma, Alexis Sinduhije et Agathon Rwasa, le FRODEBU semble
avoir pris la commande de cette alliance des démocrates
pour le changement. Ainsi, dans la conférence de ce jeudi,
Léonce Ngendakumana, président du parti FRODEBU s’est-t-il
longuement exprimé sur la situation politique, sécuritaire
et socioéconomique qui prévaut dans le pays, au lendemain
de l’investiture du Chef de l’Etat, Pierre Nkurunziza.
Le leader du FRODEBU s’est naturellement fait épauler
par Chauvineau Mugwengwezo, porte-parole du parti UPD-ZIGAMIBANGA.
Avant tout propos, les leaders de l’ADC ont tenu à souligner
qu’en dépit du notoire tripatouillage du processus électoral,
ils vont continuer à garder un œil sur la gestion du
pays et ils n’hésiteront pas à dénoncer
le moindre dérapage sur le terrain de la gouvernance. « Nous
constituons ce qu’on appelle une opposition extraparlementaire
et nous ne baisserons jamais la garde tant que le pays sera en
danger sur le plan de la gouvernance, de la démocratie ou
des droits de l’homme », a expliqué Chauvineau
Mugwengwezo, comme pour planter le décor. L’une des
questions qui semblent préoccuper l’ADC aujourd’hui
est l’éventualité d’une relance de rébellion à partir
de la forêt de la Kibira, comme les médias et les
autres organisations de la société civile ont tendance à l’évoquer,
preuves irréfutables à l’appui. « Nous
demandons au gouvernement de ne pas prendre la question à la
légère et nous craignons que demain, ils arrêtent
des innocents, notamment les membres de la coalition, en les accusant
de fomenter un projet de déstabilisation », a déclaré le
président du FRODEBU. Il réagissait ainsi aux propos
de l’ex ministre burundais de la défense et des anciens
combattants, Germain Niyoyankana, qui, au moment de passer le témoin à son
successeur, le général major Pontien Gaciyubwenge,
a appelé tous les burundais à s’armer de gourdins
et de serpettes pour traquer les ennemis de la paix qui tentent
encore de replonger le pays dans la violence et l’insécurité. «Demain
des têtes peuvent encore tomber sous ce prétexte»,
fait-il encore observer.
Mis à part cet aspect sécuritaire,
les membres de l’ADC-Ikibiri exhortent le gouvernement burundais à mettre
sur pied le tribunal pénal spécial chargé de
juger les crimes graves, obstacles à la réconciliation. « Nous
sommes très inquiets car le gouvernement semble vouloir
prendre des raccourcis, c’est ainsi qu’il érige
déjà à Gitega un monument à la mémoire
des victimes des tragédies cycliques qui ont endeuillé le
pays alors que les Burundais ne se sont pas encore entendus sur
le lieu et le type de monuments », déclare encore
Léonce Ngendakumana. Parlant de la campagne de prières
initiée par le président de la République
et sa famille dans son Ngozi natal, les leaders des partis coalisés
dans l’ADC-Ikibiri estiment que Chef de l’Etat devrait
faire la part des choses et se rappeler qu’il est à la
tête d’un état laïc. « C’est
dangereux de continuer à mélanger les affaires de
l’Etat avec les croyances religieuses car l’on risque
de se perdre, mais si ces prières sont motivées par
le souci d’une bonne gouvernance, elles sont à saluer,
attendons pour voir » conclut-il.
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